L'entraîneur a crié, ils ont écouté

L'entraîneur-chef des Sénateurs, Guy Boucher... (Patrick Woodbury, Archives Le Droit)

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L'entraîneur-chef des Sénateurs, Guy Boucher

Patrick Woodbury, Archives Le Droit

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CHRONIQUE / Un entraîneur qui pète les plombs, qui engueule ses joueurs comme du poisson pourri, ce n'est pas quelque chose d'exceptionnel en soi. Ça se produit chaque année. Dans chaque ville où évolue un club de la Ligue nationale de hockey.

Plusieurs fois par année, même.

Guy Boucher a bien fait d'insister là-dessus durant sa conférence de presse d'avant-match, mercredi. 

« La seule différence, c'est que normalement, les gens n'en sont pas nécessairement conscients. »

« Tu essaies de ne pas le montrer. »

Tout ça ne veut pas dire que la grosse colère piquée par le coach durant la séance d'entraînement de mardi n'est pas sans signification.

Boucher ne fait jamais rien pour rien. C'est ce que tout le monde nous répète depuis son arrivée à Ottawa. Avec lui, tout est pensé, tout est calculé.

La question se posait alors tout naturellement. Pourquoi donc s'emporter au beau milieu de la patinoire, en pleine séance d'entraînement, alors que des caméras de télévision étaient braquées vers lui ? « Durant les entraînements, je me comporte toujours comme si personne ne nous observe », a-t-il répondu.

Ça se peut.

Possible, aussi, que Boucher ne pouvait pas attendre à plus tard.

La saison est vieille d'une trentaine de parties. Il n'y a donc plus de surprises. Boucher connaît désormais très bien l'équipe avec laquelle il a choisi de relever son plus récent défi.

Il doit comprendre, au même titre que nous tous, que les Sénateurs forment un groupe très moyen.

J'écris ceci en tout respect.

Dans la Ligue nationale d'aujourd'hui, on compte cinq ou six équipes qui se démarquent, qui flottent au-dessus de la mêlée.

À l'autre bout du classement, on retrouve quatre ou cinq clubs qui ne sont pas dans le coup.

Entre les deux, on retrouve une vingtaine de formations qui s'équivalent. La moitié d'entre elles parviennent à se qualifier pour les séries. L'autre moitié part en vacances dans la troisième semaine du mois d'avril.

C'est peut-être pour cela que Boucher a cru bon d'intervenir avec autant de vigueur.

Dans une saison qui s'étire pendant huit mois, toutes les équipes traversent de mauvaises passes.

La clé, c'est de faire en sorte qu'elles ne s'étirent pas trop longtemps.

« Si tu t'endors trop longtemps, t'es mort », m'a lancé Boucher alors que prenait fin son point de presse.

Il était alors convaincu que ses joueurs réagiraient positivement.

Il ne s'était pas trompé. En soirée, contre les Sharks, ils ont bien répondu.

Ils ont appliqué la bonne recette. Ils n'ont pas été spectaculaires, mais ils ont été efficaces.

Ils n'ont pas réussi à éviter la défaite, mais au moins, ils ont perdu dans les tirs de barrage.

Avec des performances comme celle-là, ils devraient renouer avec la victoire avant longtemps.

•••

Un dernier, dernier mot sur le 1000e match de Chris Neil.

Je lui ai demandé, mercredi matin, s'il comptait poursuivre sa carrière assez longtemps pour battre le record de 1179 matches disputés dans l'uniforme des Sénateurs. Ce record appartient pour l'heure, à son grand ami Chris Phillips.

« Je ne regarde pas si loin devant. Je ne regarde jamais vers l'arrière non plus. »

Je lui ai ensuite parlé du record qu'il détient déjà.

Avec les bagarres qui sont en voie de disparition, il pourrait bien demeurer l'unique joueur de l'histoire des Sénateurs avec plus de 2500 minutes de pénalité au compteur.

« Peux-tu t'imaginer ? C'est comme s'il avait passé deux journées entières de sa vie au cachot », a lancé son dauphin Mark Borowiecki, hilare.

Neil n'a pas ri, lui.

« Si jamais quelqu'un veut s'attaquer à ce record, sachant tout ce qu'il faut endurer pour accumuler autant de pénalités, je ne peux que lui souhaiter bonne chance. »

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