La semaine n'est pas à l'eau

Les jeunes baseballeurs de l'Outaouais, leur entraîneur Stéphane... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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Les jeunes baseballeurs de l'Outaouais, leur entraîneur Stéphane Pétronzio et le voltigeur des Champions d'Ottawa, Sébastien Boucher, aident aux équipes d'urgence soit en remplissant des sacs de sable ou en construisant des petits murets.

Patrick Woodbury, Le Droit

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CHRONIQUE / Dans les 450 programmes Sport-études du Québec, au début de chaque année scolaire, des ados font la même promesse. Ils s'engagent à mettre les bouchées doubles sur les bancs d'école en matinée pour obtenir le droit de s'amuser dans la deuxième portion de la journée.

Pour les jeunes joueurs de baseball, c'est un tout petit peu plus compliqué.

Pendant six longs mois, entre novembre et avril, ils étudient le matin, comme les autres. En après-midi, ils font ce qu'ils peuvent dans un gymnase en rêvant au retour du beau temps.

On dira ce qu'on voudra, jouer à la balle à l'intérieur, ce n'est pas la même chose...

La patience des jeunes baseballeurs de l'Outaouais est doublement mise à l'épreuve, cette année. Leur complexe d'entraînement printanier, le parc Sanscartier, est situé en plein coeur des zones inondées de Gatineau. Pas question de s'aventurer sur les terrains.

Confronté à ce problème, le coach Stéphane Pétronzio aurait pu se contenter d'imposer quelques séances d'études supplémentaires à ses protégés. Il aurait pu choisir d'ajouter quelques séances d'enseignement théorique de baseball en salle de classe.

Il a eu une bien meilleure idée.

Depuis deux jours, maintenant, ses jeunes protégés donnent un coup de pouce aux équipes d'urgence. Sur le terrain, on peut les voir remplir et transporter des sacs de sable. Au besoin, ils aident des citoyens des secteurs à risque à construire des petits murets.

« Je dis toujours que c'est une école de vie, le Sport-études. Ce n'est pas juste une école de baseball. Les jeunes qui passent chez nous apprennent à devenir des hommes et des femmes », me disait Pétronzio quand je suis passé le saluer, jeudi.

« Souvent, quand on regarde les nouvelles ou qu'on lit les journaux, on a l'impression que tout se passe très loin de chez nous. Depuis deux jours, nos jeunes voient toute l'eau. Ils rencontrent des gens qui sont dans le pétrin. Eille, c'est sérieux ! Ils ont vu au moins quatre maisons abandonnées ou tout est fini. Les gens qui les ont évacuées auront du mal à y retourner. Sais-tu quoi ? Les jeunes qui ont vu ça mercredi tenaient tous à y retourner jeudi. Et ceux qui n'étaient pas avec nous mercredi m'ont écrit pour me dire qu'ils ne voulaient pas rater la deuxième journée. »

Je n'ai pas de mal à le croire.

Un des adjoints de Pétronzio s'est échappé devant moi.

- On regarde l'état des lieux et on se dit qu'on va continuer à donner un coup de pouce aux sinistrés pendant un bout de temps, m'a-t-il dit.

- Hein ? On revient demain, s'est exclamé un ado qui se tenait tout près.

- On verra.

- Je vais emprunter les bottes d'eau de mon père, a répliqué le jeune, joyeusement.

***

Sébastien Boucher, le voltigeur étoile des Champions d'Ottawa, travaille avec Pétronzio durant la saison morte.

Il se trouvait dans le feu de l'action avec ses jeunes, jeudi. À notre arrivée, il dirigeait l'équipe chargée de remplir des sacs de sable au parc Sanscartier.

Il s'agissait d'un bon entraînement pour le vétéran de 35 ans qui n'a pas exactement poussé la machine durant l'hiver.

« Je m'économise un peu plus, confie-t-il. Je suis devenu plus réaliste envers mes capacités physiques, je pense. Je comprends qu'à mon âge, je ne peux plus vraiment gagner de la force physique. Je me contente donc de faire ce qu'il faut pour maintenir ma condition physique. L'idée, c'est de me pointer en bonne santé au début de la saison. »

Parce que Boucher conserve de beaux, mais aussi de mauvais souvenirs de son été 2016. Afin de remporter un autre championnat dans la Ligue Can-Am, il a été obligé de se résigner à jouer blessé pendant un peu plus de trois mois.

« Je fais attention, maintenant. C'est vraiment la bonne façon de le dire. »

Pour que les Champions continuent de faire honneur à leur nom, Boucher n'aura comme pas le choix de connaître une autre très bonne saison.

Deux des rares gros cogneurs de l'équipe en 2016, Albert Cartwright et Kenny Bryant, ont choisi d'accrocher leurs crampons dans les dernières semaines.

« Je n'étais pas très content », concède Boucher.

« Mais bon. Nos lanceurs nous ont permis d'atteindre les séries l'été dernier. Et quatre de nos cinq partants seront de retour cet été, alors... »




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