La frustration à petites doses

Mark Stone a marqué le but qui mettait... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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Mark Stone a marqué le but qui mettait un frein à l'inquiétante glissade de la première période, samedi.

Patrick Woodbury, Le Droit

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CHRONIQUE / Plus le printemps avance, plus on se rend compte que Mark Stone a un gros point en commun avec son coach. Tout comme Guy Boucher, il a beaucoup de mal à camoufler ses émotions.

Surtout, la frustration.

Après chaque filet ouvert raté, après chaque gros arrêt du gardien adverse, on peut voir la rage qui s'incruste un peu plus dans son front. Les réseaux de télévision s'en sont rendu compte. Leurs caméras HD se braquent régulièrement sur lui entre les coups de sifflet.

Ça donne de la bien bonne tévé, comme ils disent.

J'en ai brièvement discuté avec Boucher après le match de samedi. Le moment me semblait bien choisi. Son équipe venait de signer une autre victoire à l'arraché contre les Rangers. En plus, Stone a participé au pointage. Il a marqué un but important, le premier de son équipe, celui qui mettait un frein à l'inquiétante glissade de la première période.

Ce but devrait, en principe, lui faire beaucoup de bien.

Dans sa conférence de presse d'après-match, Boucher n'a pas cherché à me contredire. Stone, a-t-il concédé, n'a pas été le plus joyeux des campeurs.

« C'est un joueur qui est habitué à produire beaucoup. Là, il traverse une séquence où il produit moins. C'est normal », a-t-il répondu.

Boucher a cependant vite noté que Stone venait de jouer un de ses meilleurs matches des séries. « Aujourd'hui, il ne s'est pas fâché parce que certains jeux n'ont pas été complétés. Le danger, vraiment, c'est de perdre patience. Dans les derniers matches, Mark s'était montré impatient. Il est tellement intelligent, il n'a pas besoin d'être impatient. Le jeu va finir par venir à lui, tout naturellement », a-t-il enchaîné.

Voilà un autre point que Boucher et Stone ont en commun. Les deux sont capables de réfléchir et de verbaliser. Deux hommes de hockey plus intelligents que la moyenne.

« Je suis en train d'apprendre des trucs importants, a confié Stone après la partie. Marquer des buts, en séries, c'est vraiment difficile. Si tu regardes le but que je viens de marquer. La rondelle a tout juste franchi la ligne des buts. Si tu savais tout le travail que j'ai été obligé de mettre juste pour ça... C'est complètement fou. »

« Nous sommes tous en train d'apprendre ça en même temps. » 

Un des nombreux prédécesseurs de Boucher - Paul MacLean, pour ne pas le nommer - disait souvent que la frustration est une émotion inutile dans le sport.

Je n'ai jamais été complètement d'accord avec cette affirmation.

La frustration, me semble, peut s'avérer fort utile. À petites doses. Il faut savoir la surmonter après un temps.

La frustration, au fond, peut agir comme un additif dans le moteur d'un véhicule. L'avertissement est pourtant écrit noir sur blanc sur le site web de CAA Québec. Les additifs « sont assez concentrés pour endommager le système d'alimentation si vous les utilisez sans discernement ».

***

« J'te l'avais pourtant dit... »

Cette phrase, on l'a souvent entendue dans les dernières heures. Vous étiez très nombreux à croire que le réveil des Sénateurs passait obligatoirement par le retour au jeu de Chris Neil.

Les Sénateurs ont gagné. Vous êtes maintenant convaincus que vous aviez raison. 

Et ce, même si la principale contribution de Neil aura été d'annuler une supériorité numérique aux Sénateurs, en jetant les gants devant un Tanner Glass qui n'avait visiblement aucune envie de se battre.

Remarquez, dans le vestiaire, cette saute d'humeur du vétéran fut fort bien accueillie. Après le match, Kyle Turris est allé jusqu'à dire qu'il s'agit de « la meilleure pénalité prise depuis des lunes ».

Après avoir fait cette déclaration, quand les journalistes ont fermé leurs micros, il s'est écrasé dans son casier.

L'auteur du but gagnant a passé presque 25 minutes sur la glace dans cette rencontre.

Neil ? Il a passé très exactement deux minutes et 26 secondes sur le jeu. Après avoir purgé sa pénalité d'inconduite, il a passé le reste du match à réchauffer le banc.

Les matches peuvent être longs, en séries. Plus on avance, plus ils deviennent difficiles.

Je ne serais pas étonné de revoir Neil dans la formation dans un Madison Square Garden où les Sénateurs ont été aussi discrets.

S'il fallait qu'ils gagnent et qu'ils accèdent à la finale de l'Association Est, je vois mal comment ça pourrait durer.




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