Tu peux toujours causer, Pageau

Jean-Gabriel Pageau... (Patrick Woodbury, Archives Le Droit)

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Jean-Gabriel Pageau

Patrick Woodbury, Archives Le Droit

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CHRONIQUE / Un bon attaquant défensif ne se repose jamais.

Le mandat d'affronter les meilleurs joueurs de la Ligue nationale de hockey n'est pas de tout repos. Surtout pour ceux qui prennent leur boulot suffisamment à coeur pour continuer à bosser durant les arrêts de jeu.

Jean-Gabriel Pageau appartient clairement à cette catégorie. Il cherche constamment à parler à ses adversaires. Il essaie de narguer, de déconcentrer. Il cherche la formule assassine qui pourrait faire sortir l'autre de ses gonds.

Contre les Bruins, c'est un méchant défi.

À l'extérieur de la patinoire, Patrice Bergeron projette l'image d'un homme parfaitement zen. Toujours d'humeur égale. On a du mal à l'imaginer en colère.

Sur la glace ? C'est un peu la même chose.

«Marchand parle plus que lui, concède Pageau. Bergeron, je peux essayer de lui parler avant une mise en jeu. Ça ne marche pas. Il ne répond jamais.»

Il dit cela en tout respect, une pointe d'admiration dans la voix.

«Il est assidu à la tâche. C'est tout à son honneur. Il est 'focus'. Il veut gagner.»

Bergeron, donc, ne mord pas à l'hameçon.

Faut-il déduire que Pageau gaspille de la salive et un peu d'énergie à lui parler sur la glace ?

Pas nécessairement.

Après avoir bavardé avec le Gatinois un brin, j'ai traversé le vestiaire pour aller poser quelques questions au joueur des Sénateurs qui connaît le mieux le leader québécois de Boston.

«Patrice possède une grande force de concentration. Il a disputé des matches cruciaux au plus haut niveau de son sport. Il sait comment se comporter en séries. Son degré de concentration est très élevé», commente Chris Kelly.

«Il est quand même humain, comme nous tous. Durant une série, au fil du temps, il peut craquer. Je ne peux pas garantir que ça va se produire cette fois. L'avenir nous le dira», de préciser celui qui a passé cinq années en jaune et noir.

Pageau, soit dit en passant, s'est à nouveau entraîné entre Mike Hoffman et Mark Stone, vendredi. Guy Boucher a visiblement envie d'utiliser ce trio dans un match.

À sa place, j'oserais.

Nous n'en avons pas beaucoup parlé, mais nous vivrons ce week-end la fin d'un chapitre important de l'histoire des Sénateurs.

C'est la fin des Senators de Binghamton.

Le club-école vient de connaître une autre saison décevante. Il sera une fois de plus exclu des séries éliminatoires de la coupe Calder.

Le dernier match de la saison régulière sera présenté ce soir.

Le contrat d'affiliation entre Ottawa et Binghamton aura duré 15 ans.

Pendant 15 ans, on a vu défiler des dizaines d'espoirs qui rêvaient de quitter au plus vite ce petit bled triste et gris au plus sacrant. Non, «Bingo» n'a jamais été une destination très prisée.

Pourtant, ces jours-ci, on n'en dit que du bien dans le vestiaire des Sénateurs.

«Ce n'est pas la destination la plus glamour. Je n'essaierai certainement pas de te convaincre du contraire», m'a dit Zack Smith.

«Tu sais, des tas de petites villes dans le nord de l'État de New York et dans la Pennsylvanie ont été frappées durement par la crise économique des dernières années. Il n'y a pas de boîtes de nuit extravagantes ou de centres commerciaux huppés à Binghamton. Tu sais quoi ? Je me suis quand même éclaté là-bas. Quand j'étais jeune, je n'avais pas besoin de vivre à Toronto. Je voulais juste me trouver dans une ville de sport. J'ai été servi.»

Smith fait partie des chanceux qui ont remporté la coupe, en 2011.

«Je n'ai jamais eu autant de plaisir à jouer au hockey que cette année-là.»




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