Elles sont larges, ses épaules, Neil...

Chris Neil n'a pratiquement pas joué depuis 10... (Patrick Woodbury, Archives Le Droit)

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Chris Neil n'a pratiquement pas joué depuis 10 longues semaines.

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CHRONIQUE / C'est une des premières choses qu'un journaliste sportif doit apprendre quand il entreprend la couverture d'un club professionnel. Dans le cadre d'une série quatre-de-sept, il ne faut pas commencer à planifier un défilé après deux victoires. Le contraire est aussi vrai. Il ne faut surtout pas annoncer une élimination imminente après chaque défaite...

Cette fois, je vous jure, c'est difficile de conserver un brin d'optimisme quant aux chances des Sénateurs.

Trois éléments me laissent croire qu'il sera très difficile, pour eux, de se redresser d'ici la fin de leur série contre les Rangers.

Il y a d'abord Erik Karlsson et sa blessure.

Ce n'est pas exactement nouveau. Le capitaine joue malgré une blessure depuis environ un mois. Ça ne fait pas de lui un cas d'exception non plus. Ils traînent tous un petit quelque chose (ou un gros quelque chose) à cette période de l'année.

Il était bien content d'en parler quand tout allait bien, au terme de la première ronde. Et pourquoi pas ? On lui pardonnera ce petit accès d'arrogance. Je suis blessé, tout le monde peut le voir. Je joue sur une jambe. C'est connu. Malgré tout, j'ai complètement dominé la compétition. Personne chez les Bruins, n'a pu me ralentir.

Je repensais à tout ça quand j'ai appris qu'il avait choisi de rester au vestiaire au terme du deuxième entracte, jeudi.

Il s'est peut-être infligé une nouvelle blessure à New York. Ce n'est pas impossible. Il a peut-être simplement aggravé son vieux bobo au point où il était devenu impensable de continuer. 

Dans un cas comme dans l'autre, on pourrait facilement concevoir que Karlsson en a eu plein son truck de se faire bousculer par ses adversaires. Les Rangers, contrairement aux Bruins, n'ont pas de misère à le trouver sur la patinoire pour le frapper. Clairement, ils ont trouvé un moyen de le ralentir.

L'état de santé et les états d'esprit de Karlsson préoccupent des tas gens. Les performances de Craig Anderson devraient avoir le même effet sur eux.

On ne remplace pas son gardien numéro un en séries comme on le fait durant la saison régulière.

En saison, il est facile de retirer un vétéran parce qu'il n'est pas dans son assiette, un mardi soir à Buffalo, pour le renvoyer dans la mêlée deux jours plus tard à Philadelphie.

En séries, pour toutes sortes de raisons, on ne joue pas au yo-yo. On choisit son homme de confiance. Après, on vit et on meurt avec.

Guy Boucher a donné à son vétéran toute la corde dont il aurait pu rêver. En le retirant au profit de Mike Condon, jeudi, il a reconnu que quelque chose cloche. Quelque chose de sérieux.

A-t-il frappé un mur ? Est-il toujours possible pour lui de se relever avant qu'il ne soit trop tard ?

J'ai gardé ma plus grande source de tracas pour la fin.

C'est Chris Neil. Le bon vieux Chris Neil.

Quand les séries ont débuté, le vétéran devait occuper, au mieux, le 15e rang dans l'échelle de profondeur des Sénateurs. Il se trouvait alors dans une bien mauvaise position. Il existait deux scénarios, à ce moment-là, qui lui permettraient de percer l'alignement.

Le premier, aurait été une série de blessures graves, qui aurait mené à une pénurie d'attaquants.

Le second ? Une série durant laquelle les Sénateurs se feraient dominer physiquement, au point où quelques joueurs commenceraient à reculer, à s'effacer.

Au deuxième entracte, jeudi, les commentateurs de Hockey Night in Canada discutaient très sérieusement de la possibilité de faire appel à ce vieux redresseur de torts qui n'a pratiquement pas joué depuis 10 longues semaines. 

J'ai compris que nous sommes rendus là.

J'ai énormément de respect pour Neil. Je le côtoie depuis une quinzaine d'années. Durant cette période, il s'est acquitté du rôle le plus ingrat de l'histoire du hockey avec un enthousiasme désarmant.

Il a encaissé des centaines de coups de poing sur le nez pour défendre ses coéquipiers et il s'est détruit les jointures à force de répondre à ses agresseurs. Il ne s'est jamais plaint.

Si on lui demande de voler une fois de plus au secours des autres, il se jettera sur la patinoire avec la même attitude, la même énergie que toujours.

Il y a cinq ou 10 ans, il aurait facilement pu changer le cours d'une série.

Aujourd'hui, toute la bonne volonté du monde pourrait ne plus suffire. Lui demander de relancer les Sénateurs, en 2017, serait en mettre beaucoup sur ses larges épaules.




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