Des pétales et des épines

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Est-ce que la valeur monétaire de certains de tes joueurs a grimpé, Pierre, en raison de leurs performances en séries ? « Oui », a-t-il simplement répondu, sourire en coin. Pas besoin d'en dire plus. On savait tous qu'il parlait du numéro 44.

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CHRONIQUE / Le chroniqueur sportif du Washington Post était en très grande forme.

Après avoir assisté à une nouvelle élimination hâtive des Capitals, le scribe s'est installé devant son clavier. Il a cherché à résumer toute la douleur qui était alors ressentie par les amateurs de hockey de la capitale américaine.

Le pire, a-t-il écrit, sera de regarder les Penguins s'embarquer sur une autoroute recouverte de pétales de rose. Une autoroute qui mène tout droit vers une deuxième conquête de la coupe Stanley.

Des pétales de rose, mesdames et messieurs.

Qui a dit que la poésie n'a plus sa place dans le journalisme moderne ?

J'en ai glissé un mot à Pierre Dorion, jeudi matin. Le directeur général des Sénateurs a un petit côté « vieux jeu ». Il aime bien commencer ses journées en lisant les pages sportives de quelques canards, au petit déjeuner.

Je n'ai jamais vraiment su s'il avait pris le temps de consulter le Post. J'ai l'impression que ma question l'a un peu pris de court.

Il m'a d'abord recommandé d'en parler avec son amie de coeur. « J'étais en sa compagnie, la dernière fois où j'ai utilisé des pétales de rose. »

Il m'a ensuite balancé quelques généralités. M'a dit que les Sénateurs ne « prendront rien pour acquis » et qu'ils devront « hausser leur jeu de plusieurs crans » s'ils comptent éliminer les champions en titre de la coupe Stanley.

Je m'attendais à une réponse un tout petit peu plus vitriolique. Après tout, on pourrait organiser un concours auprès de tous les journalistes qui couvrent le hockey professionnel en Amérique du Nord. On pourrait demander à chacun d'accoucher d'une phrase assassine, complètement irrespectueuse envers une formation qui se retrouve dans le carré d'as. Combien réussiraient à faire mieux que cette élégante métaphore impliquant celle qu'on surnomme « la reine des fleurs » ?

Je crois l'avoir écrit avant le début de la deuxième ronde. Malgré tout ce qui jouait contre lui, Dorion a réussi, en l'espace de quelques mois, à construire une équipe taillée sur mesure pour les séries.

Un autre bel exemple ? Marc Brassard voulait parler des futurs joueurs autonomes, durant la conférence de presse de jeudi matin. Dorion ne voulait rien savoir.

Marc n'est pas du genre à se laisser facilement décourager. Il est revenu à la charge.

Est-ce que la valeur monétaire de certains de tes joueurs a grimpé, Pierre, en raison de leurs performances en séries ?

« Oui », a-t-il simplement répondu, sourire en coin.

Pas besoin d'en dire plus. On savait tous qu'il parlait du numéro 44.

Je ne dis pas que les Sénateurs vont gagner la coupe.

C'est le grand drame d'une ligue qui compte 31 équipes. Chaque année, tandis qu'on couronne un champion, une bonne demi-douzaine d'équipes qui ont connu une fort belle campagne doivent se consoler - sans prix de consolation.

Moi, je dis que les Penguins vont remporter le trophée Prince-de-Galles. Ils devront cependant y mettre à peu près tout ce qui leur reste d'énergie. Ça pourrait aller à la limite que je ne serais pas surpris.

Sur l'autoroute recouverte de pétales, Sidney Crosby et ses amis pourraient se faire mal.

Chaque rose a son épine, après tout.

C'est un autre grand poète de notre époque, le chanteur du mythique groupe Poison, Bret Michaels, qui nous a enseigné ça.

En lisant la section des sports de votre quotidien favori, vous tomberez aujourd'hui sur un autre excellent papier de notre collègue Jean-François Plante.

Le bon JF s'est rendu à Boisbriand, mercredi, pour assister au tout dernier match de la saison 2016-17 de la Ligue de hockey junior majeur du Québec.

Après avoir soulevé la coupe du Président, Thomas Chabot lui a donné une très bonne entrevue.

« Quand j'ai perdu la médaille d'or au championnat mondial junior, je me suis juré que je ne raterais pas deux occasions de remporter un championnat cette année », a-t-il déclaré.

On commence à peine à connaître le plus bel espoir des Sénateurs. Au-delà de son coup de patin et de son sens inné du jeu, je commence sérieusement à croire sa volonté de gagner - sa drive, comme on dit chez nous - est sa plus belle qualité.




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