Mon coach, mon idole

« Les filles passent plus le puck que les... (Etienne Ranger, Le Droit)

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« Les filles passent plus le puck que les gars et elles ont une meilleure vision du jeu », croit Laurence Gervais.

Etienne Ranger, Le Droit

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CHRONIQUE / Laurence Gervais a toujours voulu plaire à ses entraîneurs. C'est comme ça depuis le jour où elle a commencé à évoluer dans le hockey organisé. Elle n'y peut rien. C'est dans sa nature.

Il y a fort à parier qu'elle sera encore plus facile à diriger que d'habitude, le mois prochain, quand elle se retrouvera à Québec pour participer au prestigieux tournoi pee-wee.

Quand elle foulera la patinoire du Centre Vidéotron, elle n'appartiendra pas à n'importe quelle équipe. Elle sera la seule représentante de l'Outaouais au sein d'un club d'étoiles 100 % féminin qui évoluera dans une catégorie masculine.

Les adolescentes les plus prometteuses du Québec seront dirigées par des olympiennes : Kim Saint-Pierre, Catherine Ward, Marie-Philip Poulin, Caroline Ouellette...

Il faut probablement mentionner, ici, que Ouellette est, en quelque sorte, son idole...

Laurence l'admire à un point tel qu'elle a décidé de lui consacrer un exposé oral au grand complet, cet automne, à l'école secondaire Nicolas-Gatineau. « Elle a gagné beaucoup de médailles. C'est quand même impressionnant. Ça va être vraiment spécial. C'est quand même Caroline Ouellette », me disait-elle, avec un peu de gêne, lorsque je lui ai rendu visite mardi.

Dans la vie de tous les jours, Laurence semble aussi de nature timide. C'est sur la patinoire - elle évolue cette année à l'attaque chez les Voyageurs de Gatineau pee-wee A - qu'elle sort de sa coquille.

Et ça, ce sera fort utile à Québec. L'an dernier, les filles de Caroline Ouellette ont gagné un de leurs trois matches, mais elles ont vendu chèrement leur peau. Elles ont encaissé seulement trois buts, dont un dans un filet désert.

Cette année, il faudra faire encore mieux.

« Le tournoi pee-wee de Québec n'est pas à prendre à la légère. On veut conserver ce privilège et obtenir le droit d'y participer annuellement. C'est le message clair qu'on tient à lancer à nos joueuses. On veut bien performer. On veut de l'intensité. On veut de la fierté. On veut de la combativité », résumait l'ancienne capitaine de l'équipe nationale canadienne, lorsque je lui ai parlé plus tôt cette semaine.

« Pour moi, affronter des garçons aura été un défi tout au long de ma carrière. J'ai toujours considéré que ça me permettait de gagner de la crédibilité pour mon sport, un match à la fois. »

Laurence a déjà une bonne idée de ce qui l'attend. Dans le simple processus de sélection pour l'équipe d'étoiles nous en dit déjà long sur les exigences et sur la façon de travailler de son entraîneur-chef.

Les filles qui, comme elles, souhaitaient être retenues devaient d'abord s'inscrire à la Célébration Hockey Féminin Caroline Ouellette, à la mi-décembre.

Là-bas, on a demandé aux joueuses les plus prometteuses de disputer quatre parties en autant de jours. Au terme de ce mini-tournoi, les 34 meilleures ont été retenues pour disputer une cinquième joute. Une dizaine d'évaluateurs se sont alors réunis, en caucus, afin de sélectionner les 19 susceptibles de former la meilleure équipe.

L'évaluation n'a clairement pas été faite à la légère.

Au téléphone, mardi, j'ai demandé au coach comment sa joueuse de l'Outaouais avait fait pour retenir son attention. Je m'attendais à une réponse vague.

J'ai été surpris.

« Nous avons beaucoup aimé sa vision du jeu. Elle est très intelligente. Elle réussissait à créer de belles chances offensivement. Elle a su élever son jeu d'un cran match après match. Elle a un bon physique, mais c'est sa patience avec la rondelle qui lui a permis de se démarquer. Elle prend de bonnes décisions. Elle est surtout très fiable défensivement. Elle s'est démarquée grâce à sa constance. »

La jeune Laurence a été encore plus surprise que moi quand je lui ai rapporté ces propos.

« Wow. C'est le fun de savoir ça, répondit-elle. Je ne pensais pas qu'elle avait pris le temps d'évaluer chaque fille autant que ça. »

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