L'expérience s'achète, parfois

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Patrick Woodbury, Le Droit

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CHRONIQUE / Benoît Groulx et son équipe, le Crunch de Syracuse, participeront à la finale de la coupe Calder. La série visant à décorer les grands champions de la Ligue américaine de hockey débutera ce vendredi, à Grand Rapids, au Michigan.

Je pourrais consacrer les 600 mots qui suivent à vous expliquer comment un championnat rapprochera le coach gatinois de son rêve de travailler dans la Ligue nationale de hockey. Je ne vous apprendrais rien.

Il existe deux façons, pour un entraîneur, de se distinguer dans les ligues mineures. La première, la plus importante, consiste à bien travailler avec les jeunes espoirs. De ce côté, Groulx n'a rien à se reprocher. Le pilote du Lightning de Tampa Bay, Jon Cooper, lui a déjà donné un gros vote de confiance.

« Ben a fait un super travail avec notre club-école. Tous les joueurs que nous avons rappelés jusqu'à maintenant sont arrivés bien préparés », a-t-il déclaré cet hiver.

Sinon, pour accéder au niveau supérieur, le coach doit gagner.

Comme je vous disais, je n'ai pas l'impression de vous apprendre quoique ce soit, jusqu'à maintenant.

J'ai davantage le goût de m'attarder aux joueurs qui ont permis à Groulx de travailler jusqu'au mois de juin. Il suffit de jeter un très rapide coup d'oeil aux statistiques pour se rendre compte qu'il est vraiment bien entouré.

Les leaders du Crunch se nomment Cory Conacher, Erik Condra, Tye McGinn, Michaël Bournival et Gabriel Dumont.

Vous les reconnaissez ?

Conacher, pas vraiment besoin d'en parler. Il lui manquait un tout petit quelque chose pour s'établir dans la LNH. Dans les mineures, il est, à la limite, trop fort pour la compétition. Il a récolté 20 points en 16 parties éliminatoires jusqu'à maintenant.

Condra, c'est le capitaine. « Une force tranquille dans le vestiaire. Il a déjà gagné la coupe. Il sait comment s'y prendre. Je peux l'utiliser dans toutes les situations », m'expliquait Groulx lorsque j'ai passé quelques minutes en ligne avec lui, en début de semaine.

Bournival, aussi, c'est un joueur taillé pour les séries. Il m'avait laissé une très bonne impression durant les séries éliminatoires du printemps 2014 avec le Canadien de Montréal. Dans son rôle d'attaquant en puissance, je l'avais même trouvé plus efficace que Brandon Prust.

« Bournival? Il est outstanding, lance Groulx. Voilà un autre gars que je peux utiliser dans n'importe quel trio et qui remplit un grand rôle dans nos unités spéciales. C'est un héros obscur de notre club en séries. Je dis que c'est un héros obscur, mais il a déjà marqué six buts... »

Groulx est assez humble pour reconnaître qu'il n'aurait pas connu une aussi bonne saison sans ses vétérans. « L'objectif premier, chez nous, demeure le développement des jeunes, insiste-t-il. Cela dit, c'est toujours bon de miser sur quelques bons joueurs d'expérience qui sont capables de jouer le rôle des grands frères. »

Dans les mineures comme dans les majeures, le joueur le plus important, c'est le gardien. Voyant que le Crunch connaissait une bonne saison, le directeur général adjoint à Tampa, Julien BriseBois, a fait un super cadeau à son entraîneur. Il est allé chercher un autre vétéran, le sympathique Mike McKenna, à l'approche de la date limite des transactions.

On le connaît un peu, lui aussi. Durant une très longue carrière où il a porté 11 uniformes différents (!) dans la Ligue américaine, il a passé une saison à Binghamton.

« C'est lui, à date, notre joueur le plus utile. »

J'écris cette chronique en pensant au club-école des Sénateurs, qui a raté les séries à neuf occasions au cours des 12 dernières saisons. Celui du Canadien n'a pas été vraiment plus performant durant cette période.

Je me dis que dans les deux cas, les dirigeants gagneraient à s'inspirer un peu de ceux du Lightning.

Si le développement demeure la priorité de tous les clubs de la Ligue américaine, je me dis que la meilleure façon de faire grandir les jeunes, c'est de les élever dans une culture gagnante.

Les bons vétérans qui peuvent aider une équipe à gagner - et pousser les jeunes à se dépasser pour obtenir plus de temps de glace - coûtent cher, de nos jours. Ils peuvent cependant représenter un bon investissement.

Un investissement qui peut s'avérer payant dans le présent comme dans le futur.




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