Le jour où Dan Boyle a confronté Tortorella

CHRONIQUE / Il y a des décisions, parfois, qui peuvent changer le cours d'une... (Courtoisie)

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CHRONIQUE / Il y a des décisions, parfois, qui peuvent changer le cours d'une carrière.

Dan Boyle avait environ 25 ans. Il venait d'atterrir à Tampa Bay pour se joindre à sa deuxième organisation dans la LNH. Il avait l'impression qu'il avait de nouveau affaire à un entraîneur qui ne lui faisait pas trop confiance.

Au début des années 2000, en défensive, on voulait de gros bonshommes fiables, robustes. Les petits joueurs habiles capables de relancer l'attaque n'avaient pas vraiment la cote.

Un jour, Boyle a pris son courage à deux mains. Il s'est pointé dans le bureau de John Tortorella pour lui demander de lui accorder sa confiance.

Je veux jouer d'une certaine manière, coach. Je pense que si tu m'accordes cette liberté, je vais trouver une façon d'aider l'équipe.

La réponse de Torto ? Commence par bien t'acquitter de tes tâches dans notre territoire. Tant que je serai satisfait de ton travail sans la rondelle, je te laisserai faire ce qui te plaît en zone d'attaque.

C'est possiblement la meilleure anecdote que raconte Boyle dans le documentaire dont il est la vedette. Son épisode de la très bonne série Trajectoires sera diffusé pour la première fois ce mercredi, à 20 h 30, sur les ondes de RDS.

Après avoir vu l'émission en primeur, la fin de semaine dernière, j'ai pris le temps de passer un coup de fil à Boyle.

Il a confirmé ce que je pensais. Il n'a pas été facile pour le jeune défenseur francophone qui a grandi dans la Basse-Ville d'Ottawa d'ainsi confronter son entraîneur.

« C'est vrai que j'ai fait preuve de guts, ce jour-là. Vous le connaissez comme moi. Ce n'est pas toujours facile de parler avec lui », m'a-t-il raconté.

« Je n'avais pas vraiment le choix. Avant d'aboutir à Tampa, j'avais passé quatre années chez les Panthers de la Floride. Là-bas, j'avais eu trois entraîneurs différents. Aucun ne m'avait accordé une véritable chance. Je me disais que ça ne pouvait pas continuer comme ça. J'avais peur de me retrouver ailleurs, comme en Europe, si on ne m'offrait pas une vraie occasion d'exploiter mes forces. »

« En fin de compte, à partir de ce moment-là, j'ai pu jouer à ma manière pendant 12 ans. Je pense que ce fut un bon meeting », complète-t-il, un sourire un peu moqueur dans la voix.

On ne peut pas le contredire.

Début octobre, lorsque Boyle a choisi de mettre officiellement un terme à sa carrière, Tortorella lui a rendu un bel hommage. Il a dit que sans lui, le Lightning n'aurait jamais remporté la coupe Stanley en 2004.

Le petit quart-arrière franco-ontarien était, selon lui, le « coeur et l'âme de l'équipe ».

« Chaque fois que je repense à ce qu'il a dit, j'ai des frissons », réagit Boyle, six bons mois plus tard.

« Je ne veux pas avoir l'air cocky en disant ça... Mais je constate qu'il est plus facile pour les petits défenseurs offensifs de faire leur place aujourd'hui. J'ai envie de croire que je leur ai ouvert des portes. »

L'émission Trajectoires regorge toujours de bonnes anecdotes. L'épisode consacré à Dan Boyle ne fait pas exception. On peut par exemple y apprendre que ses parents, Roger et Diane, se tapaient une douzaine d'heures de route chaque week-end pour le voir joué dans les rangs universitaires, durant ses quatre années passées à Miami en Ohio.

« Ils ne rataient jamais une occasion de me voir jouer. C'était vraiment impressionnant. J'ai deux petites filles qui sont âgées de six et huit ans aujourd'hui. J'en ferais autant pour elles », dit le jeune retraité.

Trajectoires permet aussi de prendre des nouvelles.

Boyle s'est fait drôlement discret depuis octobre.

Il dit qu'on va le revoir, un jour, travailler dans le monde du hockey. Il n'est pas pressé.




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