Il s'est accroché

Ils étaient peux nombreux à donner une chance... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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Ils étaient peux nombreux à donner une chance à Chris Neil de jouer dans la LNH aussi longtemps.

Patrick Woodbury, Le Droit

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CHRONIQUE / Difficile d'imaginer Chris Neil dans un autre uniforme que celui des Sénateurs. Pourtant, c'est déjà presque arrivé.

L'histoire n'est pas connue. C'était l'été 2009 et Neil était à quelques heures d'obtenir l'autonomie complète. Les Sénateurs, toujours soucieux de ne pas dépenser un sou de trop, n'étaient pas en mesure de lui soumettre une offre compétitive.

Trois ou quatre organisations, en revanche, étaient prêtes à dépenser de gros sous pour faire l'acquisition du poids moyen le plus craint de toute la Ligue nationale de hockey.

Les Maple Leafs de Toronto étaient assurément du lot. Les Blues de Saint-Louis aussi, selon ce qu'on m'a raconté. Neil avait réussi à se trouver des atomes crochus avec les Rangers de New York. Il était même prêt à faire ses valises pour déménager sur Broadway.

Avant de partir, il a passé un coup de fil à son futur ex-patron. Merci pour tout, Bryan Murray. Je n'oublierai jamais tout ce que vous avez fait pour moi. Mon avenir est ailleurs. Je pars.

Ça s'est presque passé comme ça.

Neil n'avait pas le goût de s'en aller. Durant la conversation, il n'a pas été capable de masquer ses vraies émotions. 

Murray était songeur au moment de raccrocher. Il a vite soulevé le combiné pour passer un coup de fil à son patron. Tu sais, Eugene, peut-être qu'on fait une gaffe en le laissant partir...

Quelques heures plus tard, Murray a pu rappliquer avec une offre juste assez généreuse pour que Neil y trouve son compte.

Juste à temps.

La conversation avec Murray a presque tout changé. «Ils ne sont pas trop nombreux, les joueurs qui prennent le temps d'appeler pour s'exprimer ainsi franchement», m'a confié Murray récemment. Ceux qui sont prêts à accepter moins d'argent parce qu'ils aiment trop le logo sur leur chandail sont encore moins nombreux, ai-je répondu.

«Mais ça, c'est Chris Neil tout craché.»

***

Je ne sais pas à quel point on réalise à quel point le prochain match sera spécial.

Atteindre le plateau des 1000 matches en carrière, déjà, c'est un exploit. Dans le siècle d'histoire de la Ligue nationale de hockey, seulement 300 joueurs ont réussi à se greffer à ce club.

Qu'un joueur parvienne à disputer 1000 parties en passant toute leur carrière avec une seule et même franchise, c'est encore plus rare. J'ai parcouru la liste, jeudi matin. J'en ai trouvé 25.

Avec ces 25 joueurs, on peut former un club d'étoiles. Nicklas Lidstrom, Steve Yzerman, Stan Mikita, Gilbert Perreault, Jean Béliveau...

Et maintenant, Chris Neil. Vraiment, on ne réalise pas à quel point il se passera quelque chose de gros, samedi, quand le vétéran homme fort enfilera son maillot des Sénateurs pour la prochaine fois.

Neil ne devait même pas atteindre la LNH, au départ.

Il avait beau produire à un rythme d'un point par match tout en terrorisant ses adversaires dans les rangs juniors. Il a quand même poireauté jusqu'au milieu de la sixième ronde, au repêchage de 1998, avant d'entendre son nom dans les haut-parleurs.

La direction des Sénateurs a réclamé six joueurs avant lui. C'est dire à quel point on croyait en lui.

Les hommes de hockey d'Ottawa n'étaient pas davantage convaincus quand ils lui ont donné sa première chance. Au début de la saison 2001-02, il devait se battre chaque jour pour conserver sa place dans l'alignement. À l'époque, certains entraîneurs avaient un penchant pour une autre recrue, Ivan Ciernik.

Vous êtes sans doute nombreux à vous gratter la tête, en ce moment, à vous dire que vous n'avez absolument aucun souvenir de Ciernik.

Ça dit pas mal tout.

Neil ne devait pas durer si longtemps. À l'automne 2005, on se demandait sérieusement s'il pourrait conserver son poste d'homme fort. Plus jeune, plus gros, plus affamé, Brian McGrattan lui poussait dans le dos. Neil a répondu en disputant sa meilleure saison en carrière. Il a été promu dans le troisième trio. Il a marqué 16 buts.

Neil ne devait pas jouer jusqu'à 37 ans. Ça fait des années qu'on lui prédit une fin prochaine. Un jour, il va finir par frapper le mur.

En attendant, il s'amuse à nous faire mentir.

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