Il n'a pas de coeur, mais il a du cran

CHRONIQUE / Aujourd'hui, plus que jamais, la pression repose sur les épaules de... (Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit)

Agrandir

Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

CHRONIQUE / Aujourd'hui, plus que jamais, la pression repose sur les épaules de Marcel Desjardins.

Plus j'y pense, plus je me dis qu'à la Place TD, l'année 2016 aura été celle de Rick Campbell. Le contexte n'était pas facile. L'infirmerie était remplie à craquer de bons joueurs. Deux quart-arrières de premier plan tentaient de coexister pacifiquement dans le vestiaire.

L'entraîneur-chef a trouvé une façon de gagner. Ça n'a pas toujours été facile, ni élégant, mais Campbell a su faire le nécessaire pour s'assurer que l'année se termine par une grande parade sur la rue Bank.

En 2017, ce sera différent. Cette fois, ce sera le directeur général, pas le coach, qui devra travailler d'arrache-pied pour s'assurer que l'automne se termine, avec beaucoup de champagne et des confettis, dans une ambiance de gros party.

On savait depuis longtemps que le Rouge et Noir devrait laisser partir plusieurs champions de la dernière coupe Grey. C'était dans l'air.

On ne peut pas vraiment dire qu'on aurait fait les choses différemment. Difficile de jouer au gérant d'estrade dans une ligue où les données contractuelles les plus importantes - les salaires des joueurs - ne sont pas divulguées.

On a cependant pu constater que Desjardins peut se montrer impitoyable en affaires. Il s'est fixé des balises. Il a soumis des offres qu'il jugeait adéquates. Il n'a jamais bronché quand certains joueurs qui ont fait vibrer Ottawa ont voulu négocier pour obtenir davantage.

« Marcel est en train de nous prouver qu'il n'a pas de coeur », a déclaré un commentateur sportif anglophone, dans les derniers jours.

Il disait ça sur un ton davantage admiratif que critique. Desjardins, a-t-il continué, est un bon gestionnaire.

Le sang-froid et le détachement de Desjardins l'ont sans doute bien servi quand il a été confronté aux décisions les plus difficiles de la saison morte.

À l'attaque, il devait choisir un de ses deux receveurs américains d'impact. Il a misé sur la jeunesse de Greg Ellingson. Il a donc laissé partir Ernest Jackson, qui a été finaliste au titre de joueur le plus utile à son équipe dans toute la ligue la saison dernière.

En défensive, il a misé sur la polyvalence de Jerrell Gavins. 

Ce faisant, il a tourné le dos à Abdul Kanneh, un joueur hautement respecté à travers le pays. Un joueur respecté à un point tel que les adversaires du Rouge et Noir évitaient souvent de lancer le ballon dans sa direction en saison régulière.

Pour prendre des décisions comme celles-là, il faut des couilles. À défaut d'avoir un coeur, Marcel Desjardins nous a prouvé qu'il ne manque pas de cran.

D'ailleurs, au moment où j'écrivais ces lignes, Desjardins a remercié son meilleur joueur en défensive de la saison dernière, Damaso Munoz. Le secondeur qui a réussi 84 plaqués a été largué, comme ça. Terminé. Pouf !

Faut bien économiser quelque part.

On jurerait qu'il faisait exprès !

Le plus important, dans les prochains mois, sera maintenant de nous prouver qu'il a du pif. Il paraît qu'au Canada, les meilleurs directeurs généraux sont capables de trouver les meilleurs joueurs que personne ne connaît aux États-Unis. Ces joueurs, qui coûtent moins cher, sont ceux qui peuvent maintenir l'équilibre sous le très bas plafond salarial.

•••

J'étais à la Place TD, au début du mois d'août 2015, quand Chris Milo a participé à sa première séance d'entraînement avec le Rouge et Noir. Le botteur québécois était vraiment content d'obtenir cette chance de jouer si près de sa famille. Il se voyait à Ottawa longtemps. Le monde du sport peut être impitoyable. Il a raté quelques bottés de trop. Il a été remercié mardi. Dommage.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer