Oui, mais il fait chaud...

Guy Laflamme, à droite, affirme que « le Crashed... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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Guy Laflamme, à droite, affirme que « le Crashed Ice n'aura jamais été présenté dans un site aussi spectaculaire » que celui d'Ottawa.

Patrick Woodbury, Le Droit

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CHRONIQUE / Je grimpais dans l'imposante structure qui surplombe les écluses du canal Rideau. J'étais préoccupé.

C'est bien beau, le temps doux des derniers jours. Ça rend à peu près tout le monde heureux, partout en ville.

Ça ne doit quand même pas être un temps idéal pour les organisateurs d'un événement hivernal comme le Red Bull Crashed Ice.

Patrice Drouin, le président de la firme Gestev, grand responsable de l'organisation, attendait les représentants des médias tout en haut. Lors de cette visite officielle des installations, à une semaine du gros événement qui doit animer la capitale, il savait que la question s'en venait.

« Ne vous en faites pas. Quoi qu'il arrive, l'événement aura lieu », a-t-il assuré.

- Ah oui ? Faut-il vous rappeler qu'on est en train de battre un record de chaleur ? Il s'agit du 23 février le plus chaud jamais vécu à Ottawa. On dit que le temps va encore s'adoucir dans les prochaines heures. Et vous devez aménager une piste glacée sur 400 mètres !

« L'événement aura lieu », a-t-il répété sans broncher, avant de nous parler des dizaines de tuyaux de plastique qui jonchent le sol sur toute la longueur du parcours. Quand on sera prêt à fabriquer la glace, on y fera circuler de l'eau salée très froide. Ce système de réfrigération devrait permettre à la surface glacée de survivre à des températures avoisinant les 15 degrés Celcius.

- Et la pluie qu'on attend dans les prochains jours ? Ne va-t-elle pas vous mettre des bâtons dans les roues ?

« Au contraire ! Elle pourrait nous aider à fabriquer la piste. »

- Règle générale, le temps chaud et les patinoires extérieures ne font pas bon ménage. Les rayons du soleil peuvent ramollir la glace. Quand la glace est molle, elle n'est pas rapide. Au hockey, ça favorise les blessures.

« Durant des journées très ensoleillées, il peut nous arriver de recouvrir certaines portions de la piste afin de la protéger. Sinon, je dirais que le temps très froid nous embête davantage que le temps doux. Il est plus difficile de maintenir une bonne qualité de glace quand il fait moins 25 degrés », jure M. Drouin.

Voilà. J'étais arrivé au bout de mon scepticisme. Cet avant-goût du printemps ne devrait pas gâcher le gros party qui est inscrit au calendrier d'Ottawa 2017. Le Red Bull Crashed Ice aura bel et bien lieu. Les 150 athlètes provenus d'une quinzaine de pays pourront dévaler une piste de qualité. C'est ce qu'on nous a promis.

C'est mieux ainsi. Sinon, je crois que Guy Laflamme aurait du mal à s'en remettre.

M. Laflamme, directeur général de l'organisme chargé de superviser les célébrations du 150e anniversaire de la Confédération, rêve au Crashed Ice depuis longtemps.

Il se plaît à raconter qu'il a passé neuf longues années à faire du lobbying auprès de Red Bull.

Il a pris le temps de me raconter cette histoire en détail, jeudi, durant cette visite guidée du site pour les médias.

Au départ, il rêvait de voir les athlètes s'élancer du haut de la pointe Nepean et glisser vers le sud-ouest. Ce tracé a été rejeté très rapidement lorsque les têtes dirigeantes de cette discipline sportive ont effectué leur premier voyage exploratoire dans la région. Le parc Major était juste un petit peu trop plat.

Il s'en est remis. Près du fil d'arrivée, dans un lieu classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, il ose même affirmer que « le Crashed Ice n'aura jamais été présenté dans un site aussi spectaculaire. »

Il dit aussi qu'il a dû « user de toutes ses ressources acquises au cours de sa longue carrière pour convaincre tous les organismes gouvernementaux d'embarquer avec lui dans ce projet.

Même sans savoir exactement tout ce que cela implique, on a soudainement beaucoup de sympathie pour lui.

Enfin, sans savoir si c'est le plus beau site de l'histoire, on peut vous garantir que, vu des blocs de départ, il est vachement impressionnant.




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