Le problème et sa complexité

Quel «problème» a poussé Guy Boucher à laisser... (Patrick Woodbury, Archives Le Droit)

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Quel «problème» a poussé Guy Boucher à laisser Bobby Ryan dans les gradins contre les Capitals de Washington? Et si le principal enjeu avec l'attaquant serait sa faible production?

Patrick Woodbury, Archives Le Droit

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CHRONIQUE / Dimanche matin, la conférence de presse d'avant-match de Guy Boucher s'est déroulée à peu près comme suit.

« Dites, pouvez-vous nous en dire plus long sur ce qui s'est produit hier ? Pouvez-vous nous parler des raisons qui vous ont poussé à laisser Bobby Ryan de côté dans le match contre les Capitals ?

- Non. Hier, Bobby n'était pas disponible. Aujourd'hui, c'est différent. C'est tout ce que je me contenterai de dire là-dessus.

- Était-il blessé ?

- J'ai déjà dit ce que je voulais vous dire.

- Y a-t-il un lien à tisser avec les mesures disciplinaires que vous avez prises plus tôt cette saison ?

- Je n'ai plus rien à dire. Il est disponible aujourd'hui. Nous sommes bien contents de le revoir parmi nous. Bobby demeure un très bon joueur.

- Avez-vous essayé de lui lancer un message ? L'avez-vous envoyé réfléchir dans les gradins ?

- Vous essayez de me faire dire des choses que je ne veux pas dire. »

À force de se faire cuisiner, le coach a fini par nous cracher quelque chose. Il a parlé brièvement d'une « situation complexe » dont il fallait absolument s'occuper.

On va se dépêcher de lancer des fleurs. Boucher nous prouve une fois de plus qu'il est un homme d'une grande honnêteté.

Il aurait été facile pour lui de baratiner. Il aurait simplement pu nous dire que Ryan était indisposé par un virus. Nous sommes en plein coeur de la saison de la grippe. On l'aurait cru.

Au lieu de mentir pour se défaire du problème, Boucher a choisi de ne rien dire.

Si le « problème » de Ryan était de nature personnelle ou familiale, les Sénateurs auraient simplement pu le présenter ainsi. Ç'aurait eu le même effet. L'affaire aurait été très rapidement étouffée. 

Bien qu'admirable, l'honnêteté de Boucher n'a fait qu'alimenter la rumeur.

La franchise de l'entraîneur est doublée d'une bonne couche de rigidité. Il a tôt fait d'afficher ses couleurs à son arrivée à Kanata. Dans un match préparatoire, à la fin du mois de septembre, il a cloué deux vétérans au banc pendant une période pour leur faire comprendre qu'il n'était pas acceptable de se pointer à une réunion d'équipe en retard.

Ryan était justement un des joueurs qui ont écopé, à ce moment-là.

Aurait-il commis un autre impair ? Un second écart de conduite ? L'amende à payer en cas de « deuxième offense » ne peut être que plus salée. Un match dans les gradins ? Ce ne serait pas impossible.

Toujours est-il qu'une formation qui avait marqué tout juste huit buts et signé seulement une victoire à ses quatre derniers matches a préféré utiliser un septième défenseur au talent offensif très limité que son attaquant le mieux rémunéré.

Une autre question, très légitime, a été posée à Guy Boucher avant le match de dimanche. Connor McDavid sera de l'autre côté... Comment comptez-vous le ralentir ?

Sa réponse : « Bof... Hier, c'était Ovechkin. Aujourd'hui, c'est McDavid. Jeudi, nous allons affronter Sidney Crosby. Samedi, ce sera Auston Matthews. Chaque équipe a sa superstar, son joueur qu'il faut surveiller... »

J'avais l'impression qu'il parlait encore - indirectement - du « problème » que pose Ryan, dans toute sa complexité.

Les Sénateurs ont aussi leur joueur de concession. Avant d'atterrir à Ottawa, les clubs adverses élaborent des plans de matches visant à ralentir Erik Karlsson.

Le capitaine n'est pourtant pas le joueur le mieux rémunéré de son équipe.

En acceptant de lui verser un salaire annuel de 7,25 millions $ US jusqu'en 2022, les Sénateurs s'attendaient à ce que Ryan soit un chef de file. Même si sa production avait un peu chuté à sa première saison à Ottawa, la direction était convaincue qu'il pouvait redevenir le marqueur de 30 buts qu'il avait été en début de carrière à Anaheim.

Les attentes ont depuis été tempérées. « Il a marqué 30 buts à une époque où il jouait avec deux superstars. On lui demandait de se planter dans l'enclave pour décocher de bons lancers, note Boucher. Bobby se décrirait davantage comme un fabricant de jeux, maintenant. »

Plus de buts ou plus de mentions d'aide... C'est du pareil au même. Le manque de production ne fait qu'ajouter au problème.

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