Samson et Dalila

Bobby Ryan a été l'un des deux meilleurs... (Patrick Woodbury, Le Droit)

Agrandir

Bobby Ryan a été l'un des deux meilleurs attaquants des Sénateurs vendredi soir avec Viktor Stalberg. Ryan a obtenu une mention d'aide sur le but de Clarke MacArthur.

Patrick Woodbury, Le Droit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

CHRONIQUE / Pour une rare fois, Bobby Ryan était assis tout seul, tranquille, devant son casier. Les très nombreux reporters qui avaient accès au vestiaire étaient tous retenus ailleurs, jeudi matin. Je me suis assis à ses côtés et j'ai sorti mon téléphone pour l'interviewer.

Jean-Gabriel Pageau passait par là. Il avait le goût de cabotiner. Il a souvent le goût de cabotiner, ces jours-ci.

« Tu devrais lui parler de ses cheveux », m'a-t-il glissé à l'oreille avant de poursuivre son chemin.

Je n'avais pas de questions très intelligentes en tête. J'ai suivi la suggestion.

- Bobby, à ma connaissance, tu n'as jamais eu les cheveux aussi longs. Que se passe-t-il ?

- Je n'ai pas le droit de les couper.

- Une superstition personnelle ?

- Pas personnelle. C'est mon épouse. Elle me coupe mes cheveux. Elle est styliste de profession. Elle m'a dit qu'elle s'occuperait de ma tête si j'avais besoin de mojo en séries. Je me suis pointé au premier match et j'ai marqué un but. Elle m'a dit que je n'avais visiblement pas besoin de son aide. J'ai été pas mal constant dans mes performances, depuis. Je lui ai demandé de me faire une coupe, à mon retour à la maison, jeudi. Elle ne veut absolument rien savoir. Tu vois ? C'est elle, chez nous, la grande superstitieuse.

- C'est un peu cruel. Ils sont rendus pas mal longs...

- Je n'ai jamais eu les cheveux aussi longs depuis mon arrivée dans la LNH. La dernière fois que j'ai eu un look similaire, j'étais ado et je me trouvais pas mal cool.

- Ça pourrait être pire...

- Tu trouves ? Je viens d'avoir 30 ans. Je ne suis plus vraiment censé avoir une coupe de cheveux comme celle-là...»

Ryan est prêt à jouer le jeu pour faire plaisir à madame. Il m'a cependant juré que les bouclettes vont prendre le bord au tout premier jour des vacances.

Quand j'ai pris le temps de raconter cette anecdote, sur le plateau de Hockey 360 à RDS, une heure avant le début match, Chantal Machabée a tout de suite trouvé la comparaison. Bobby Ryan, a-t-elle souligné avec justesse, est le Samson des séries 2017.

Une référence biblique. C'est plutôt rare, dans le hockey d'aujourd'hui.

« Samson et Dalila. Ça te ferait un super titre, pour ta chronique dans le journal », a renchéri François Gagnon.

Mme Ryan, pour les curieux, se prénomme Danielle. Mais François a raison. Samson et Dalila, ça sonne bien mieux.

Une statistique intéressante qui en dit long sur l'utilité de Ryan, chez les Sénateurs, depuis le début des séries.

L'équipe présente une fiche de sept victoires contre trois revers dans les 10 parties où il a participé au pointage.

Ils ont gagné seulement trois fois dans les six rencontres où il a été blanchi.

On ne pourra certainement pas lui reprocher de ne pas avoir essayé, vendredi. Ryan fut, avec Viktor Stalberg, le meilleur attaquant de son club.

Le Suédois s'est un peu essoufflé en cours de route. Pas l'Américain.

Avant de préparer le but de MacArthur, Ryan s'est impliqué avec ses épaules. Sa quatrième et dernière mise en échec de la première période, qui fut sa plus vicieuse, a envoyé un autre défenseur des Penguins à l'infirmerie.

Chad Ruhwedel, qu'on commençait tout juste à connaître, n'est jamais revenu au jeu.

Il est un peu chanceux, d'ailleurs, Ryan. Il a réussi à s'en tirer sans écoper d'une pénalité sur le jeu.

Il faut reconnaître qu'il y est allé un peu fort.

Ruhwedel est rentré au vestiaire, le nez ensanglanté.

Il a subi une commotion cérébrale, selon ce qu'on dit.

Bonsoir. Les Pens ont fini la partie avec cinq défenseurs. Comme s'ils avaient besoin de ça...

« Ce n'est pas mon boulot de parler des pénalités qui auraient pu être décernées. Les arbitres regardent le match avec leurs yeux. Nous devons jouer », a craché le pilote de Pittsburgh, Mike Sullivan, en fin de soirée.

« Leur brigade défensive est mal en point. On le sait. Ça fait partie de notre plan de match. Il faut attaquer, leur appliquer de la pression, ne pas lâcher », résume Clarke MacArthur.

Le chemin est tracé. Il reste deux matches à cette finale de l'Association Est. Peut-être trois. Les Sénateurs seront-ils capables de l'emprunter ?




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer