Sous une grosse bulle jaune

Le septième match opposant les Sénateurs aux Penguins... (Archives, Agence France-Presse)

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Le septième match opposant les Sénateurs aux Penguins se jouera devant les bruyants partisans du PPG Paints Arena.

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CHRONIQUE / Ils essaient de nous convaincre que jouer à Pittsburgh, en séries, c'est comme jouer partout ailleurs.

En tout respect, je ne suis pas d'accord.

Un des rares joueurs à se présenter devant les journalistes, mercredi midi, Derick Brassard nous a dit que l'ambiance était à peu près la même, sur la route, dans les trois rondes des séries.

Ce n'est pas vrai. Il me semble que ça brassait pas mal moins, à la mi-avril, dans les murs du TD Garden de Boston.

L'entraîneur de Brassard, Guy Boucher, pense que rien ne rivalise avec la folie du Madison Square Garden de New York.

« Je l'ai vécu plus d'une fois. Quand les séries débutent et que le MSG s'anime, t'as l'impression que la ville au grand complet va t'avaler », a-t-il dit.

C'était peut-être vrai à une certaine époque.

Cette année, j'ai trouvé qu'elle s'est un peu assagie, la foule du plus célèbre aréna au monde.

La foule du PPG Paints Arena, par contre, c'est quelque chose. Une foule bruyante, mais une foule intelligente. De vrais de vrais amateurs de hockey qui savent réagir à toutes les situations. Une foule qui a une certaine classe, qui s'en prend rarement à un joueur adverse. Mais une foule qui ne prend jamais de pause. Une foule qui fait du bruit du début à la fin de la partie.

À bien y penser, au fil des ans, les fans de Pittsburgh ont développé beaucoup de points en commun avec leur capitaine, Sidney Crosby.

Tout le monde vêtu de jaune soleil, en partant, ça frappe. 

La foule partisane aura son gros mot à dire dans ce match numéro sept, c'est indéniable. L'avantage de la glace, en séries éliminatoires, a toujours son importance. 

Boucher, il faut lui donner ça, continue de très bien mener son navire dans la tempête.

Mercredi, il a dit à la blague que son équipe devrait jouer le match le plus important de sa saison comme un vulgaire match de hockey sur table.

« Va falloir jouer comme si nous étions sous une bulle », a-t-il imagé.

C'était drôlement bien dit.

***

Au Québec, le plus grand partisan des Penguins s'appelle Jean-Charles Lajoie.

L'animateur de radio montréalais ne peut simplement pas envisager une victoire des Sénateurs dans le match numéro sept. Il perdrait un pari... et la face.

Sa fierté est en jeu.

Toute cette histoire remonte à la fin du mois d'avril. Au terme de la première ronde des séries, Jean-Charles animait un bout de son émission au 91,9 FM Sports en compagnie du journaliste de La Presse, Mathias Brunet.

Mathias, une des bonnes têtes de hockey de l'industrie des médias au Québec, rêvait déjà d'une finale opposant Ottawa et Nashville.

Ça n'arrivera jamais, s'est insurgé Lajoie.

Tu veux parier ? Serais-tu prêt à faire le tour du bloc en sous-vêtements si jamais ça se produit, a répondu le scribe dans le feu de l'action.

Je ferai mieux que ça. Je sortirai sur la rue en portant un simple slip-coquille, a tranché le gars de radio.

Il devait se sentir en confiance, ce jour-là. Les Predators, comme les Sénateurs devaient remporter huit parties pour atteindre la ronde finale.

Il doit se sentir un peu moins gros dans son... slip, aujourd'hui.

***

Il n'est pas toujours facile pour les partisans des Sénateurs de célébrer entre eux, durant les séries. Il y a toujours un tata en manque d'attention, incapable de supporter le bonheur des autres, pour venir s'immiscer dans les conversations dans les réseaux sociaux.

Un ami se lamentait, mercredi matin. « Quand les Sens gagnent, ils attaquent sur un autre front : les billets non vendus... »

Je sais. C'est délicat. On peut difficilement empêcher un tata de penser et d'agir comme un tata.

Il serait assez facile de leur répondre. Suffit de leur dire que les 18 000 personnes qui ont fini par remplir les gradins du CCT, jeudi, ont passé une fichue belle soirée. Tellement, en fait, qu'ils ne voulaient plus s'en aller.

L'autre option serait de réagir avec compassion.

On sait d'où provient la hargne des tatas. Ils sont envieux. Ils comprennent que leur équipe favorite a raté une chance en or de connaître un printemps mémorable. Le chemin était grand ouvert.

Ils ont mal et ils ont surtout du mal à supporter que leurs voisins soient heureux.

Pas facile...




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