Toute une vie dans une décennie

Guillaume Latendresse portait le numéro 22 quand il évoluait... (Archives, Le Droit)

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Guillaume Latendresse portait le numéro 22 quand il évoluait dans la LHJMQ avec les Voltigeurs de Drummondville.

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CHRONIQUE / Dur à croire, parfois, que Guillaume Latendresse n'a pas 30 ans.

C'est pourtant le cas. C'est écrit un peu partout, dans les publications des équipes de hockey avec lesquelles il a évolué. Il a vu le jour en 1987. Le 24 mai, pour être plus précis.

L'organisation des Voltigeurs de Drummondville s'apprête donc à honorer un tout jeune homme. Une « vieille âme » de 29 ans et neuf mois regardera son numéro 22 grimper au plafond du Centre Marcel-Dionne, samedi.

Latendresse a récemment complété le discours qu'il compte prononcer durant la cérémonie. Rien de bien surprenant, du moins dans le bref passage qu'il a partagé avec moi durant notre plus récente conversation.

Il entend s'adresser aux joueurs des Voltigeurs - et à ceux des Olympiques, qui seront les visiteurs pour l'occasion. Il va leur dire ce qu'on leur a déjà dit. Prenez le temps de bien savourer vos années dans le hockey junior. Ça passe rapidement. Un jour, vous allez vous réveiller et ce sera fini.

Et quand ça sort de sa bouche, ça semble particulièrement vrai.

Il a joué son dernier match avec les Volts au printemps 2006. Il ne pouvait pas le savoir, mais il s'apprêtait à s'embarquer dans une aventure qui donnerait le tournis à n'importe qui.

Les partisans du Canadien - et les représentants des médias - voulaient alors qu'il devienne la prochaine superstar francophone de la Sainte-Flanelle. Pour une série de raisons, ça n'a pas fonctionné.

On croyait bien qu'une transaction allait lui permettre de sauver sa carrière. Il a marqué 25 buts à ses 55 premières parties dans l'uniforme du Wild du Minnesota. C'est alors que les blessures s'en sont mêlées. Il raconte aujourd'hui qu'il a subi cinq commotions cérébrales en trois ans.

En 2012-13, lorsqu'il est venu à Ottawa pour compléter sa carrière dans la LNH, il était un joueur transformé. « Il avait beaucoup de bonne volonté, mais il était trop craintif. Il avait peur de se blesser chaque fois qu'il sautait sur la glace », m'a confié son patron, Bryan Murray, quand il a choisi d'accrocher ses patins.

Latendresse n'avait pas fini de s'étourdir. Des producteurs de RDS ont eu la bonne idée de lui donner sa chance à titre de joueurnaliste. Il est débarqué dans les grands studios comme on débarque dans son propre salon.

Au même moment, une deuxième offre l'attirait davantage vers le coaching. On le trouvait bien jeune pour accepter un boulot d'entraîneur-chef dans la Ligue midget AAA du Québec.

Son manque d'expérience ne paraît pas trop quand on consulte le classement. Encore une fois, cette année, ses Riverains du Collège Charles-Lemoyne luttent pour la première position de leur division.

« Ma carrière de coach me fait réaliser que j'en ai vécu, des affaires. La plupart des situations que mes jeunes vivent, je suis déjà passé par là », dit-il.

« Dans le coaching, je crois beaucoup au développement. Je crois que chaque joueur qui se retrouve dans l'alignement mérite une chance de sauter sur la patinoire. »

Parce que le hockey, même à ce niveau, doit être synonyme de plaisir.

Latendresse y croit, au midget AAA. Et il croit au junior majeur. Il y a un autre truc qu'il partagerait volontiers avec les joueurs des Voltigeurs et des Olympiques, ce week-end, si jamais on lui en donne l'occasion.

« Le junior majeur, c'est le dernier niveau où tu joues pour vrai. Dans le junior, il n'y a pas de business. Personne ne parle d'argent. Il y a juste une gang de chums. Tu sais, c'est drôle... J'ai déjà perdu le contact avec tout plein de gars qui étaient mes coéquipiers dans le pro. Samedi, j'ai entre 15 et 18 vieux chums des Voltigeurs qui vont revenir à Drummond pour célébrer avec moi... »

Dur de croire que Latendresse n'a pas encore 30 ans quand il se porte à la défense des joueurs de la nouvelle génération. Il fallait l'entendre, mercredi, lors de son intervention à l'émission Hockey 360. Il était question de Pierre-Luc Dubois. Celui qui devait être le meilleur Québécois d'Équipe Canada Junior fut probablement le plus discret. En septembre, on disait qu'il avait un poste à perdre dans la LNH. En janvier, il ne parvient même pas à réellement s'imposer face à des joueurs de moins de 20 ans.

« Me semble qu'on oublie qu'il a tout juste 18 ans », poursuivait-il, jeudi, au bout du fil.

« Il est normal, à 18 ans, de connaître des séquences difficiles. Là, je ne te dis pas que Dubois n'est pas capable de composer avec la pression. Au contraire. Je suis convaincu qu'il va connaître une belle carrière dans la LNH. Mais anyways... Le Canada est rendu en finale. Il ne doit pas être si mauvais que ça... »

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