Dix-huit mois dans l'adversité

Claude Julien lors de son passage au tournoi... (PATRICK WOODBURY, Archives Le Droit)

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Claude Julien lors de son passage au tournoi annuel de la Fondation Pat-Burns, à Gatineau

PATRICK WOODBURY, Archives Le Droit

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CHRONIQUE / Le 7 août 2015, nous étions très nombreux à nous trouver au club de golf Tecumseh, pour couvrir le premier tournoi annuel de la Fondation Pat-Burns. Tous les médias régionaux avaient dépêché des journalistes. La présence de nombreuses vedettes de la LNH avait aussi attiré quelques-uns de nos confrères montréalais.

En plein coeur des vacances estivales, RDS avait affecté un de ses jeunes loups. J'oublie son nom, mais je me souviens qu'il était débarqué avec le couteau entre les dents. Il était bien motivé, entre autres, à arracher quelques confidences à Claude Julien.

Le vieux coach avait essayé de résister. Je ne suis pas ici pour vous parler de mon avenir et des rumeurs de congédiement qui circulent. Je suis ici pour Pat, avait-il répondu au départ.

Puis, voyant que le kid qui tenait le micro ne lâchait pas le morceau, il avait fini par lui donner - un peu - ce qu'il cherchait.

« Quand tu es l'entraîneur qui compte le plus d'ancienneté derrière le banc d'une équipe de la LNH, t'es en quelque sorte assis au sommet du totem. Personne ne reste dans cette position éternellement. Je ne suis pas différent des autres, je vais finir par tomber. Ça ne me dérange pas trop », avait-il fini par cracher.

Le calcul est facile à faire. Julien a finalement chuté mardi. Nous étions alors le 7 février 2017. Dix-huit mois, jour pour jour, après sa déclaration au Tecumseh.

On peut facilement deviner que ces 18 mois n'ont pas été de tout repos.

À l'été 2015, les rumeurs de congédiement qui commençaient à circuler faisaient état de profonds différends entre l'entraîneur franco-ontarien et son nouveau patron, le pas-toujours-très-subtil Cam Neely.

Dans les souliers de Julien, on aurait possiblement eu du mal à s'entendre avec le président aussi.

Dans une longue entrevue accordée au Boston Herald, pas plus tard que le mois dernier, Neely jurait que les Bruins formaient toujours une grande équipe ? En guise d'arguments, il affirmait que l'équipe possédait toujours une brigade défensive de premier plan. Il citait aussi le jeune David Pastrnak, qui continue de se développer.

Il surévalue sans doute un tantinet ses défenseurs. Derrière le quart-arrière correct qu'est Torey Krug et le général quasi quadragénaire Zdeno Chara se cachent une poignée de joueurs pas trop impressionnants.

Pastrnak ? Il est doué. Pas au point de traîner une équipe sur ses épaules comme Connor McDavid à Edmonton, mettons.

Julien a donc survécu pendant 18 mois dans ce climat pourri.

Chapeau.

Neely a fini par « tirer sur la plogue » quelques heures avant le défilé du Super Bowl des Patriots de la Nouvelle-Angleterre. S'il voulait que sa décision passe inaperçue, il n'aurait pas pu mieux s'y prendre.

À Boston, on a écrit que cette décision repoussait les limites de la lâcheté.

Par ailleurs, puisqu'on parle de timing... Sur les ondes de TSN 1200, en début de journée, l'analyste Pierre McGuire a laissé entendre que Neely a sérieusement songé à procéder au grand changement au terme de la dernière saison. Il s'est retenu, entre autres, parce que les Sénateurs étaient à la recherche d'un nouvel entraîneur.

Il ne voulait surtout pas, à ce moment-là, que Julien se retrouve derrière le banc d'un autre club de la section Atlantique.

J'ai du mal à le croire, mais c'est vrai, ce serait un autre fichu bel exemple de lâcheté.

Chris Kelly a joué pour Claude Julien pendant cinq ans, à Boston.

De retour à Ottawa, le vétéran ne doit plus rien à son ancien coach.

Il n'avait quand même que de belles choses à dire à son sujet, mardi.

« Je l'ai adoré, m'a-t-il confié. Après toutes ces années, son message continuait de bien passer dans le vestiaire. Les gars continuaient de croire en lui. Je n'ai pas eu le temps de parler avec mes amis de Boston puisque ça vient d'arriver, mais je te gage que plusieurs auront le coeur gros. Ils se sentiront coupables. »

Il n'avait pas fini. « Claude ne se soucie pas uniquement du bien-être de ses joueurs. Il se préoccupe de leurs familles, aussi. Parce qu'il a pris le temps de tisser de tels liens avec moi, j'ai toujours voulu tout donner pour lui. »

C'est un peu pour ça qu'il ne chômera pas trop longtemps.

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