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Denis Potvin croit en Erik Karlsson depuis longtemps.... (Archives, Agence France-Presse)

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Denis Potvin croit en Erik Karlsson depuis longtemps.

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CHRONIQUE / Je m'apprête à écrire quelque chose qui ne vous plaira pas. Quelque chose que vous n'avez pas nécessairement envie de lire.

Erik Karlsson, votre héros, n'a pas toujours été un jeune homme agréable à côtoyer.

Dans un passé pas si lointain, il pouvait se montrer assez arrogant avec les gens de son entourage. Pas arrogant-drôle ou arrogant-attachant. Non. Lui, dans ses moins bonnes journées, il pouvait être carrément fendant.

C'était dur de l'aimer, Karlsson, dans ce temps-là.

Je me souviens d'un matin, en particulier. Dans le vestiaire des Sénateurs à Kanata, je venais de mener une autre entrevue difficile. Denis Potvin avait alors lu, dans mon visage, tout le mal que je pensais de la vedette émergente.

Potvin était alors analyste aux matches des Sénateurs à la télévision. Il m'avait pris à part.

«Tu vas voir, m'avait-il dit. Erik va grandir. Il va finir par comprendre.»

J'étais trop de mauvaise humeur, à ce moment-là, pour alimenter cette conversation. Je n'avais cependant jamais oublié. Potvin était une des rares personnes qui avaient réussi à tisser des liens d'amitié avec Karlsson. M'avait-il dit cela pour que je ménage son poulain? Essayait-il simplement de me remonter le moral? Savait-il des choses que personne d'autre savait?

Je lui ai passé un coup de fil, mercredi, sur la route entre New York et Ottawa.

«Je me souviens très bien de cette journée, m'a-t-il répondu. Nous avions plusieurs bonnes conversations personnelles, à ce moment-là, Erik et moi. Tu vois, il n'était pas content de son jeu. Quand il n'était pas content, il avait tendance à blâmer tout le monde autour de lui. C'était un petit manque de maturité. Dans ce temps-là, je lui répétais que ce n'était pas la faute de Sylvain. Ce n'était pas la faute de Marc. Ce n'était pas la faute de personne d'autre que lui.»

«J'essayais de lui faire comprendre que la colère lui faisait parfois perdre le contrôle. Quand tu perds le contrôle, t'es pas bon dans la chambre. T'es pas bon sur la glace. T'es même pas bon à la maison.»

Potvin vit maintenant en Floride. Il travaille pour le réseau de télévision qui diffuse les matches des Panthers. Il continue de jouer son rôle de mentor. Aaron Ekblad profite à son tour des conseils du Franco-Ontarien qui fut un des meilleurs défenseurs de l'histoire.

Il suit le parcours des Sénateurs à la télévision. Il est immensément fier. Ça se sent, au bout du fil.

«J'ai toujours su, dit-il. Au début de sa carrière, je pouvais bien voir tout le potentiel d'Erik, tout son talent, toute son imagination. Je voyais surtout qu'il était animé par un grand sens de la compétition. Il fallait juste développer tout ça.»

«Là, tous ceux qui ont douté de lui peuvent voir ce que je voyais. Tous ceux qui s'imaginaient qu'il ne pouvait pas bien jouer défensivement doivent se rendre à l'évidence. C'est lui, en ce moment, le meilleur défenseur de la LNH.

***

Le «meilleur défenseur de la LNH» a quand même beaucoup de chemin à parcourir.

On commence à parler de lui comme un sérieux candidat au trophée Conn-Smythe. Pourtant, les Sénateurs ont gagné huit matches depuis le début des séries. Pour atteindre leur but ultime, ils devront en gagner huit autres.

Potvin a soulevé la coupe à quatre reprises, à titre de capitaine des Islanders de New York. Tant qu'à l'avoir au bout du fil, je lui ai posé une autre question. Il a reconnu que les deux dernières rondes des séries sont les plus difficiles à gagner.

Il n'ira pas jusqu'à dire que son jeune ami sera capable de mener son club jusqu'au bout, mais il va continuer de le suivre à la télé avec un grand intérêt.

«T'as vu le jeu qu'il a fait mardi soir? Il a bloqué un lancer et, tout de suite, il s'est mis en marche pour organiser une sortie de zone. Personne n'exécute les trois premières enjambées comme lui dans toute la LNH. Il est meilleur que tous les autres défenseurs. Meilleur que Duncan Keith! Il sait désormais faire la différence entre les moments où il faut faire une bonne première passe et les moments où il doit contrôler lui-même la rondelle. Et il fait tout ça avec des blessures sérieuses! C'est ça, le sens de la compétition.»




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