Comme un grand vide

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On l'a vu venir, ce but gagnant. D'abord, ils avaient passé le plus clair de la dernière heure à se défendre.

Associated Press

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CHRONIQUE / Comment décrirais-tu la saison qui vient de se terminer, Craig Anderson?
«Amour. C'est le premier mot qui me vient. J'aime profondément les gars qui se trouvent dans ce vestiaire. À partir du jour où j'ai quitté l'équipe pour me porter au chevet de ma femme, jusqu'au jour de mon retour, j'ai ressenti de l'amour sans cesse. Je n'aurais jamais pu rêver de faire partie d'un meilleur groupe.»

Une déclaration vraie, sincère, émotive de Craig Anderson. Ce n'est vraiment pas dans son habitude.

Le gardien des Sénateurs n'avait pas pris le temps de réfléchir à ce qu'il voulait dire. Il avait encaissé de fichu but de trop une quinzaine de minutes plus tôt.

«Je suis sous le choc en ce moment. C'est surréaliste. Je n'ai comme pas l'impression que c'est réellement arrivé. Je sais bien que c'est arrivé, mais je ne peux pas y croire. Nous avons mis nos tripes sur la table. Nous avons donné tout ce que nous pouvions donner. Nous n'avons pas à avoir honte de ce qui vient de se passer. Les gars étaient fatigués, ils étaient morts. Ils continuaient à se battre. Ce n'était pas dans les cartons. Nous ne pouvons rien y faire.»

•••••

On l'a vu venir, ce but gagnant. D'abord, ils avaient passé le plus clair de la dernière heure à se défendre. 

Chris Wideman n'avait presque pas joué de la première période de prolongation. Le match progressait, les meilleurs défenseurs se fatiguaient. Guy Boucher n'avait plus le choix. Il devait recommencer à utiliser tout son monde.

Wideman et Freddy Claesson ont été embouteillés dans leur territoire. Mike Sullivan, bon coach, a senti que les Sénateurs étaient vulnérables. Il s'est arrangé pour que Sidney Crosby saute sur la patinoire.

En l'espace de quelques secondes, c'était fini. Boom. Le plus beau printemps de l'histoire moderne des Sénateurs était terminé.

Les Sénateurs ne devaient pas se rendre jusque-là. Ils n'avaient pas assez de talent pour vraiment rivaliser avec les Penguins. C'était un duel inégal, dès le départ. Ce fut, malgré tout, une très belle saison.

Tout ça est vrai. On va se raconter ça dans quelques jours, si vous le permettez.

Aujourd'hui, les partisans des Sénateurs ont le droit d'être déçus. Je dirais même plus. Ils devraient être très déçus.

Passer si près d'une participation à la grande finale de la coupe Stanley et rater son coup, c'est un sacrilège.

*****

Craig Anderson a offert deux déclarations songées, cette semaine.

J'insiste. Il ne se donne pas la peine de faire cela souvent.

Il nous a fait la première surprise mercredi après-midi, avant de prendre l'avion en direction de Pittsburgh.

«Dans le sport, on aime se consoler en se disant qu'on pourra se reprendre l'an prochain. Le problème, c'est qu'à mon âge, je commence à manquer de prochaines années.»

Le gardien de buts numéro un nous a résumé, comme ça, toute l'importance de ce match numéro sept.

Pierre Dorion a réussi à former une équipe compétitive, taillée sur mesure pour le hockey des séries, en l'espace de quelques mois. Pour ce faire, il a fait le plein d'expérience. Il est allé chercher des joueurs capables de l'aider à gagner tout de suite.

Il a pris un beau pari qui a bien failli lui rapporter le gros lot.

Il serait facile, pour un partisan, de chercher à se consoler en se disant que les Sénateurs devraient être compétitifs à nouveau l'an prochain.

Or, dans la LNH d'aujourd'hui, rien n'est assuré.

Des blessures pourraient survenir. Des joueurs importants pourraient sombrer dans une profonde léthargie. Le message de Guy Boucher pourrait moins bien passer. Tout ça.

Les Sénateurs pourraient aussi connaître une autre bonne saison, remporter le championnat de la section Atlantique et s'incliner en première ronde des séries.

Vous voyez le topo?

Dans une ligue à 31 équipes, le train ne passe pas souvent. Quand il se présente en gare, il ne faut pas le regarder passer.

Ça fait quinze ans, maintenant, que je couvre le hockey professionnel à Ottawa. Quinze années qui se sont terminées par une élimination.

Je n'ai jamais vu un groupe aussi abattu qu'en 2017.

«C'est une opportunité ratée, complète Anderson. Beaucoup de choses doivent bien se passer pour qu'une équipe gagne. J'imagine que ce n'était pas notre destinée. Nous ne pouvons blâmer personne.»




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