Pression? Quelle pression?

Sidney Crosby et les Penguins ont fait pas... (Archives, Agence France-Presse)

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Sidney Crosby et les Penguins ont fait pas mal de chemin depuis 2007.

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CHRONIQUE / (Pittsburgh) Ça fait 10 ans.

Nous sommes passés par Pittsburgh, au printemps 2007, Marc Brassard et moi. On se sentait privilégiés. Sidney Crosby, qui n'avait pas encore 20 ans, allait effectuer ses débuts dans les séries de la coupe Stanley devant nos yeux.

On se doutait bien comment ça finirait. Les Sénateurs, qui avaient l'expérience de leur côté, n'ont fait qu'une bouchée (et demie) des petits Penguins. Élimination en cinq parties.

Pendant un bref moment, dans la deuxième portion du match numéro quatre, Sid le kid avait quand même réussi à prendre le contrôle. Je parle de cinq ou six présences consécutives sur la patinoire, durant lesquelles il nous avait donné un bref aperçu de ce qui s'en venait.

Tout ça m'est revenu à l'esprit, en début de soirée, samedi.

En 2007, Crosby et ses amis apprenaient leur métier dans le trou à rats qu'était le Mellon Arena. Leur patron Mario Lemieux travaillait d'arrache-pied afin de reconstruire une base partisane qui s'était effritée.

Aujourd'hui, ils sont confortablement installés dans l'immense PPG Paints Arena qu'on a construit spécialement pour eux. Les fans y ont aussi repris leurs droits. Ils portent du jaune soleil et ils se font entendre. Pour ce qui est de mettre le feu dans la place, ils pourraient donner des gradins à n'importe quel groupe de supporters canadiens.

Oui. Vous avez bien lu. Pittsburgh rivalise avec toutes les villes canadiennes. Sans exception.

Sur mon siège, dans la galerie de la presse, j'ai vu Marc-André Fleury arriver au pas de course pour la période d'échauffement. Il est resté jusqu'à la fin pour bloquer des rondelles, ce qui n'est pas courant pour un gardien de but qui s'apprête à commencer le match entre les poteaux. Il n'avait pas l'air de travailler. Il avait l'air de s'amuser.

Fleury a été l'avant-dernier joueur à rentrer au vestiaire, en fait. Evgeni Malkin a fait durer le plaisir encore plus longtemps. À la toute fin, il déconnait avec un préposé à la patinoire qui essayait de ramasser les rondelles.

Sid ? Je ne l'ai pas vraiment remarqué. En 2016, il a gagné la coupe Stanley et le trophée Conn-Smythe. Il a ensuite remporté le tournoi de la Coupe du monde et son titre de joueur le plus utile.

Sid, il est toujours là.

Bref, je regardais les jeunes trentenaires s'amuser sur leur moitié de patinoire. À ce moment-là, je me suis dit que la finale de l'Association Est serait encore plus difficile que je pensais pour les Sénateurs.

En plus d'avoir assez de talent pour former deux équipes compétitives, ces gars-là jouent sans pression.

***

La suite, vous l'avez vue comme moi.

L'équipe qui n'a rien à faire dans cette série, selon à peu près tout le monde, a continué de se foutre des pronostics. Elle a continué à faire exactement ce qu'elle fait depuis le début des séries.

Ils ont encaissé ce but en toute fin de troisième période et ça n'a rien changé.

À voir la réaction des joueurs, on avait presque l'impression que c'était écrit dans un scénario.

« Ce qui s'est dit dans le vestiaire avant la prolongation ? Vous voulez savoir ? Je ne vous dirai rien que je ne vous ai pas dit dans le passé. Nous étions très calmes. Nous n'avons pas besoin de parler beaucoup. Nous savons ce que nous avons à faire », de confier Dion Phaneuf.

« Jouer avec confiance en prolongation, ça s'apprend, ajoute Clarke MacArthur. Clairement, garder notre calme, ça nous permet de rester alertes et de trouver les occasions de sauter sur les rondelles libres. »

« C'est ce qui s'est produit avec Bobby, samedi. Il a su mettre les gaz au bon moment. »

Au fait, avait-on déjà vu Ryan effectuer une accélération explosive comme celle-là ?

***

De la soupe tiède. 

Samedi soir, les Sénateurs ont « servi une bonne portion de soupe tiède au lion affamé ».

C'est le brillant journaliste radio-canadien Guy D'Aoust qui a servi cette image à Guy Boucher, durant sa conférence de presse d'après-match, samedi soir.

Vous commencez à me connaître. J'aime bien les gens qui disent les choses différemment. J'ai fouillé sur le web pour connaître la signification exacte de cette expression. Je n'ai rien trouvé, nulle part.

Guy a reconnu, plus tard, l'avoir inventée dans le feu de l'action.

C'est magnifique. Ça dit tout.




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