Le mordu y trouve son compte

L'équipe des Sea-Sides d'Africville, de la Colored Hockey... (Courtoisie)

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L'équipe des Sea-Sides d'Africville, de la Colored Hockey League des Maritimes, dans les années 20

Courtoisie

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Jusqu'au 9 octobre prochain, le Musée canadien de l'histoire présente Hockey, réunissant près de 300 artefacts relatant non seulement l'histoire du sport, mais aussi l'importance qu'il revêt au pays. Regards croisés des chefs des sections sports et arts du Droit, Sylvain Saint-Laurent et Valérie Lessard, sur une exposition qui s'inscrit dans le cadre des festivités du 150e anniversaire de la Confédération canadienne.

***

CHRONIQUE / Je dois être franc, Valérie. J'étais content quand tu m'as invité à noircir quelques colonnes dans votre cahier, mais j'étais aussi craintif. J'avais peur de passer pour le bougonneux de service.

Tu sais, j'aime beaucoup les musées d'histoire. Tu sais aussi que j'adore le sport. Je trouve que les deux ne font pas toujours bon ménage. À trop vouloir viser un large public, les gens qui conçoivent les expositions finissent souvent par perdre les vrais mordus.

L'exposition sur Rocket, il y a une dizaine d'années, m'avait par exemple laissé sur mon appétit.

Tu seras contente d'apprendre que ce n'est pas le cas, cette fois. J'ai savouré l'expo Hockey comme je savoure mes occasionnels pèlerinages au Temple de la renommée, à Toronto.

Je n'exagère même pas.

Ma curiosité a été piquée dès mon arrivée. Le bout de cuir qui servait de plastron au légendaire gardien Johnny Bower dans les années 60, premier artefact qu'on nous sert, constitue un excellent amuse-gueule.

C'est à ce moment-là que j'ai croisé mon vétéran collègue du Ottawa Citizen, Wayne Scanlan. «Peux-tu concevoir qu'il s'est jeté devant des lancers frappés de Bobby Hull avec ça?»

Je savais que le métier avait déjà été plus dangereux, Wayne. Ça fait quand même du bien de se le rappeler.

Au fil de ma visite, j'ai appris des trucs nouveaux sur ce sport qui me passionne. Je parle notamment des deux minuscules photos où il est question de la Coloured Hockey League. Un circuit dont je n'avais jamais entendu parler...

Les Canadiens se targuent d'avoir été des champions de tolérance. On se félicite d'avoir aidé Jackie Robinson à devenir le premier joueur de race noire à évoluer dans les ligues majeures de baseball. Si Montréal ne l'avait pas accueilli pour qu'il passe une saison dans les rangs mineurs, au milieu des années 40, il ne serait peut-être pas devenu le personnage historique qu'on connaît aujourd'hui.

Une quinzaine d'années plus tôt, dans les provinces maritimes, les hockeyeurs noirs n'avaient pas le droit d'affronter les blancs.

J'ai senti le besoin de faire une recherche sur Google à mon retour à la maison. Je n'en reviens toujours pas !

Un autre truc qui t'as peut-être échappé... Le manteau porté par France Saint-Louis lors du tout premier championnat mondial de hockey féminin en 1990 est bien en évidence. Il m'a toutefois rappelé un truc. Lors de cette compétition historique, au Centre municipal d'Ottawa, Saint-Louis et ses coéquipières portaient des uniformes en tout point identiques à ceux de l'équipe nationale masculine. Sauf pour un petit détail. Au lieu d'être rouges, ils étaient rose fluo.

Rêves d'enfants

Dieu merci, nous avons évolué.

Les trois dames qui ont conçu l'expo Hockey m'ont agréablement surpris, aussi, pour tout l'espace qu'ils ont réservé aux héros «locaux» du hockey. Le vieux chandail de laine maculé de sang que portait Frank Finnigan, de Shawville, dans ses dernières années chez les Maple Leafs de Toronto. Le pan de mur réservé à la carrière de Jean-Gabriel Pageau et tous les autres éléments qui nous ramènent à la jeune histoire des Sénateurs d'Ottawa.

Souvent, quand on célèbre la riche histoire du hockey, chez nous, il est facile d'accorder trop d'importance aux Glorieux de la métropole au détriment de ce qui se fait ailleurs.

Tu viens de Québec, Valérie. Je suis convaincu que tu partageais mes appréhensions à ce chapitre.

Sinon, c'est toujours agréable de revoir des trucs qu'on a vus ailleurs. Je me suis amusé à observer les patins Daoust, le bâton Titan et le casque Jofa qui ont appartenu à Wayne Gretzky.

Tu sais, il y a une trentaine d'années, je patinais aussi - plutôt lentement- avec une paire de Daoust. Je décochais des lancers - pitoyables - avec des bâtons Titan.

Dans ce temps-là, petit Sylvain rêvait de marquer des buts, de gagner la coupe Stanley et de marquer - juste assez - l'histoire du hockey pour me retrouver dans les musées, moi aussi.

Je ne serais pas trop surpris que des jeunes garçons et filles qui visiteront le musée dans les prochains mois y trouveront de quoi rêver, eux aussi.




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