Le succès, ça se prépare

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En tant que seul défenseur d'expérience d'Équipe Canada, Thomas Chabot veut faire oublier le fiasco de l'an dernier en Finlande.

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CHRONIQUE / Entre deux périodes du match d'Équipe Canada Junior, lundi soir au Centre Bell, notre collègue Jean-François Plante a passé quelques minutes en compagnie de Pierre Dorion.

Quand le directeur général des Sénateurs est reparti, le journaliste du Droit s'est précipité sur Twitter.

« Je ne peux pas vous décrire son sourire », a-t-il gazouillé.

Ce n'était vraiment pas nécessaire, JF.

Ce sourire, je peux facilement l'imaginer. J'ai déjà eu le privilège de le voir à quelques occasions.

Même s'il occupe aujourd'hui un poste dans la haute direction d'un club de la Ligue nationale de hockey, Dorion demeure un dépisteur dans l'âme. Sur cette terre, peu de choses lui font autant plaisir que de voir un de « ses » espoirs briller au plus haut niveau.

Le Championnat mondial junior est l'événement de hockey le plus médiatisé à l'extérieur de la LNH. Pour un joueur de moins de 20 ans, il n'existe pas d'environnement plus stressant.

La situation de Thomas Chabot est particulière, cette année. En tant que seul défenseur d'expérience d'Équipe Canada, il veut faire oublier le fiasco de l'an dernier en Finlande. Comme si ce n'était pas suffisant, il doit aussi s'imposer la pression de gagner devant toute sa famille, dans l'amphithéâtre mythique des héros de son enfance.

Chabot ne se contente pas de bien faire son boulot depuis le début du tournoi. À deux occasions, déjà, il a mérité le titre de joueur le plus utile à son équipe. Il aurait facilement pu mériter ce titre une troisième fois, lundi. On l'a plutôt décerné à Julien Gauthier.

Ça n'a sans doute rien enlevé au bonheur de Dorion, qui doit être de plus en plus convaincu d'avoir repêché un autre défenseur de grand talent, en première ronde, à l'été 2015.

***

Il ne faut surtout pas s'imaginer que le succès de Chabot au CMJ est accidentel. C'est tout le contraire.

Le succès, dans le sport comme ailleurs, ça se prépare.

Je n'oublierai pas de sitôt le jeune homme qui a quitté le Centre Canadian Tire avec son sac d'équipement sur le dos, au début du mois de novembre.

Je venais d'apprendre que Chabot était renvoyé aux Sea Dogs de Saint-Jean. Je roulais vers Kanata en essayant de m'imaginer ce qui se passait dans sa tête. J'étais convaincu que j'aurais à interviewer un jeune homme détruit.

Ce jour-là, Chabot avait d'excellentes raisons d'en vouloir à l'univers. Il avait mérité sa place à Ottawa en connaissant un gros camp. Son DG avait même déclaré publiquement qu'il avait été un de ses meilleurs défenseurs dans le calendrier préparatoire.

On l'a ensuite laissé poireauter dans les gradins pendant trois longues semaines avant de le retrancher.

Chabot aurait eu le droit d'être en rogne - surtout qu'il subissait ce jour-là une importante diminution de salaire.

Sa réaction m'a surpris. Il était résigné sans avoir l'air déçu. Il acceptait son sort avec une décoiffante maturité. Mieux, encore. Il salivait déjà en parlant du temps des Fêtes. Il était affamé.

On voit le résultat aujourd'hui.

Et pour ceux que ça pourrait intéresser... J'ai discuté avec Chabot au début du mois de décembre. Au bout du fil, il semblait tout aussi motivé. Et il ne parlait plus uniquement du CMJ. Il se permet aussi de rêver à voix haute au tournoi de la Coupe Memorial.

Pour cette raison, en ce moment, je ne parierais pas contre Saint-Jean...

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