Guerres de clochers

Les partisans de l'équipe d'Eugene Melnyk sont aussi... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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Les partisans de l'équipe d'Eugene Melnyk sont aussi « vrais » que ceux de l'équipe de Geoff Molson, tranche notre chroniqueur.

Patrick Woodbury, Le Droit

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CHRONIQUE / Conversation avec Michel Langevin et Enrico Ciccone, très tôt, vendredi. Mes deux vieux amis avaient eu la gentillesse de m'inviter à leur émission de radio sportive matinale.

Très vite, Langevin m'a déstabilisé avec une question.

- Peux-tu comprendre notre frustration, ce matin, mon Sly ? Tu sais, nous vivons dans la ville où l'histoire de la LNH s'est écrite. Notre club a soutenu les franchises moins fortunées pendant tant d'années. Nous ne savons même pas si une petite partie des célébrations du centenaire se dérouleront chez nous...

Ouf. Pas du tout, Mike. J'étais tellement préoccupé par ce qui se passe dans ma propre paroisse que je n'avais pas pris une seule seconde pour penser à mes voisins.

Car tu sais, c'est un très beau cadeau que le commissaire Gary Bettman vient de faire aux gens d'Ottawa. Trop souvent, la petite capitale passe inaperçue, coincée entre les géants que sont Montréal et Toronto.

C'est un beau cadeau pour les dirigeants de l'organisation, aussi. En espérant que ça puisse les aider à créer une étincelle chez les partisans, alors que s'achève une saison difficile aux guichets...

La prochaine question, posée par Ciccone, m'a déstabilisé tout autant, mais pour des raisons différentes.

- Justement, Sylvain... Si les partisans des Sénateurs ne remplissent pas leur amphithéâtre chaque soir, peut-on dire qu'ils sont de «vrais» partisans ?

Vingt-quatre heures plus tard, je n'en suis pas encore complètement revenu.

Tu devrais savoir, Cicco.

Selon les plus récentes données de Statistiques Canada, plus de quatre millions de personnes vivent dans la région métropolitaine de Montréal. À Toronto, ils sont plus de six millions. Ici, dans Ottawa-Gatineau ? Nous franchissons de peine et de misère le cap du million.

Difficile, dans certains domaines, pour les petits de se mesurer aux gros.

En Alberta, dans des villes de taille moyenne, l'industrie pétrolière donne un fier coup de pouce aux Flames ainsi qu'aux Oilers. Les richissimes compagnies qui exploitent les ressources naturelles louent des loges corporatives. Elles achètent des billets de saison par milliers.

Dans la capitale fédérale, le plus gros employeur n'a pas le droit de dépenser un sou pour encourager son club des ligues majeures. Les règles encadrant les commandites du gouvernement fédéral, comme tu sais sans doute, sont assez strictes.

Les fans, par contre, sont au rendez-vous. Il y a 25 ans, ils ont changé d'allégeance et ils ont décidé d'embarquer dans cet improbable projet. Ils ont décidé de soutenir un club des ligues majeures dans une ville qui appartenait aux ligues mineures.

Ils se rendent 41 fois par année, en bougonnant, dans un champ de vache situé à l'extrémité ouest du territoire pour l'encourager.

Crois-moi, il n'y a rien de plus «vrai» que ça.

Si vous voulez vraiment chercher des bibittes, on pourrait toujours parler du comportement des fans d'Ottawa, une fois qu'ils franchissent les tourniquets.

Vous pourriez nous rappeler - encore une fois - que le Centre Bell peut être plus animé durant match préparatoire en septembre que le Centre Canadian Tire durant un match éliminatoire en mai.

Ce serait vrai.

On pourrait se lancer des théories à n'en plus finir là-dessus. Ces théories n'auraient absolument aucune valeur.

Pour aller au fond de cette question, une fois pour toutes, ça nous prendrait une étude scientifique sérieuse.

Connaissez-vous de bons anthropologues, les boys ?

Mes amis Langevin et Ciccone m'ont aussi parlé de hockey à proprement dit. Une grosse fin de semaine nous attend, quand même, avec cette grosse série aller-retour où le premier rang du classement sera à l'enjeu.

Mike croit que les Sénateurs sont favoris. Je ne suis pas exactement d'accord avec lui.

Je vais simplifier le débat au maximum. Carey Price sera devant le filet du Canadien à Kanata, samedi. Claude Julien pourrait fort bien avoir recours à lui de nouveau dimanche.

Les Sénateurs devraient, en principe, répliquer avec Mike Condon.

C'est une grosse, grosse, grosse commande pour lui.

Dans ce duel inégal, je crois que les Sénateurs seront chanceux de s'en tirer avec une récolte de deux points sur quatre.




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