Pas toujours facile, le rôle de négligé 

Il a décidé d'incarner le rôle du négligé.... (Archives, Le Droit)

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Il a décidé d'incarner le rôle du négligé. Il a décidé de l'incarner à fond. Quitte à en mettre un peu trop.

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CHRONIQUE/ Guy Boucher fait exactement comme ses joueurs. Il se donne à fond.

Avant le début de la deuxième ronde des séries, en jetant un coup d'oeil aux prédictions des chroniqueurs de hockey, l'entraîneur-chef des Sénateurs a compris qu'on ne lui donnait pas beaucoup de chances d'éliminer les Rangers.

Il a décidé d'incarner le rôle du négligé. Il a décidé de l'incarner à fond. Quitte à en mettre un peu trop.

Sa fameuse déclaration qui a suivi le match numéro un, jeudi, ne me sort pas de la tête. «Nos joueurs avaient peur de se faire balayer en quatre parties. La peur nous a bien servis.»

Ça sonnait un peu faux.

Une quinzaine d'heures plus tard, on a demandé à Alain Vigneault de nous livrer ses impressions. Il a d'abord tenté de nous faire croire qu'il n'avait pas eu vent de cette déclaration, mais il n'a pas été capable de ne pas rire.

Il a fini par cracher le morceau, rigolant. «C'est une bien bonne déclaration. Faudrait que je m'en souvienne afin de pouvoir la recycler et l'utiliser à mon tour, un de ces jours...»

Le vieux routier gagne sa vie dans le coaching depuis maintenant 30 ans. Il s'approche dangereusement du top-15 de entraîneurs qui ont dirigé le plus grand nombre de matches dans la LNH. À ce stade de sa carrière, il connaît presque tous les trucs du livre. Ce n'est pas tous les jours qu'on peut le surprendre avec une déclaration qu'il n'a jamais entendue.

Si ça continue comme ça, Boucher devra redoubler de créativité s'il veut continuer de jouer son rôle de négligé.

Ses joueurs ne l'ont certainement pas aidé, jeudi, avec la façon dont ils ont contrôlé le jeu dans une grande partie du match numéro un.

Contre les Bruins de Boston, au tour précédent, on les sentait souvent nerveux. C'est sans doute pourquoi ils ont aussi souvent échappé des avances. Face aux Rangers, il n'en fut rien. Ils ont contrôlé leurs émotions du début à la fin. Personne n'a été surpris de les voir inscrire le but victorieux avant même de se rendre en prolongation.

Avec l'élimination du Canadien, un petit groupe de journalistes montréalais a choisi de migrer vers l'ouest pour continuer à couvrir les séries.

J'ai pris le temps d'en sonder quelques-uns, vendredi. J'étais curieux à propos des Rangers. L'équipe que nous avons vue à Kanata était-elle moins alerte, moins efficace que celle qui a éliminé les Glorieux sur la patinoire du Centre Bell ?

Non, m'a-t-on répondu sans hésitation. Ils n'ont pas joué différemment. Ils n'ont pas été meilleurs, ni pires.

Il n'y a qu'une exception. Henrik Lundqvist aurait, selon les collègues, disputé jeudi son meilleur match des séries.

Les Sénateurs, les grands négligés de cet affrontement, ont réussi à la battre quand même.

Ça ne garantit rien pour la suite des choses, mais ça doit forcément être bon pour la confiance.

Les billets non-vendus du match numéro un ont (malheureusement) continué d'alimenter la conversation, vendredi. C'est fascinant. On dirait que, pour certaines personnes, ce qui s'est passé - ou ce qui ne s'est pas passé - dans les gradins est plus intéressant que le spectacle qui a été livré sur la patinoire.

Deux groupes de partisans me font un peu pitié.

D'abord, il y a tous ces fans d'Ottawa qui ont vite tourné le miroir vers leurs rivaux. «Comment ça, une petite foule de 16 744 spectateurs? Nous avons toujours bien vendu 16 744 billets de plus que Toronto et Montréal en deuxième ronde !»

Vous n'auriez pas envie, après 25 ans, de vous défaire une fois pour toutes de ce fichu complexe d'infériorité?

Remarquez, les fans de la Sainte-Flanelle sont capables de se défendre. Plusieurs en ont profité pour se gâter en ramenant leurs arguments habituels. Ottawa n'est pas une vraie ville de hockey, leurs partisans ne sont pas de «vrais» partisans. Ces faux partisans qui vivent dans une fausse ville ne méritent forcément pas toutes les bonnes choses qui leur arrivent.

À ces gens, j'offre toute ma sympathie.

Vos plaies sont encore vives. Je sais. Vous pouviez la voir, la sentir et la goûter, cette 25e coupe. Je sais. L'élimination hâtive vous a fait mal et vous fait dire des bêtises. C'est votre colère qui parle, en ce moment.

Sachez que je la comprends,

votre douleur.




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