Le bon gars lève son chapeau

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Jusqu'à preuve du contraire, Patrick Lalime demeure le meilleur gardien de l'histoire des Sénateurs.

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Vous n'apprendrez rien, ici aujourd'hui, si je vous dis que Patrick Lalime, c'est un vrai bon gars. Je peux quand même vous offrir une anecdote fraîche à son sujet.

Sur le coup de 20 h, vendredi, l'ancien gardien québécois enfilera son casque d'écoute, sur la galerie de presse du Centre Canadian Tire. Dans le quatrième match de la série opposant les Sénateurs aux Penguins, un détail interpellera tout particulièrement l'ancien gardien devenu analyste pour la chaîne TVA Sports.

Craig Anderson tentera de signer une 21e victoire en séries éliminatoires, dans l'uniforme d'Ottawa.

Durant son passage de cinq années chez les Sénateurs, Lalime a lui-même gagné 21 parties de séries. C'est un des rares records qu'il détient toujours.

Les anciens athlètes ressentent toujours un petit pincement au coeur lorsqu'on efface leurs noms des grands livres d'histoire.

Lalime ne fait pas exception à cette règle.

Pourtant, il souhaite de tout coeur qu'Anderson parvienne à battre Sidney Crosby et sa troupe une fois de plus.

«Chaque record existe pour être battu», a-t-il réagi, résigné, jeudi midi.

Résigné, mais quand même serein.

«On parle ici d'un gardien qui fait de l'excellent travail. Ce fut surtout le cas dans les derniers matches. Dans ces parties particulièrement importantes, il a fait tous les gros arrêts pour soutenir ses coéquipiers. Je me suis toujours dit qu'un bon gardien qui parvient à te dépasser, tu dois lui lever ton chapeau. Craig mérite tout ce qui lui arrive.»

Lalime, c'est un bon gars. On le sait depuis longtemps. Sa bonhomie - autant que son masque à l'effigie de Marvin le Martien - lui permettait de se distinguer quand il gagnait son pain à Kanata, au début des années 2000.

Anderson? Il n'a pas la même approche. Il est moins chaleureux, plus distant. Bobby Ryan nous apprenait en début de semaine qu'il peut être le bouffon du vestiaire. On ne s'attendait pas à ça.

On a du mal à faire une lecture efficace d'Anderson à titre d'athlète, aussi.

Des joueurs et des membres de la direction des Sénateurs aiment bien nous dire qu'il appartient à l'élite.

Ça vaut ce que ça vaut. Ils sont collègues et coéquipiers.

«Moi, je l'ai toujours dit. Anderson est définitivement un des meilleurs gardiens de la ligue... par séquences. Quand il part dans une grosse séquence, il devient pratiquement imbattable, croit Lalime. Dans ce temps-là, il transpire la confiance. Mentalement, c'est un gars qui est très fort. Il est capable de flipper la switch pour éliminer les distractions extérieures. Il a visiblement une grande confiance en lui. C'est tellement important pour un gardien...»

J'ai demandé à Lalime si Anderson et ses coéquipiers étaient suffisamment en contrôle pour aller jusqu'au bout. Il a poussé un grand soupir. Il avait besoin d'y réfléchir un peu.

Les Anciens se font pas mal discrets depuis le début des séries.

On croise très rarement Daniel Alfredsson dans les arénas. Chris Phillips a lâché un ou deux tweets au début du mois. Depuis, il observe ce qui se passe en silence.

Le même constat s'applique à presque tous les joueurs qui ont vécu les années de gloire de l'organisation. Publiquement, ils ne font pas de vagues.

Lalime nous apprend que les vieux amis se parlent régulièrement, ce printemps. «Je vais manger chez Big Rig le plus souvent possible. Tu peux écrire qu'elle est pas mal bonne, sa bière.»

Impossible d'éviter le jeu des comparaisons. Y a-t-il des similitudes entre les Sénateurs d'il y a 15 ans et ceux d'aujourd'hui? Y a-t-il des différences marquantes?

«L'équipe d'aujourd'hui ne mise pas sur un joueur d'exception sur chaque trio. Nous avions Alfredsson, Marian Hossa, Martin Havlat... J'aurais aimé voir cette équipe jouer dans le système d'aujourd'hui, sans accrochage. Mais bon. Ça l'air qu'il ne faut pas regarder ça de même», commente Lalime.

«L'équipe d'aujourd'hui, je regarde la façon dont ils jouent, collectivement, et je suis impressionné. Vraiment. Chaque individu joue pour le logo qui est cousu à l'avant de son chandail.»

Lalime, après mûre réflexion, a finalement répondu à ma question sur les chances d'aller jusqu'au bout.

«En tous cas, je ne parierais certainement pas contre eux.»




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