Le leader se lève et s'affirme

Jusqu'à présent, les séries éliminatoires du printemps 2017... (Archives, Agence France Presse)

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Jusqu'à présent, les séries éliminatoires du printemps 2017 se veulent, tout simplement, une prolongation de la saison exceptionnelle qu'a connue le capitaine.

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Quelle passe soulevée pour envoyer Mike Hoffman en échappée, en première période ! Quel sang-froid, tout au long de la supériorité numérique durant laquelle les Sénateurs se devaient de capitaliser, en prolongation !

Le pire, c'est que ce n'était même pas le meilleur match disputé par Erik Karlsson durant ce long week-end pascal.

Jusqu'à présent, les séries éliminatoires du printemps 2017 se veulent, tout simplement, une prolongation de la saison exceptionnelle qu'a connue le capitaine.

Au-delà de ses prouesses sur la glace, c'est sa façon de mener avec confiance sa troupe qui m'impressionne.

Aussi bien vous le dire tout de suite. J'ai été impressionné par son explosion de rage, dans le match de samedi après-midi.

Ce n'était clairement pas un geste calculé. C'était une action émotive. En quelques secondes, à peine, il a pris le contrôle de son équipe. Il est en voie de devenir le leader que l'organisation n'attendait plus.

Il faut reconnaître que les images en gros plan de Karlsson, enragé au banc des joueurs, ont un petit quelque chose de saisissant.

La sainte-colère du capitaine a continué d'alimenter les discussions tout au long du week-end. Ça n'a rien d'étonnant.

Lundi matin, encore, nos amis de la radio sportive anglophone se posaient de sérieuses questions.

Karlsson a-t-il bien fait de s'en prendre à un coéquipier ? Brassard aurait-il vraiment pu faire quelque chose pour empêcher les Bruins de marquer ce but ?

À la première question, je réponds « oui ». Sans l'ombre d'un doute. La réaction de Karlsson était parfaitement justifiée.

Ensuite, j'ai envie de répondre à la deuxième question en posant une autre question.

Est-il vraiment utile de disséquer cette séquence sous tous ses angles ? Le fin mot de l'histoire, c'est que des gaffes sont commises dans chaque match de séries. Elles sont inévitables. Des tas de joueurs en ont commis jusqu'à présent. Et ça va se poursuivre jusqu'en juin.

Karlsson le sait. Je doute fort, par ailleurs, que sa colère était vraiment dirigée vers son coéquipier Hullois.

Karlsson était en rogne contre la situation. Tout d'un coup, il voyait les Bruins se forger une avance. Il faisait face à de sombres perspectives. Les Sénateurs se trouvaient à une trentaine de minutes de prendre la route de Boston avec un déficit de 0-2 dans leur série.

Il rageait parce qu'il ne voulait pas perdre.

En début de saison, dans une de ses premières rencontres individuelles avec Guy Boucher, Karlsson a fait le voeu de changer. « J'ai remporté tous les honneurs individuels dont j'ai besoin. À présent, ce que je veux, c'est gagner », aurait-il juré.

Il est facile de dire les bonnes choses dans le cadre d'une rencontre en tête-à-tête avec son coach, dans son bureau.

Il est bien plus dur de poser les actions concrètes quand le moment est venu de passer de la parole aux actes.

Samedi dernier, quand le moment est venu d'agir, Karlsson a fait ce qu'il fallait. En engueulant Brassard, il a envoyé un message clair à tous ses coéquipiers.

Se vider le coeur et crier sa frustration était un bon point de départ, mais c'était loin d'être suffisant.

Pour éviter de perdre complètement le contrôle de la série, les Sénateurs devaient remonter la pente.

Dans cette situation précise, au fil des ans, des quantités de joueurs aussi talentueux que bien intentionnés ont frappé le mur.

Le danger, dans cette situation, consiste à tenter de marquer tous les buts qui manquent d'un seul coup. Le danger, c'est de chercher à trop en faire ou de tout accomplir seul.

Ça n'a pas été cas de Karlsson, samedi.

Le capitaine des Sénateurs a plutôt eu l'air de reprendre son calme quand il est retourné sur la patinoire.

Samedi, il a réussi à prendre le contrôle du match pour ensuite réussir le gros jeu, au moment opportun, pour couronner la remontée de son club.

En déclenchant la séquence qui a mené au but gagnant de Bobby Ryan, lundi, il a fait exactement la même chose.




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