Kyle et ses amis, les Condors

« Et puis après ? J'ai marqué un but et... (Courtoisie)

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« Et puis après ? J'ai marqué un but et nous avons gagné un match. Ça n'allait certainement pas m'empêcher de rendre visite à nos amis. » - Kyle Turris

Courtoisie

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En cette matinée où la participation à l'entraînement était laissée à la discrétion de chacun, quelques vétérans des Sénateurs avaient choisi de ne pas chausser les patins.

Kyle Turris n'était pas du nombre. Il était même un des premiers joueurs à fouler la patinoire du Madison Square Garden, lundi matin. En attendant l'arrivée des entraîneurs, il donnait des leçons particulières à la recrue Colin White.

Il n'y a pas grand-chose de surprenant là-dedans. En faire un peu plus que les autres, c'est un peu devenu son leitmotiv, ce printemps.

Samedi soir, en quittant le Centre Canadian Tire après la victoire contre les Rangers, Turris n'est pas rentré chez lui. Avec son épouse Julie et son fils, Beckett, il s'est plutôt rendu au banquet de fin de saison des Capital City Condors.

Depuis cinq ans, déjà, Turris agit à titre de « capitaine honoraire » au sein de ce club de hockey réunissant des joueurs qui vivent avec des problèmes de développement.

Les gamins qui font partie du club s'étaient fait une raison. Ils étaient convaincus qu'ils n'auraient pas la chance de saluer leur idole pour une dernière fois avant l'été. Ils comprenaient que Turris est fort occupé. Ils avaient quand même suivi son match contre les Rangers avec intérêt. Ils avaient tous bondi de joie quand il a poussé la rondelle derrière Henrik Lundqvist pour trancher en prolongation.

Les photos de la soirée qui circulent sur le web ne montrent pas vraiment ce qui s'est produit quand les jeunes se sont rendu compte que la petite famille Turris essayait de se faufiler, en douce, par la porte située au fond de la salle.

Turris a parlé hier d'une « centaine d'enfants » qui se sont mis à courir vers lui en même temps en criant.

« Il fallait voir les sourires qui illuminaient leurs visages », m'a-t-il confié avant de quitter le Garden, lundi midi.

On peut facilement imaginer la scène.

On peut même se demander si ça n'a pas été plus valorisant, plus grisant que ce qui s'est produit quelques heures plus tôt, quand 19 coéquipiers lui ont sauté dessus pour le féliciter dans un building rempli de 19 000 partisans en liesse.

Un truc à savoir sur Kyle Turris. Il est d'une grande timidité. Parler aux médias ne fait clairement pas partie de ses tâches professionnelles préférées. Parler de hockey, des séries victorieuses et des problèmes de l'attaque massive, ça peut toujours aller. Ce sont les questions qui portent sur lui, sur sa famille, sur sa vie personnelle, qui le rendent le plus mal à l'aise.

« Je dois être honnête avec toi. Je me sens un peu bizarre d'attirer l'attention pour cette histoire. Je n'ai pourtant pas l'impression d'avoir fait quelque chose d'exceptionnel... »

Quand il m'a dit ça, j'ai ressenti le besoin de lui rafraîchir la mémoire. En tant qu'auteur du but gagnant, samedi, il a été le joueur le plus sollicité par les journalistes, dans le vestiaire. Quand il a fini de répondre à la dernière question, il s'est simplement écrasé dans le fond de son casier. On lui a demandé comment il se sentait à ce moment-là. Il a répondu en poussant un long soupir qui voulait tout dire.

Les gens exténués n'ont pas tous le réflexe de se précipiter dans une salle remplie d'enfants survoltés.

« Et puis après ? J'ai marqué un but et nous avons gagné un match. Ça n'allait certainement pas m'empêcher de rendre visite à nos amis », m'a-t-il répondu.

« Je ne serais pas capable d'expliquer tout le bien que ces enfants me font. Il faut le vivre pour le comprendre. Il y a tellement d'amour dans l'aréna, lors des parties qui impliquent les Condors. C'est du gros bonheur à l'état pur. Tout le monde est juste heureux de jouer au hockey. »

« Quand un joueur marque un but, souvent, les jeunes qui font partie des deux équipes se précipitent pour le féliciter. As-tu déjà vu quelque chose comme ça ailleurs ? »

Turris insiste sur un truc. « Gagne ou perd, j'avais l'intention d'assister au banquet. Les choses ont juste bien tombé. J'ai marqué un gros but. Tout le monde était content de me voir. »

Il a peut-être raison. Les choses ont peut-être « bien tombé », tout simplement.

Possible, aussi, que la vie s'arrange pour récompenser les gens qui le méritent.




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