Un talon d'Achille bien visible

Sous la direction de Guy Boucher, les Sénateurs... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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Sous la direction de Guy Boucher, les Sénateurs ont affiché la 10e meilleure moyenne de buts alloués à travers la LNH.

Patrick Woodbury, Le Droit

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Les Sénateurs en six. C'était mon premier feeling, dimanche soir. Ça n'a pas changé. C'est maintenant ma prédiction finale.

Pourquoi ? Parce que je suis pas mal d'accord avec Guy Boucher. « Cette équipe joue du hockey de séries depuis plusieurs mois. »

Cette façon de faire les choses lui a permis de survivre aux rigueurs d'une saison de 82 parties sans vraiment connaître de longues périodes léthargiques.

Il y a juste un truc, en fait, qui m'embête.

Les unités spéciales. L'infériorité numérique, plus particulièrement.

Je suis toujours d'accord avec Boucher quand il parle de la raison principale qui a permis à son club d'atteindre les séries. On a beau passer des heures et des heures à tout analyser en profondeur. À la fin de la journée, les équipes qui allouent le moins grand nombre de buts sont généralement celles qui jouent en avril, mai et juin.

Les Sénateurs ont conservé la 10e meilleure moyenne de buts alloués dans toute la LNH cette saison. C'est tout à leur honneur.

Le problème, c'est qu'ils affronteront à compter de maintenant des équipes aussi solides qu'eux.

Les Bruins ont alloué, exactement comme eux, 2,5 buts par match en saison régulière.

Dans un duel qui s'annonce serré, les petits et moyens détails pourraient faire une grosse différence.

D'où l'importance du travail dans les unités spéciales.

L'infériorité numérique des Sénateurs a terminé la saison tout croche. Il a glissé tout juste sous le seuil de respectabilité de 80 %. 

Dans les 15 dernières parties, il est même passé sous les 70 %.

Sur papier, les Bruins ne seront pas trop menaçants. Leur quart-arrière Torey Krug, cette énorme pièce du casse-tête, ne doit pas jouer durant la première ronde.

Krug a marqué six buts et récolté 25 points lors de supériorités numériques en 2016-17.

Ensemble, les neuf autres défenseurs utilisés par Claude Julien et Bruce Cassidy ont généré huit points lors des attaques massives.

Quand même. Il suffirait d'une mauvaise pénalité, au moment où la pression se fait sentir. Il suffirait ensuite d'une erreur en couverture défensive ou, pire encore, d'un dégagement raté. Une rondelle sur un bâton adverse, avec un filet complètement ouvert, en séries, c'est si vite arrivé...

Le gros but qui suit peut faire basculer un match. Le match peut, à son tour, changer l'allure de toute la série.

Guy Boucher est parfaitement conscient de la situation. Mais Boucher tente de se faire rassurant.

Les difficultés des Sénateurs en infériorité numérique coïncident avec la blessure subie par Zack Smith, affirme-t-il.

C'est vrai, mais ça n'explique pas tout. Les ennuis des Sénateurs se sont accentués dans les 15 dernières parties de la saison. Smith n'a raté que cinq rencontres en fin de saison. Dans les 10 autres, il était au poste.

On va toutefois lui donner raison. Quand il est en uniforme, Smith remporte des mises en jeu. Il bloque des lancers. Il forme un duo dangereux avec Jean-Gabriel Pageau. 

Un duo dangereux qui peut parfois créer des chances de marquer à quatre contre cinq.

Boucher a quand même de la suite dans les idées. Dans ses combinaisons de lundi, Smith occupait le poste de centre dans le quatrième trio.

Il faut donc s'attendre à ce que son temps de glace à forces égales soit assez limité dans le match numéro un.

Il devrait être surtout confronté au coriace trio numéro quatre des Bruins, celui de Dominic Moore.

« Ça pourrait me permettre de l'utiliser en double lors des désavantages numériques », a révélé Boucher.

Un dernier mot sur Boucher, alors que s'amorce son véritable test derrière le banc d'Ottawa.

Il faut saluer le cran avec lequel il a travaillé, plus tôt cet hiver. Il a fallu du cran, mais aussi un certain doigté, pour prendre la nécessaire décision d'écarter Chris Neil de la formation débutante.

Il lui en faudra tout autant pour faire subir le même sort à Chris Kelly.

Je suis et je serai toujours un admirateur de Kelly. Voilà un joueur qui a su exploiter au maximum son talent pour connaître une très belle carrière. Il a cependant frappé un mur, ces derniers temps. Ses performances n'ont en rien aidé les unités spéciales des Sénateurs.




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