Une saison pas vraiment morte

Vincent De Haître se trouvait en ville pour... (Simon Séguin-Bertrand, Le Droit)

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Vincent De Haître se trouvait en ville pour participer à son premier tournoi de golf annuel, au club Camelot.

Simon Séguin-Bertrand, Le Droit

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Fut un temps, il n'y a pas si longtemps, où la saison morte était vraiment une saison « morte » pour les journalistes sportifs de votre quotidien préféré.

À cette époque, on profitait des mois d'été pour organiser des réunions, sur les terrains de golf de la région. On discutait de la qualité de notre produit, des trucs que nous pouvions améliorer. On établissait les grandes orientations à suivre pour la prochaine saison de hockey. 

C'était du sérieux. On pouvait se rencontrer pour « réfléchir » et « discuter » deux, trois, parfois même quatre fois par semaine.

C'était le bon vieux temps.

La saison « morte » 2017 débute. On vient d'enterrer les Sénateurs et il n'est pas trop tôt. Le camp d'entraînement du Rouge et Noir débute. Notre collègue Jean-François Plante s'apprête à se rendre au Nouveau-Brunswick pour couvrir le repêchage de la LHJMQ. Mercredi, le Fury tentera de battre un club de la MLS pour une deuxième fois en une semaine afin de se qualifier pour la finale du Championnat canadien. Sinon, les Champions ont mal négocié leur début de saison. Phillippe Aumont devait être prêt à reprendre le collier en juin.

Je ne vous parle ici que des trucs qui sont à l'horaire dans la prochaine semaine.

Remarquez, ça pourrait être pire. J'étais assis devant Vincent De Haître depuis une quinzaine de secondes, lundi matin, quand je me suis rendu compte qu'il est dans le même bateau.

Les membres de l'équipe nationale de patinage de vitesse sur longue piste jouissent d'un mois de répit, annuellement. C'est le mois d'avril.

« Disons qu'il a passé assez rapidement. Au sixième jour, j'ai fait 220 kilomètres de vélo. Un petit aller-retour entre Calgary et Canmore », m'a-t-il révélé.

« C'était écrit dans mon programme d'entraînement. Ça m'a donné une longue journée. »

M'efforçant de toujours voir le bon côté des choses, j'ai essayé de lui faire valoir qu'au moins, le vélo constitue sa deuxième passion. Quand il aura remisé ses longues lames, l'athlète franco-ontarien d'Ottawa ne détesterait pas faire l'expérience des Jeux olympiques d'été. Le vélo sur piste serait sa discipline de choix.

« Le vélo, c'est ma deuxième passion. Ce que j'aime, cependant, c'est de rouler très vite pendant pas trop longtemps. J'aime bien me balader. Quand on regarde d'un côté ou de l'autre, dans les montagnes, on voit toujours quelque chose de beau. Cela dit, après six heures, je commençais à avoir mal. Six heures, c'est beaucoup. »

De Haître se trouvait en ville pour participer à son premier tournoi de golf annuel, au club Camelot. Cent trente-six personnes ont bravé la pluie battante pour le soutenir. Les profits amassés durant cette journée lui permettront de boucler son budget durant l'énorme année qui s'en vient.

Il a terminé la saison 2017 au deuxième rang du classement général de la Coupe du monde, sur 1000 mètres. L'athlète formé dans la capitale est donc, par la force des choses, un sérieux espoir canadien pour les Jeux de Pyeongchang.

Son entraîneur ne l'envoie pas se balader dans les Rocheuses par pur plaisir !

L'entraîneur en question, Bart Schouten, était à ses côtés au Camelot, lundi. Il confirme que les attentes sont élevées. « Nous voulons améliorer ses départs. S'il peut retrancher un dixième de seconde à ses premiers 100 mètres, il se trouvera en très bonne position pour accéder au prochain niveau. »

De Haître est vice-champion du monde. Le prochain niveau est assez facile à imaginer. Il s'agit aussi du dernier niveau qu'on puisse atteindre.

Pyeongchang occupe, sans surprise, une petite partie des pensées de l'athlète qui fêtera ses 23 ans en juin.

« De temps en temps, j'y pense. Je me vois passer à travers de cette journée. Le réveil. Le petit déjeuner au buffet olympique. Un bref entraînement sur vélo stationnaire. Le trajet vers l'aréna », dit-il.

« L'objectif, c'est d'y penser, sans en faire une fixation. Là, je veux juste me concentrer sur mes entraînements. »

En attendant, cette saison pas-vraiment-morte se poursuit. De Haître et son entraîneur doivent rentrer à Calgary, mardi. Leur avion devrait atterrir vers 8 h 30. Entre 10 h 30 et midi, l'athlète doit patiner sur courte piste. Après le lunch, il enfourchera de nouveau son vélo de route pour une balade de trois heures...




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