Julien retourne dans le zoo

Congédié le 7 février dernier par les Bruins,... (Patrick Woodbury, archives Le Droit)

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Congédié le 7 février dernier par les Bruins, Claude Julien avait un dossier de 419-246-94 en 759 matches de saison régulière avec eux.

Patrick Woodbury, archives Le Droit

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CHRONIQUE / Si je suis surpris ? Oui. Très surpris, même. Pas surpris du congédiement de Michel Therrien. J'étais de ceux qui pensaient qu'il aurait du mal à survivre à la semaine de relâche. C'est l'identité de son successeur qui m'a fait sursauter.

Je reconnais d'emblée que je ne connais pas beaucoup Claude Julien. Je ne m'attendais pas à le revoir derrière un banc de sitôt. Je pensais qu'il prendrait son temps, qu'il se laisserait courtiser. Il restait une année complète à écouler à son contrat, à Boston. Il avait donc tout le loisir d'attendre la saison morte, d'étudier toutes les offres et de choisir celle qui lui conviendrait le mieux.

Je ne m'attendais surtout pas à ce qu'il retourne à Montréal, dans le marché le plus capricieux, le plus exigeant de la LNH.

Montréal. Le zoo.

J'ai passé les dernières heures de mon mardi après-midi au téléphone, à discuter avec des gens qui sont ses amis.

La première réponse qu'on m'a offerte ? Marc Bergevin s'y est pris tout simplement. Il a contacté Julien et lui a fait une offre très généreuse, qu'il ne pouvait simplement pas refuser.

Les entraîneurs ne sont pas différents des autres professionnels, ils désirent d'abord être payés à leur juste valeur.

Je peux être d'une grande naïveté, parfois.

À cette personne qui me parlait d'argent, j'ai voulu lancer une théorie.

Et si Julien était motivé par autre chose ?

Il a gagné la coupe Memorial à Hull. Il a été médaillé au Championnat mondial junior. Il était un des entraîneurs de l'équipe canadienne qui a remporté l'or aux Jeux olympiques de Sotchi. Il a poursuivi son travail auprès de Hockey Canada lors du dernier tournoi de la Coupe du monde.

Il a quitté Boston avec une bague de la coupe Stanley au doigt. Il est surtout parti avec le titre d'entraîneur qui a gagné le plus de matches dans l'histoire des Bruins.

On lui offre maintenant la possibilité d'être l'entraîneur qui mettra un terme à la plus longue disette de l'histoire du Canadien. Dans le meilleur des scénarios, il pourrait devenir celui qui ramènera la coupe Stanley sur la rue Sainte-Catherine.

Faire partie des légendes de deux des six formations originales de la LNH. Ce serait un peu comme remporter le prix Nobel à deux reprises, dans deux disciplines différentes.

C'est le genre de truc qui pourrait flatter l'ego d'un fier compétiteur, non ?

«C'est une bien belle histoire, mais il y a un petit problème. Claude n'a pas d'ego», m'a-t-on répondu.

Il n'est pas vaniteux, donc. Il est quand même très fier. Plus tard, une autre connaissance m'a laissé entendre qu'il sera quand même content de continuer à travailler dans la division Atlantique. Il sera content d'affronter ses anciens joueurs de Boston - et leurs dirigeants - plusieurs fois par saison.

Tout ça pour dire que Claude Julien s'en retourne à Montréal. Il doit bien y avoir d'autres raisons.

Quelqu'un m'a dit que Bergevin et lui ont appris à se connaître en septembre, à Toronto, durant la Coupe du monde. Au fil de leurs discussions, les deux hommes de hockey auraient découvert des affinités.

À ce moment-là, Julien savait bien qu'il ne faisait pas l'unanimité à Boston. Mais les rumeurs de congédiement circulaient depuis tellement longtemps. Il ne pouvait pas deviner que le président Cam Neely passerait à l'acte moins de six mois plus tard.

Bergevin n'était pas à la recherche d'un nouveau coach, non plus. Il était persuadé que ses transactions complétées durant la saison morte donneraient à Therrien toutes les munitions dont il avait besoin pour relancer son équipe.

Les choses peuvent changer très rapidement dans le monde du hockey.

Quand Bergevin a vu que Julien était disponible, il s'est dit qu'il n'aurait jamais la chance d'embaucher un meilleur entraîneur bilingue.

En plus, la semaine de relâche débutait. Le timing était simplement parfait.

La question demeure quand même. Le zoo. Comment réagira Julien devant la vorace presse ? On me dit que lors de son premier séjour à Montréal, entre 2003 et 2006, certains confrères avaient le don de lui tomber sur les nerfs.

Claude est différent, maintenant. Il a changé. Il sera mieux préparé à faire face à cette réalité.

Je ne sais pas à quel point c'est vrai, mais deux personnes qui le connaissent m'ont dit ça, mardi soir.




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