Le «phénoménal» Groulx

Derrière chaque grand joueur, il y a un... (Patrick Woodbury, Archives Le Droit)

Agrandir

Derrière chaque grand joueur, il y a un entraîneur. Derrière les gardiens des Sénateurs, il y a Pierre Groulx.

Patrick Woodbury, Archives Le Droit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

CHRONIQUE / «Le blanchissage le plus facile de la saison de Mike Condon. » C'est le collègue Marc Brassard, un spécialiste des gardiens, qui a écrit ça, jeudi soir, à Newark.

Je veux bien le croire. C'était quand même le cinquième jeu blanc de la saison de ce grand jeune homme qui gagnait sa vie dans la Ligue East Coast en 2014 et qui a été largué par deux organisations de la LNH en l'espace de quelques semaines avant d'aboutir à Kanata.

C'est remarquable.

J'arrête tout de suite. Je ne veux pas vraiment vous parler de Condon, ce matin.

Craig Anderson a lui aussi blanchi ses adversaires à quatre occasions, cette saison.

Dans le contexte qu'on connaît, c'est aussi fort impressionnant.

Tout ça fait en sorte qu'un record d'équipe vieux de 15 ans est à la portée des deux gardiens d'Ottawa.

Durant la saison 2001-02, à l'époque où les Sénateurs régnaient sur la LNH, Patrick Lalime et son adjoint Jani Hurme ont uni leurs efforts pour signer 10 parties parfaites.

Anderson et Condon ont deux mois pour les battre.

Mais je ne veux pas vraiment vous parler d'Anderson, non plus.

Ce matin, j'aimerais vous parler de Pierre Groulx.

Ça fait un bout de temps que j'avais envie d'écrire cette chronique. À suivre les séances d'entraînement depuis les gradins, j'avais l'impression que Groulx jouait un rôle important dans les succès de son organisation.

Ce n'est pas évident. Il a choisi de ne pas accorder d'entrevues aux médias.

Il nous salue régulièrement en passant, en nous envoyant un petit sourire en coin, ce qui nous confirme que tout se passe très bien. On peut parfois l'arrêter dans un corridor, mais les conversations ne durent jamais bien longtemps. Il trouve toujours une raison de se sauver, pour aller s'enfermer dans les quartiers généraux des entraîneurs.

Depuis le jour où il est débarqué à Kanata, sans expérience, embauché par Jacques Martin pour s'occuper des vidéos, il a toujours été d'une humilité désarmante. Il ne faudrait pas s'attendre à ce qu'il s'auto-congratule.

Il n'aurait pas besoin de le faire, de toute façon.

Je pourrais essayer de le faire aussi. Je ne réussirais probablement pas à le faire aussi bien que Guy Boucher.

Au beau milieu d'une conférence de presse, la semaine dernière, l'entraîneur-chef a qualifié de « phénoménal » le travail abattu par son adjoint responsable des gardiens, cette saison.

Il n'a pas utilisé ce mot à la légère. Boucher ne fait jamais rien à la légère.

« Il est phénoménal, tant avec Anderson qu'avec Condon. Ce que j'aime, c'est que les trois ont développé une relation exceptionnelle. Ils sont ensemble tous les jours. Ils regardent constamment des vidéos », a-t-il commencé.

« La cohésion entre les gardiens de but et l'entraîneur des gardiens est phénoménale », a-t-il enchaîné.

Il a clairement un faible pour ce qualificatif.

« Je savais que Pierre avait contribué à faire de Craig un gardien de buts numéro un dans la ligue. Ils ont travaillé ensemble en Floride. Je le connaissais un peu, Pierre. Je l'avais croisé du temps où je travaillais dans la Ligue américaine. À son contact, mes gardiens chez les Bulldogs de Hamilton avaient vraiment progressé. »

« En très, très peu de temps, il a su développer le même type de relation avec Condon. Nous ne sommes pas la seule équipe qui a perdu son gardien de buts numéro un. Si je regarde où nous nous trouvons, je me dis que nous sommes chanceux. Notre gardien numéro deux nous a permis de survivre. »

Boucher persiste et signe. Sans Groulx, Condon aurait difficilement pu remplir sa grosse mission.

Ce n'est pas mêlant. Quand Boucher a terminé son discours, je me suis demandé si Groulx allait recevoir quelques votes au scrutin du trophée Jack-Adams, à la fin de l'année...

Le métier d'entraîneur est impitoyable. La semaine qui se termine nous en a fourni une nouvelle preuve.

C'est vrai pour les adjoints, aussi.

En 2013, quand il a été congédié par Marc Bergevin, Pierre Groulx a vécu une période de doute. Il a été obligé de s'exiler en Allemagne pendant un an, puis de passer par la Ligue américaine pour gagner sa vie.

Quand tu sors de la LNH, il n'est pas toujours facile d'y revenir.

Il est toujours bon de se rappeler que de bonnes choses finissent souvent par arriver à ceux qui le méritent.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer