Les remords de Steve Downie

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Steve Downie se rappelle de l'incident qui a cloué Dean McAmmond au sol. Sur Twitter, il s'est vidé le coeur en partageant ses excuses, tout en dénonçant le laxisme de la LNH face à la protection des joueurs.

Patrick Woodbury, Archives Le Droit

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CHRONIQUE / L'année tire à sa fin. C'est le moment parfait pour les bilans, les regards en arrière, les remises en question.

Pour certains, c'est plus sérieux que d'autres.

Prenez Steve Downie, par exemple. L'ancien agitateur de la Ligue nationale de hockey a choisi de se vider le coeur publiquement la semaine dernière.

On parle de Downie au passé, ici, parce qu'il n'a pas joué jusqu'ici cette saison. S'il est incapable de trouver du travail, il est permis de croire que sa carrière tire à sa fin. 

Il a 29 ans et il n'a pas atteint le plateau des 500 parties dans la LNH.

On ignore dans quel type d'état d'esprit Downie se trouvait, juste avant Noël, quand il a choisi de s'épancher sur Twitter. Il a commencé par quelques gazouillis ciblant l'organisation des Coyotes de l'Arizona, au sein de laquelle il a brièvement oeuvré la saison dernière.

Il s'en est ensuite pris à la direction de la LNH qui ne protège pas suffisamment ses joueurs. Il semble en avoir particulièrement contre le Directeur des opérations hockey du circuit, Colin Campbell.

On a ensuite eu droit aux grands remords. C'est là que le discours de Downie est venu nous chercher.

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Twitter

« Je n'ai jamais cessé de penser à Dean McAmmond, à tout ce que sa famille a été obligée de vivre à cause de moi. »

Je me souviens parfaitement de cet incident, qui s'est produit à Kanata, dans un match préparatoire à la toute fin du camp d'entraînement de 2007.

McAmmond, vétéran plombier des Sénateurs, tentait un retour au jeu, quelques mois après avoir subi une commotion cérébrale sévère.

Downie, recrue prometteuse, tentait de se tailler un poste à l'attaque chez les Flyers de Philadelphie.

McAmmond a contourné son filet à vive allure, avec la tête basse, à la poursuite d'une rondelle libre.

Downie a choisi de lui faire payer. Il est arrivé en sens inverse, encore plus rapidement. Il a quitté la glace, de manière à compléter une mise en échec encore plus percutante.

McAmmond était sans connaissance avant même de tomber sur la glace.

Dans la galerie de la presse, j'ai craint pour sa sécurité. Ses compagnons de trio Shean Donovan et Christoph Schubert voulaient tellement venger leur coéquipier qu'ils essayaient de s'en prendre à tout ce qui portait de l'orangé. Ils ne se souciaient même pas du coéquipier en question qui gisait inanimé à leurs pieds.

Avant même de jouer son premier match en saison régulière dans la LNH, Downie a choppé une suspension de 20 parties.

Près de 10 ans plus tard, dans les réseaux sociaux, ses regrets semblent sincères. « Ce que j'ai fait est dégoutant. J'aurais peut-être mieux fait de ne jamais jouer au hockey. »

Il défend quand même un peu son bilan en disant qu'il est le produit d'un système. « Je n'ai fait qu'écouter les consignes de Don Cherry. Voilà ce qui arrive quand on regarde les compilations Rock'Em Sock'Em sans arrêt entre l'âge de cinq et 18 ans. »

Comme si le pape des amateurs de hockey du Canada anglais pouvait avoir autant d'impact...

•••

J'ai de la misère à digérer cette dernière portion.

Tous les joueurs qui ont évolué dans la LNH au cours des 25 dernières années ont grandi dans le même système. Ils ont tous, à différents degrés, appris à jouer dans un monde où l'intimidation et les agressions font partie du quotidien.

Ils ne sont pas tous devenus des pestes qui sautent sur la patinoire avec l'intention de blesser leurs adversaires.

La LNH pourrait quand même prendre bonne note de la récente sortie de Downie.

D'abord, parce qu'on nous dit souvent qu'un grand nombre de joueurs traversent des périodes de crise dans les années qui suivent leur sortie. Dans certains cas, ça s'est très mal fini.

L'isolement ferait des ravages. Les retraités du sport, qui ont appartenu à des équipes tout au long de leur vie, ont parfois du mal à faire face à un avenir dans lequel ils devront poursuivre leur chemin tout seul.

Quand un jeune homme lance ce qui ressemble à un appel à l'aide, il faudrait au strict minimum lui tendre l'oreille.

L'autre truc, c'est qu'on dit de plus en plus souvent que les agitateurs et autres « petites pestes » vont se multiplier dans un sport où les bagarres sont en voie d'extinction.

Ça vaut la peine d'y réfléchir. Ce n'est peut-être pas la meilleure chose qui pourrait arriver au hockey.

Downie s'en veut d'avoir tenté d'arracher la tête à Dean McAmmond, des Sénateurs, en 2007.

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