Crazy, emotional French men

L'embauche de Guy Boucher comme entraîneur-chef a été ... (Archives, Associated Press)

Agrandir

L'embauche de Guy Boucher comme entraîneur-chef a été  l'un des premiers gestes qu'a posés Pierre Dorion lorsqu'il est devenu directeur général de l'équipe.

Archives, Associated Press

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

CHRONIQUE / La conférence de presse avait été longue et ponctuée de plusieurs déclarations savoureuses. Juste avant de quitter le podium, dans une salle remplie de journalistes déjà comblés, Pierre Dorion en a lâché une dernière.

Je n'ai pas le choix de la reproduire en anglais. Je ne voudrais surtout pas traduire et mal interpréter ses propos.

« Guy and I are both, at times, crazy, emotional French men. »

Crazy, comme dans fou. Emotional, comme dans émotif. French, comme si les francophones avaient une propension pour ces deux traits de caractère.

Si j'avais été sur place, lundi après-midi, j'aurais probablement demandé au directeur général des Sénateurs de préciser sa pensée. Malheureusement, je n'y étais pas. Je l'écoutais, en direct, à la radio.

Guy Boucher a eu un fou rire teinté de malaise, mardi, quand je lui ai demandé d'interpréter cette spectaculaire déclaration.

« On se dit les vraies affaires, a-t-il fini par répondre. Entre lui pis moi, il n'y a pas de secrets. Quand on a quelque chose à se dire, on se le dit immédiatement. Depuis le début de l'année, c'est comme ça. Nous n'avons pas peur d'aborder les sujets difficiles quand il faut trouver des solutions rapidement. Dans ce temps-là, certaines conversations peuvent devenir plus émotives... »

« Nous travaillons ensemble depuis un an et je vois mal comment les choses pourraient mieux se passer. Faudrait pas le dire à ma femme, mais c'est un mariage parfait. »

Suffit de regarder Boucher travailler derrière un banc pour comprendre toute l'énergie qu'il dépense au travail. Ses mimiques disent généralement tout ce qu'il faut savoir sur ses états d'esprit.

Avec Dorion, c'est moins évident. Son rôle lui permet souvent de se tenir dans l'ombre. Il faut avoir le privilège de le côtoyer d'un peu plus près pour constater à quel point les émotions fortes peuvent lui jouer des tours.

Il faut cependant reconnaître quelque chose. Les deux « crazy, emotional French men » à qui Eugene Melnyk a confié son club de hockey ont abattu un boulot colossal au cours de la dernière année.

Depuis leur retour dans la LNH, en 1992, les Sénateurs n'ont jamais été aussi bien construits et préparés en prévision des séries.

En fait, la transformation extrême a débuté avec Bryan Murray. En rétrospective, la transaction qui a permis d'acquérir Dion Phaneuf s'inscrit parmi ses meilleurs coups à Ottawa. Les Sénateurs n'auraient peut-être même pas réussi à se qualifier pour les séries s'il n'était pas venu stabiliser la brigade défensive. Ils n'auraient pas davantage réussi à éliminer les Bruins de Boston en première ronde s'il n'avait pas été aussi solide, s'il ne leur avait pas donné 26 minutes de qualité, en moyenne, dans les six parties de la série.

Dorion a continué le travail en allant chercher des morceaux qui manquaient. Tom Pyatt et Viktor Stalberg ont été des héros effacés durant la première ronde. Alexandre Burrows a gardé le meilleur pour la fin. Son travail lors de l'échec-avant a permis aux Sénateurs de marquer leur avant-dernier but de la série.

Tout au long de cette série, les Sénateurs ont surtout été capables de gérer les montagnes russes. Ils ont échappé des avances sans perdre leur sang-froid ni perdre leurs moyens.

Et ça, bien, ça part généralement « d'en haut ».

Les « crazy French men » sont probablement capables de se contrôler quand c'est le temps.

« C'est mon deuxième boulot dans la LNH et je t'assure qu'il y a une énorme différence pour moi », jure Boucher.

Les Sénateurs sont bâtis pour les séries, ce qui ne veut pas dire qu'ils vont gagner la coupe Stanley. D'ailleurs, par respect pour le King, Henrik Lundqvist, on va prédire une victoire des Rangers. Ça va prendre six parties et ces parties seront toutes serrées.

Bravo à Marc Méthot qui a dit tout haut, mardi, ce que bien des gens pensent tout bas. Cette manie de retenir toute l'information relative aux blessures, dans la LNH, est carrément ridicule.

«Au fait, Marc... Dans ton cas, faut-il parler d'une blessure au "haut du corps" ou d'une blessure au "bas du corps" ?

- Ça dépend, m'a-t-il répondu. Quand mes bras reposent le long de mon corps, c'est une blessure au bas du corps. Quand je lève les bras au ciel, ça devient une blessure au haut du corps. »




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer