Petits et gros problèmes

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Christopher Milo a vécu de grosses déceptions, cet automne.

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CHRONIQUE/Christopher Milo a vécu de grosses déceptions, cet automne.

Cette fichue blessure au bas du corps n'était pas trop sérieuse. Juste assez pour gâcher sa fin de saison. 

On comptait sur lui pour effectuer des bottés de placement et d'engagement à la coupe Grey. Il a finalement suivi sur les lignes de côté, impuissant, le match final où ses coéquipiers du Rouge et Noir d'Ottawa ont vaincu les Stampeders de Calgary.

«C'est certain que ça n'a pas été facile», m'a-t-il avoué.

«Avant le match, j'ai pris le temps de faire le tour du vestiaire. J'ai serré la main de tout le monde. J'ai souhaité bonne chance à chacun de mes coéquipiers. Après, j'ai balayé la pièce du regard. C'est à ce moment-là que j'ai trouvé ça difficile. J'ai même versé quelques larmes.»

«Je pense que c'est normal. J'ai travaillé fort toute l'année pour faire avancer l'équipe. Ne pas pouvoir sauter sur le terrain quand ça compte le plus... C'était difficile.»

N'allez surtout pas croire que Milo va s'apitoyer sur son sort, ici.

D'abord, sa blessure va guérir. Même que, si le match décisif était présenté cette semaine, il sauterait sur le terrain.

Ensuite, dans son rôle de cheerleader, il a pu comprendre avant tout le monde que le Rouge et Noir triompherait.

Son grand ami Henry Burris est venu le consoler avant de sauter sur le terrain. «Il m'a regardé dans le blanc des yeux et il m'a dit qu'il s'occuperait de tout. Ça voulait tout dire. À ce moment-là, j'ai compris qu'on gagnerait le match. Après, j'ai été zéro nerveux. Je ne m'étais jamais senti comme ça dans ma vie. Henry s'est rendu sur le terrain et je savais qu'il ferait quelque chose de spécial.»

Milo ne va pas se plaindre, non plus, parce qu'il sait fort bien que partout autour de lui, des gens ont des problèmes bien plus sérieux.

***

Avec la coupe Grey sous le bras, Milo visitera la Maison de Roger mercredi.

Il aurait pu emporter le trophée n'importe où. 

Il aurait pu choisir une école primaire, où des enfants l'auraient regardé avec des yeux gros comme des trente-sous et qui auraient écouté ses histoires jusqu'à la fin.

Il aurait pu se rendre dans une résidence pour retraités où il aurait fait le bonheur de vieux fans qui ont connu les belles années de Moe Racine, Russ Jackson, Tony Gabriel...

Il aurait pu organiser une fête dans un centre communautaire de la petite Italie, où il compte sans doute de nombreux fans.

Non. Milo a choisi d'apporter un peu de soleil dans la journée des jeunes patients du centre de soins palliatifs pédiatriques de la capitale.

C'est tout à son honneur. Surtout quand on pense qu'il est lui-même devenu père pour la première fois dans la dernière année.

«La blonde de mon meilleur ami travaille là-bas. Ça fait un mois, un mois et demi», m'a répondu l'athlète de 30 ans quand je lui ai fait part de mon admiration.

L'amie en question, Danielle Scarlett, occupe un poste de thérapeute à la Maison de Roger. Son rôle consiste entre autres à trouver des activités visant à occuper ces braves petits êtres durant les derniers moments de leurs vies.

«Elle me parle beaucoup de ses patients. Je sais qu'ils seront heureux de nous voir débarquer. Elle me dit qu'il y a de vrais partisans du Rouge et Noir dans le groupe.Ils portent leurs casquettes et leurs chandails. Ils nous aiment.»

«J'ai hâte de leur rendre visite. Je sais bien que ce sera difficile. C'est mon tour de les soutenir un peu.»

Chez les Milo, soit dit en passant, tout va bien. Le petit bébé qui est venu s'ajouter à la famille se porte bien. «Nous nous comptons très, très, très chanceux d'avoir une petite fille en santé.»

Après la Maison de Roger, il y aura les vacances. Les Milo partiront pendant quelques jours avec Danielle Scarlett et son conjoint.

«C'est mon meilleur ami depuis toujours.»

Dans la nouvelle année, ce sera le retour à la réalité. Comme bon nombre de ses coéquipiers du Rouge et Noir, Milo entend passer l'hiver sur le marché du travail.

Il y aura de l'entraînement, aussi. En mai, comme tous les autres, il devra continuer de faire ses preuves, jour après jour.

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