«Il aurait pu jouer avec nous»

Paul Coffey a servi un des plus beaux... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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Paul Coffey a servi un des plus beaux compliments qu'il pouvait faire au capitaine des Sénateurs, Erik Karlsson.

Patrick Woodbury, Le Droit

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CHRONIQUE / Dans toute ma carrière, j'avais eu la chance d'interviewer Paul Coffey seulement une fois.

Il y a cinq ans, environ, on m'avait refilé son numéro de téléphone au bureau. Je lui avais passé un coup de fil pour savoir ce qu'il pensait d'Erik Karlsson, défenseur offensif en pleine éclosion.

À ma grande surprise, il se souvient de cette conversation.

Il m'a même fait passer un quiz, jeudi, quand je l'ai rencontré en chair et en os. Il faisait partie des légendes vivantes invitées à Rideau Hall dans le cadre des célébrations du 125e anniversaire de la coupe Stanley.

« Si tu m'as appelé, tu te souviens sans doute de ce que je t'ai dit... »

Tout-à-fait, monsieur Coffey. Vous m'aviez dit qu'il avait un certain potentiel, mais vous vouliez attendre quelques années avant de porter un véritable jugement. Vous vouliez lui laisser le temps de gagner quelques millions. Vous m'aviez dit que, malheureusement, l'argent change certains joueurs...

J'ai donc sondé Coffey une fois de plus au sujet de Karlsson, même si je me doutais bien de la réponse qu'il allait m'offrir. Les gens qui ont regardé un seul match des Sénateurs cette saison et qui connaissent un tant soit peu le hockey voient bien qu'il joue depuis octobre le meilleur hockey de sa carrière.

Sa réponse ne m'a pas déçu.

« Il est un joueur d'exception, c'est clair. Il est tellement bon qu'il aurait pu jouer à mon époque. J'en suis convaincu à 100 %. »

Il faut comprendre que c'est probablement le plus beau compliment que Coffey aurait pu faire. Tous les anciens joueurs, ou presque, sont convaincus d'avoir fait carrière durant LA meilleure période de la LNH.

« Si je pouvais jouer dans la ligue d'aujourd'hui avec Mario et Wayne... On serait tout simplement incroyables. Il y a tellement d'espace sur la patinoire. Personne ne frappe ! »

Karlsson, dit Coffey, aurait pu jouer dans les années 1980, quand les joueurs de talent devaient se faufiler dans la circulation dense et éviter les contacts pour faire leur boulot. Et il aurait brillé. Il est si bon que ça.

Oui, Karlsson connaît une grosse saison. Mais tout n'est pas parfait. Comme chaque année, il est un des principaux aspirants au trophée Norris. Mais, comme chaque année, il doit répondre aux mêmes détracteurs. Ceux-là répètent, en parlant complètement à travers leur chapeau, qu'il est pourri défensivement.

Je me trompe où c'était aussi ta réalité, Paul ? Dans les années 1980, on se plaisait à te dénigrer en disant qu'un joueur trop offensif comme toi ne méritait pas le titre de défenseur par excellence dans la LNH.

Comment composais-tu avec cette réalité ?

« Tu veux savoir comment Karlsson devrait réagir? Il devrait simplement continuer à faire ce qu'il sait faire de mieux. Quand j'étais jeune j'ai essayé de jouer de façon prudente. Je demeurais dans mon territoire, je ne prenais pas de chances. Et tu sais quoi ? Rapidement, je me suis retrouvé avec plein de gars comme toi sur le dos. Les journalistes étaient à mes trousses parce que je ne produisais plus assez à leur goût. Il est impossible de satisfaire tout le monde. »

Coffey persiste et signe. Karlsson est un joueur d'exception. Qu'il se concentre sur les trucs qui le rendent exceptionnel.

« On comptabilise les lancers bloqués de nos jours. C'est une statistique idiote, si vous voulez mon avis. Les lancers bloqués ne vous permettent pas de gagner le trophée Norris. On devrait encourager Karlsson à exploiter son talent pour atteindre de nouveaux sommets. On ne devrait pas faire du nivellement par le bas. »

Un dernier truc, Paul. Il paraît que le trophée Norris n'est pas la principale source de motivation de Karlsson. Il paraît qu'en parlant de coeur-à-coeur avec son coach, avant le début de la saison, il a juré de consacrer toutes ses énergies à faire gagner son équipe.

Karlsson a 26 ans. À cet âge, tu possédais déjà trois bagues de la coupe Stanley.

As-tu des conseils à ce chapitre ? Devenir un champion, ça s'apprend ? « Les grands joueurs ne gagnent pas la coupe Stanley. Les grandes équipes gagnent la coupe. Wayne et Bobby Orr sont les meilleurs joueurs de l'histoire. Wayne a gagné la coupe quatre fois. Bobby, seulement deux fois. » 

« Pour gagner, Karlsson doit être bien entouré. »




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