Buck Boucher, ce héros oublié

Depuis sa mort, en 1960, George Boucher repose... (La Presse canadienne)

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Depuis sa mort, en 1960, George Boucher repose au cimetière Beechwood. C'est le premier truc que j'ai appris à son sujet. Ça, et le surnom. Sur le site du Temple de la renommée du hockey, on apprend que ses fans, dans les années 1920, le surnommaient « Buck ».

La Presse canadienne

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CHRONIQUE / Ce n'est pas la première fois que les Sénateurs affrontent les Bruins en séries. C'est arrivé, une fois, dans l'ancien temps. Le très ancien temps.

Il y a très exactement 90 ans, en avril 1927, le premier club à représenter Ottawa dans la LNH a remporté sa dernière coupe Stanley. Dans une bizarre série finale de quatre parties où ils ont signé deux victoires et fait match nul à deux occasions, ils ont eu raison du club d'expansion de Boston.

Je lisais ça dans les notes de presse qui sont remises aux journalistes avec un brin de culpabilité. Je devrais en connaître davantage sur l'histoire sportive de la capitale.

J'ai fouillé un peu sur Internet pour découvrir que le capitaine des Sénateurs, en 1927, s'appelait George Boucher. Un athlète aux racines francophones qui était originaire d'Ottawa.

Le dernier capitaine à avoir soulevé la coupe Stanley à Ottawa était un gros défenseur franco-ontarien.

Ma curiosité était piquée - et le sentiment de culpabilité m'abandonnait tranquillement.

Pour connaître ces histoires, encore faudrait-il que quelqu'un, quelque part, se charge de les raconter.

Depuis sa mort, en 1960, George Boucher repose au cimetière Beechwood. C'est le premier truc que j'ai appris à son sujet.

Ça, et le surnom. Sur le site du Temple de la renommée du hockey, on apprend que ses fans, dans les années 1920, le surnommaient « Buck ». 

Je n'ai pas d'explications.

J'ai aussi appris qu'il a été intronisé au Temple de la renommée en 1958.

Sinon, les statistiques sont faciles à trouver sur Internet. Elles nous apprennent qu'il a joué pendant 14 saisons avec l'équipe de sa ville. Durant sa carrière de joueur, il a donc remporté la coupe quatre fois.

Les stats nous apprennent aussi qu'il a connu cinq saisons consécutives de 12 buts ou plus. C'est loin d'être mauvais, quand on considère que les saisons duraient moins de 30 parties.

La tâche était plus compliquée pour les défenseurs qui voulaient marquer. Bernard Geoffrion n'avait pas encore popularisé le lancer frappé. Stan Mikita n'avait pas inventé les palettes courbées.

Selon toute vraisemblance, il n'était pas un défenseur à caractère offensif. Il était d'abord reconnu pour son leadership. Et pour sa robustesse. Dans un sport où la violence régnait, il était respecté. Et redouté.

Les descendants de Boucher sont assez faciles à trouver. J'ai pu leur rendre visite dans le coin de Kemptville, en début de semaine.

Ils sont bien gentils, très accueillants. Ils sont fiers d'appartenir à la famille d'un des héros sportifs de la région. Comme tout le monde, ils ont très peu de souvenirs à partager.

Diane Boyce garde le souvenir d'un grand-père affectueux et aimant. D'autres personnes lui ont raconté qu'il pouvait avoir la mèche courte quand il se trouvait sur la patinoire.

Il paraît qu'à la retraite, Buck pouvait passer de longues heures à parler de hockey avec ses frères. Trois d'entre eux, Billy, Frank et Robert, ont aussi joué dans la LNH. « Ils étaient toujours à se raconter leurs souvenirs... Je n'ai peut-être pas porté assez attention aux histoires qu'ils racontaient. Peut-être que le hockey ne m'intéressait pas vraiment », s'excuse la dame.

Son fils, Todd, est un grand fan de notre sport national. Il est toutefois né une vingtaine d'années trop tard pour connaître son arrière-grand-père.

Les Boyce m'ont mis la puce à l'oreille. Une histoire dont Todd avait vaguement entendu parler. Il paraît qu'un violent combat impliquant Buck Boucher a éclaté dans le match décisif de la finale de 1927. Un combat si violent que des policiers ont été obligés d'intervenir.

L'historien non-officiel du sport à Ottawa, Jim McAuley, est venu à ma rescousse. Il n'a pas été capable de me confirmer l'intervention policière, mais un vieux texte de journal trouvé dans ses archives parle de quelques joueurs des Bruins, frustrés, durant le dernier match de la finale.

Buck Boucher s'est joint à une rixe pour empêcher un jeune coéquipier de se faire tabasser.

Je vous dis... Faudrait que quelqu'un, quelque part, prenne le temps de nous raconter les histoires de ces hommes-là.




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