Lazar, solution temporaire

Curtis Lazar a connue une soirée tranquille, jeudi.... (Sean Kilpatrick, La Presse canadienne)

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Curtis Lazar a connue une soirée tranquille, jeudi. Il a eu le temps de décocher un tir en passant neuf minutes sur la patinoire.

Sean Kilpatrick, La Presse canadienne

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CHRONIQUE / Une blessure pousse Bobby Ryan à l'inactivité. Il faut que ce soit une blessure sérieuse.

S'il a prouvé une chose - une seule - durant ses trois années à Ottawa, c'est qu'il ne craint pas la douleur.

À l'hiver 2014, il a joué pendant près de trois mois avec une hernie sportive.

L'automne suivant, il a choisi de continuer malgré une fracture à un index. Il devait subir des injections avant chaque match pour endormir le mal. Il se réveillait chaque nuit, vers trois heures du matin, quand l'effet de l'anesthésie se dissipait.  «Une douleur que je ne souhaiterais pas à mes pires ennemis», disait-il à l'époque.

Et il se l'imposait lui-même, plusieurs fois par semaine.

Tout ça pour dire que Ryan doit être sérieusement blessé, cette fois. Il faudrait idéalement que ce ne soit pas trop grave. Parce que les Sénateurs doivent déjà se débrouiller sans Clarke MacArthur. Ils n'ont pas vraiment les moyens de perdre un autre attaquant du groupe des six.

Jeudi, contre les Flyers, Curtis Lazar l'a remplacé à l'aile droite, dans le trio de Kyle Turris.

Une solution acceptable pour un soir. Ou deux. À long terme, ça ne peut que des conséquences néfastes. Pour toutes les parties impliquées.

•••

Tirons tout de suite un truc au clair. Je l'aime, Lazar. Beaucoup, même. À 18 ans, à son premier camp avec les Sénateurs, il avait déjà l'assurance et la maturité d'un vétéran. Dans les 18 mois qui ont suivi, il a soulevé la coupe Memorial avec ses amis des Oil Kings d'Edmonton. Il a ensuite permis au Canada de mettre fin à une gênante disette en remportant la médaille d'or au Championnat mondial junior.

Je ne sais pas trop pour Edmonton, mais on m'a déjà fait comprendre qu'ÉCJ aurait difficilement pu triompher sans son implication au niveau du leadership.

J'aime Lazar, mais j'aime moins le jeu de chaise musicale dans lequel il semble coincé. Les hockeyeurs - les plus jeunes, surtout - ont besoin d'un cadre sécurisant. Ils ont besoin d'un rôle clairement défini, de responsabilités dont ils peuvent s'acquitter.

J'aime Lazar. J'aime moins tous ces gens qui souhaiteraient le voir produire au même rythme que Sean Monahan ou Patrik Laine.

Au fait, j'aime Lazar, mais je l'aime un peu moins quand il décide de se joindre à eux.

J'ai parfois l'impression qu'il peut devenir son pire ennemi quand il se met à rêver à voix haute au joueur qu'il deviendra. «Je sais que je suis capable de produire dans cette ligue. Je sais quel type de joueur je peux devenir. Vous allez voir, un jour...»

Chaque fois, je grimace un peu à l'intérieur.

Je préférerais, de loin, voir Lazar se concentrer sur le joueur qu'il peut être présentement au lieu de rêvasser à celui qu'il pourrait devenir. «Je dois miser sur mes forces. Mes forces, c'est ma vitesse, ma robustesse, mon travail sur l'échec-avant», disait-il jeudi matin.

Tout ça lui a permis de se faire complice du but de Ryan Dzingel, en soirée. Si les officiels de la LNH comptabilisaient trois mentions d'aide sur chaque but, il aurait inscrit son premier point de la saison.

•••

Ce fut tout un match.

Je ne parle pas du duel entre les Flyers et les Sénateurs, mais bien de celui opposant l'Impact de Montréal au Toronto FC.

Ceux qui ont eu le bonheur de syntoniser RDS ou TSN, mercredi soir, ont été obligés de rester accrochés jusqu'à la fin. Même ceux qui ne sont «pas capables du maudit soccer plate» ont été soufflés par le spectacle offert dans le deuxième et dernier match de la demi-finale de la MLS.

Les purs et durs qui se trouvaient dans les gradins du BMO Field, sous la pluie battante, étaient survoltés. Ça paraissait... même à la télé.

De vrais ultras bruyants, comme on en voit uniquement dans les stades de soccer.

Ça m'a fait penser à l'expérience tentée par les Sénateurs. La section 312 doit en principe appartenir aux «ultras» du Red Scarf Union.

Leur joueur de tambour était bien présent, jeudi, dans le match contre les Flyers. Il était debout. Il était tout seul. Il n'a pratiquement pas fait de bruit de la soirée.

Faut se rendre à l'évidence. Ça ne lève pas.

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