Anderson, le clown enragé

Craig Anderson avait du mal à digérer la... (Associated Press)

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Craig Anderson avait du mal à digérer la défaite lundi soir à Pittsburgh. « J'ai trébuché, juste un peu», regrettait-il en parlant du but qu'il a accordé.

Associated Press

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(Pittsburgh) CHRONIQUE / Révélation du jour, de la semaine, peut-être même de l'année chez les Sénateurs. Craig Anderson serait le bouffon qui détend l'atmosphère dans le vestiaire.

C'est Bobby Ryan qui nous l'apprend, dans un texte qu'il a rédigé pour le site Internet The Players' Tribune.

Ça se peut. C'est quand même un peu dur à croire. Anderson qui fait rire tout le monde ? Ça ne correspond pas du tout à l'image qu'il projette quand les médias ont accès au vestiaire.

Pantoute.

Il n'avait certainement pas l'air d'un clown, très tard lundi soir, lorsqu'il nous attendait dans les quartiers généraux des visiteurs au PPG Paints Arena.

Le clown, à ce moment-là, avait l'air d'avoir mangé du lion enragé.

Il s'en veut d'avoir laissé passer une rondelle. « J'ai trébuché, juste un peu. J'ai trébuché et j'ai raté la rondelle. Voilà ce qui s'est passé », a-t-il craché.

Il nous a ensuite servi quelques réponses très courtes. Quelques « oui », deux ou trois « non » et un « on verra bien ».

Craig Anderson doit bien être le seul résidant de la grande région de la capitale fédérale à en vouloir à Craig Anderson au terme des deux premières parties de la Finale de l'Association Est.

Le gars vient de passer 125 minutes sur la patinoire de l'équipe la plus intimidante de toute la Ligue nationale de hockey. Il a encaissé seulement deux buts. Il a blanchi le meilleur joueur de hockey sur la planète à deux occasions.

Même sur l'attaque massive. Surtout sur l'attaque massive.

Jean-Gabriel Pageau l'observait du coin de l'oeil, très tard lundi soir, dans le vestiaire.

« Sais-tu quoi ? S'il est fâché, c'est qu'il veut gagner. Il veut gagner autant, sinon plus que nous tous. C'est notre meilleur joueur, soir après soir. Sa réaction, elle est parfaite », m'a-t-il lancé alors que je quittais la pièce.

Ce n'est pas la première fois que Ryan prend la plume pour publier ses états d'âme dans ce populaire site de récits sportifs.

L'été dernier, dans les jours qui ont suivi le décès de sa mère, il a choisi de lui rendre un vibrant hommage. Avant d'être emportée par une subite et implacable maladie, cette brave femme aura tout fait pour lui permettre de vivre une adolescence normale.

« Grâce à toi, maman, j'ai réalisé tous mes rêves. Je les ai tous réalisés, sans exception », avait-il alors écrit.

Je l'avais poliment rappelé à l'ordre quand je l'avais revu au camp d'entraînement.

Tous tes rêves, vraiment ? Ne te manque-t-il pas un gros caillou au doigt et un nom gravé sur le gros trophée ?

Je ne me souviens plus très bien de ce qu'il m'avait offert, en guise de réponse.

De toutes façons, ce nouveau texte vient un peu corriger l'affaire. Cette fois, pas besoin de mouchoirs avant la fin.

Ryan ouvre une toute petite fenêtre sur les « problèmes personnels » qui l'ont affligé durant l'hiver. Il nous dit qu'il a renoncé à faire ses courses à l'épicerie, parce qu'il ne pouvait plus faire face aux partisans qui s'inquiétaient de son manque de production offensive.

Rien de surprenant, ici. Il a également choisi de disparaître des réseaux sociaux à ce moment-là. Quand on s'en était rendus compte, il avait répondu franchement. Il n'avait plus une seule seconde à consacrer aux trolls. Il ne souhaitait plus jamais lire un seul tweet blessant.

Dans son deuxième texte de Players' Tribune, on dirait qu'il cherche un peu à faire la paix avec tout ce monde-là.

Il parle de sa première visite à Ottawa. Coincé dans un bouchon de circulation sur l'autoroute 417, au plus creux de l'hiver, le ti-cul qui a grandi en Californie n'avait pas exactement eu le coup de foudre.

Il dit qu'il a fini par voir la beauté de la ville... quand il a pris le temps de gratter un peu la surface.

Il reprend surtout le mantra de son directeur général, Pierre Dorion. « Pourquoi pas nous ? Pourquoi pas maintenant ? »

Les Sénateurs, aller jusqu'au bout ? Ça se peut. Ça va juste en prendre un tout petit peu plus.




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