Ne pariez pas contre Thomas Chabot

Thomas Chabot, des Sea Dogs de Saint-Jean... (Archives Le Droit, Martin Roy)

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Thomas Chabot, des Sea Dogs de Saint-Jean

Archives Le Droit, Martin Roy

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Je n'ai pas la prétention d'être un spécialiste de la LHJMQ. Pourtant, alors que les séries éliminatoires débutent, je ne parierais pas contre les Sea Dogs de Saint-Jean.

Les joueurs de cette formation bien nantie avaient une dernière activité d'équipe à l'horaire, jeudi soir, avant de se lancer à la conquête de la Coupe du Président. Ils avaient rendez-vous dans un jeu d'évasion grandeur nature.

Vous en avez sans doute entendu parler. Ils sont très en vogue. Des adultes acceptent de se faire enfermer dans une petite pièce. Ils disposent ensuite d'une courte période - 45 à 60 minutes, généralement - pour résoudre des énigmes et dénicher des indices qui leur permettront, ultimement, d'en sortir.

Ces puzzles sont ridiculement difficiles. J'en ai essayé un, cet hiver. J'ai échoué lamentablement. Ce n'était même pas drôle.

On m'a dit de ne pas trop m'en faire. Le taux de réussite, en général, se chiffre à 30 %.

Toujours est-il que les Sea Dogs ont joué, jeudi soir. Les entraîneurs ont formé cinq petits groupes, qui ont été enfermés dans cinq pièces différentes.

Eh bien, les cinq groupes ont réussi à résoudre leurs énigmes et à s'évader dans les temps prescrits.

Thomas Chabot me racontait tout cela, au bout du fil, alors qu'il rentrait lentement chez lui.

Je lui faisais part de mon étonnement. Ce doit forcément être un bon présage, juste avant le début des séries.

« Ça veut surtout dire que nous travaillons bien en équipe. Dans des jeux comme ça, tous les joueurs sont sollicités. »

Je vous ai peut-être déjà parlé de l'admiration que j'ai pour Chabot. J'ai rarement, peut-être même jamais, croisé un jeune homme avec autant de drive que lui.

Je me souviens toujours du jour où les Sénateurs ont décidé de le renvoyer à son club junior, cet automne. Je m'attendais à le trouver déçu, démonté, débobiné.

Rien de tout ça. Il était plutôt motivé, décidé, déterminé. Au lieu de s'apitoyer sur son sort, il parlait ouvertement de son désir de retourner au Championnat mondial junior.

Sa volonté de gagner la médaille d'or était perceptible.

On connaît la suite. Membre de l'équipe d'étoiles du tournoi. Défenseur par excellence. Joueur le plus utile à son équipe. On a eu l'impression qu'il a passé la finale au grand complet sur la glace. À la conclusion du tournoi, la foule du Centre Bell scandait le nom d'un espoir d'Ottawa.

Tout le monde qui l'entourait était bien impressionné.

Chabot, lui, n'était pas capable de se réjouir quand il est retourné au Nouveau-Brunswick.

« Je l'ai regardé souvent, ce dernier match. J'ai repensé à la fin de la rencontre, à ce qu'on aurait pu faire différemment. J'ai eu du mal à l'accepter, cette défaite. »

« Quand j'étais petit, je regardais le Championnat du monde junior à la télévision. Le Canada gagnait la médaille d'or presque chaque année. Moi, j'étais un des rares joueurs qui avait obtenu deux chances d'en gagner une. Clairement, gagner n'est pas si facile. »

Sauf que le sport offre ceci de beau : il y a toujours moyen de se relever. Il y a toujours un nouveau défi à relever.

Suffit de parler avec Chabot pendant quelques minutes pour lui faire cracher le morceau. Il rêve maintenant de la Coupe du Président. Il veut la Coupe Memorial, aussi.

« C'est possiblement ma dernière année dans le hockey junior. J'ai raté les séries à ma première année. Mon équipe s'est améliorée graduellement, depuis. Je suis maintenant entouré de gars qui sont âgés de 19 ans comme moi et qui pourraient passer au prochain niveau. On veut finir ça en beauté avec un championnat », dit-il.

Je vous le dis. Je ne parierais pas contre eux.




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