Sans même le savoir, Pavel Rosa est nostalgique

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Pavel Rosa soutient garder de meilleurs souvenirs du championnat de la Coupe du Président que celui de la Coupe Mémorial. Ayant grandi en Tchéquie, il pouvait difficilement se douter de l'importance du deuxième trophée.

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CHRONIQUE / Les joueurs de l'édition championne de 1997 n'ont pas tous pu faire le voyage à Gatineau, ce week-end. Mon ami Martin Biron, par exemple, prétend qu'il n'a jamais reçu son carton d'invitation.

Il a eu vent des célébrations qui se préparaient en errant sur Twitter, plus tôt cette semaine. « C'était la première fois que j'en entendais parler », m'a-t-il juré.

Pavel Rosa, lui, savait fort bien qu'une grande fête se préparait. Le meilleur marqueur des Olympiques lors de cette saison magique avait une bonne raison de décliner. Sa carrière d'entraîneur, qui vient à peine de débuter, le retient en Suisse.

Quand son grand copain Martin Ménard a su qu'on voulait lui parler, il nous a prévenus. « Vous allez voir que Pavel n'est pas trop du genre nostalgique pour ce genre de choses. »

C'est vrai.

Au bout du fil, vendredi matin, l'homme qui frise la quarantaine s'en excusait presque. « Honnêtement, je ne savais pas vraiment ce qu'était la coupe Memorial. J'ai grandi en Tchéquie. Mes rêves de petit gars, c'était de remporter les honneurs dans notre ligue professionnelle et une médaille d'or avec notre équipe nationale au championnat mondial. Je me disais qu'avec un peu de chance, je pourrais aussi remporter la coupe Stanley. »

« Même si j'ai passé deux ans dans le junior, ce n'est pas rentré assez creux pour devenir quelque chose d'émotionnel. En fait, je dis toujours que j'ai plus apprécié notre conquête de la Coupe du président. Ça nous avait pris plus de temps, le chemin avait été plus long. La coupe Memorial... Je ne pouvais pas comprendre qu'un tournoi d'une seule semaine puisse avoir autant d'importance. »

Ça ne veut pas dire que Rosa n'est pas fier ou attaché aux succès qu'il a connus à titre de jeune adulte, en Outaouais.

Vingt ans plus tard, il vit toujours avec une « fille de Hull ». Ses deux fils, qui sont âgés de sept et 10 ans, sont nés en Outaouais. La famille passe tous ses étés dans le coin.

Sa nostalgie se manifeste quand il parle de sa carrière professionnelle.

En mai 1997, le jeune Rosa semblait parti pour la gloire, destiné à connaître une belle carrière dans la LNH. Quelques mois plus tard, à son premier match dans la Ligue américaine avec le club école des Kings de Los Angeles, il a subi une grosse commotion cérébrale. Il a passé le reste de la saison 1997-1998 sur le carreau.

À l'époque, on ne parlait pas des blessures à la tête comme on en parle aujourd'hui. « Cette blessure a quand même changé ma vie professionnelle et personnelle. Je n'ai plus jamais été le même joueur par la suite. »

Au moins, il a pu réaliser son rêve. Il a joué 36 matches, en tout, avec les Kings.

Son grand chum Ménard n'a pas eu cette chance. Sa carrière s'est limitée à environ 250 matches dans les ligues mineures.

« Lui aussi, il aurait mérité une meilleure carrière. S'il avait pu arriver quelques années plus tard et profiter des nouveaux règlements qui favorisent les petits joueurs, il aurait joué dans la LNH. J'en suis 100 % convaincu. »

Quand il fait le bilan, Rosa se dit aussi qu'il n'a jamais pu trouver un partenaire de trio avec qui les choses ont autant cliqué. 

En 18 saisons, il a porté les couleurs de 16 équipes dans huit pays différents. Il n'a jamais trouvé un autre Ménard.

« Mon meilleur partenaire de trio fut mon frère. J'ai pu jouer avec lui quand j'étais jeune, en Tchéquie. Ménard arrive tout de suite après. »

C'est pas de la nostalgie, ça, mon Martin ?

***

Je vous parlais en début de chronique d'une carrière d'entraîneur qui débute. Pavel Rosa s'occupe depuis cet automne du développement des jeunes au HC Fribourg-Gottéron, un club professionnel helvète.

Ce mandat lui a été octroyé par un certain Christian Dubé. Oui, le même Dubé avec qui il a tout gagné, en 1997, à Hull.

Rosa rêve de travailler dans la LNH, un jour. Conscient qu'il doit lentement gravir les échelons, il serait prêt à faire ses classes dans la LHJMQ. Je vais laisser ça ici, tout bonnement, au cas où...

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