Grandmaître et ses 25 recrues

Patrick Grandmaître donne le crédit à ses joueurs... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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Patrick Grandmaître donne le crédit à ses joueurs pour les récents succès de l'équipe.

Patrick Woodbury, Le Droit

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CHRONIQUE / Je me souviens de quelques conversations que j'avais eues au début de l'automne, avec des gens qui connaissent un brin le hockey universitaire.

Tout le monde semblait s'entendre. Les Gee Gees d'Ottawa devaient connaître une saison de grosse misère.

Ils seront chanceux de gagner trois ou quatre matches, qu'on me disait. Ils devraient être capables de rivaliser avec les Paladins du Collège militaire royal. Face aux autres équipes, ce sera extrêmement laborieux.

Pour la suite des choses, eh bien, ce sera comme tout le reste. Patrick Grandmaître tente de relancer un programme qui a été inactif pendant deux ans. Il devra se montrer patient.

Le premier mois de la saison a donné raison aux pessimistes. En octobre, les Gee Gees ont conservé une fiche de 1-7-1. Leur seule victoire a justement été arrachée aux pauvres Paladins.

Par la suite, il s'est forcément passé quelque chose. Quoi, exactement ? Je l'ignore. C'est pourquoi j'ai voulu le demander à Grandmaître directement.

J'ai vite compris qu'il est aussi surpris que tout le monde.

« Tu sais, quand tu formes une équipe d'expansion dans la LNH, tu réunis un groupe de joueurs qui ont une certaine expérience. Quand la saison débute, tu as donc une assez bonne idée de ce à quoi ton équipe va ressembler. Nous, on arrivait avec 25 joueurs qui n'avaient jamais joué à ce niveau-là. Nous ne pouvions pas savoir à quoi nous attendre », m'a-t-il dit.

Dans le sport interuniversitaire canadien, les séries éliminatoires débutent à la mi-février. Les 25 recrues de Grandmaître devraient y participer. Qui osera parier contre eux, maintenant ? Ils ont subi seulement deux revers en temps réglementaire à leurs 17 derniers matches.

On m'avait prévenu. Le coach des Gee Gees est un homme réservé, humble.

Je m'attendais donc un peu à ce qu'il accorde tout le mérite à ses joueurs.

« Je pense que nous avons ciblé le bon type de joueurs. Ils ne provenaient peut-être pas tous du junior majeur. Dans les circuits inférieurs, leurs entraîneurs les qualifiaient tous de travailleurs infatigables. Nous avons cherché des joueurs de caractère qui poussent dans l'adversité. Au fond, je voulais des gars qui étaient capables d'avaler la pilule durant une série de sept ou huit défaites consécutives », m'a-t-il expliqué.

Donc, ce sont les joueurs qui font le travail, mais encore a-t-il fallu recruter ceux qui étaient capables de faire le travail.

« Le crédit revient vraiment aux joueurs. Je fais vraiment confiance à mes quatre trios. Ceux qui fonctionnent le plus ont plus de glace. Et ça change de match en match. Chaque soir, un joueur, un trio, un groupe différent élève son jeu d'un cran. C'est un peu bizarre à dire, mais notre avantage numérique a débloqué en décembre, depuis qu'on donne la chance à tous nos joueurs d'y contribuer. Je ne fais pas de favoristime. À date, ça fonctionne bien », a-t-il précisé, quelques minutes plus tard.

Donc, si je comprends bien, les joueurs s'épanouissent dans un environnement où l'homme qui les dirige leur fait confiance.

Pour ceux qui l'ignorent, on pourrait ici spécifier que Grandmaître, à l'image de ses protégés, n'est pas très expérimenté.

« Je le dis très ouvertement. Je suis très chanceux. Beaucoup de gens questionnaient mon embauche. Moi, j'étais confiant. J'ai toujours cru en mes habiletés d'enseigner, de mener. Je voulais vraiment le faire au niveau universitaire. Je voulais aussi le faire chez nous. Je suis né à Ottawa. J'ai grandi à Hull », rappelle-t-il.

Remarquez, s'il continue à connaître du succès, les dirigeants d'équipes de calibre supérieur, ailleurs, finiront par lui faire de l'oeil. C'est immanquable.

Le moment est triplement bien choisi de parler de Patrick Grandmaître et de ses Gee Gees. Ils ont un gros match à jouer, jeudi, contre leurs grands rivaux de l'université Carleton.

En plus, ce sera la soirée de sensibilisation aux problèmes de santé mentale au profit de Do It For Daron.

Grandmaître a été touché de près par la maladie. Son grand frère s'est enlevé la vie il y a quelques années.

Il vient de tourner une vidéo pour en parler. On peut facilement la trouver sur YouTube. Elle vaut la peine d'être regardée.

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