Pour toujours, le bon Hank

Henry Burris n'a pas dit s'il prendrait sa... (Patrick Woodbury, Le Droit)

Agrandir

Henry Burris n'a pas dit s'il prendrait sa retraite suite à la victoire. Il est devenu le quart-arrière le plus âgé de l'histoire à soulever le trophée.

Patrick Woodbury, Le Droit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

CHRONIQUE / Tout au long de sa carrière, Henry « Hank » Burris aura porté une lourde réputation. Il aura été, pendant deux décennies, le Docteur Jekyll/Monsieur Hyde de la Ligue canadienne de football.

Nos collègues anglophones avaient deux façons de le décrire. Il pouvait être « Good Hank », le quart-arrière d'élite que rien ne pouvait arrêter. Il pouvait aussi se transformer en « Bad Hank », celui qui ne pouvait absolument rien faire de bon.

Dans ce qui pourrait fort bien être son tout dernier match, il aura trouvé une façon de nous montrer ses deux visages.

Il aura été « Good Hank » pendant toute la première demie.

Il a été « Very Bad Hank » durant le troisième quart.

Quand il a lancé une passe directement dans les mains du demi de coin des Stampeders Ciante Evans, sur la galerie de presse du BMO Field, nous avons été nombreux à craindre le pire pour lui.

Parce qu'à l'extérieur du terrain, Burris a été d'une grande constance.

Il a été un des plus grands gentlemen de son sport. Gentil. Généreux. Authentique.

Les gens comme lui - et ils sont peu nombreux - méritent de quitter sur un point d'exclamation.

On ne sait pas vraiment si la carrière de Burris a pris fin sur la passe que l'excellent Ernest Jackson a captée dans la zone des buts, en prolongation, très tard dimanche soir.

Il fallait lui laisser le temps de célébrer. Il aura bien amplement le temps de nous parler de ses intentions dans les prochains jours.

Rick Campbell a dit, avant de quitter Toronto, que la porte lui sera toujours grande ouverte.

« Je ne suis pas surpris. Du tout. Je suis un fan. Je le connais bien », a déclaré l'entraîneur-chef dans sa conférence de presse d'après-match.

« Ce match ne change pas tout. Il a été capable de jouer au football jusqu'à l'âge de 41 ans. On peut compter sur les doigts d'une main les joueurs qui sont capables de faire cela. Il adore le football. Il aime s'entraîner. Je ne serais pas étonné de le voir revenir pour prendre part à notre camp d'entraînement l'an prochain. »

•••

On pourrait se projeter un peu dans l'avenir. Dans un an, en novembre 2017, le 105e match de la coupe Grey sera présenté à Ottawa.

On peut facilement prédire que l'événement fera un peu plus de bruit.

La direction du Rouge et Noir n'aura pas besoin d'offrir gratuitement des milliers de billets pour remplir la Place TD.

C'est bien malheureux, mais le football canadien continue d'exister dans l'indifférence dans la plus grande ville du pays.

Dans le 613-819, là où le nouveau club de football a séduit la génération des 18-34 ans, le party devrait être bien meilleur.

On ne peut cependant pas leur garantir la présence de leur club favori dans le match du dimanche soir. La LCF a beau être une toute petite ligue, rares sont les équipes qui parviennent à connaître du succès année. Dans les 35 dernières années, une seule organisation a réussi à se rendre jusqu'en finale trois années consécutives.

La LCF est une toute petite ligue. Son plafond salarial est aussi très bas. Quand il révisera les dossiers de tous les joueurs qui sont sur le point d'obtenir l'autonomie, le directeur général d'Ottawa, Marcel Desjardins, sera confronté à plusieurs défis.

Burris ne sera pas le seul joueur à quitter la capitale avec sa bague de championnat au doigt.

Moton Hopkins est sans doute le leader de la défensive, mais il est un leader vieillissant. Combien peut-on payer un joueur qui vient de franchir le seuil de la trentaine ?

Antoine Pruneau est jeune, Ottawa voudra le retenir. Mais Pruneau vient de Montréal. Les Alouettes, qui sont en reconstruction, pourraient chercher à l'attirer. Surtout si Danny Maciocia, son mentor, décroche un poste au sein de l'organisation.

À l'attaque, trois des quatre receveurs étoiles de l'équipe auront besoin de nouveaux contrats. Greg Ellingson, Jackson et Chris Williams ont tous connu deux saisons consécutives de plus de 1000 verges. Combien d'entre-eux auront la chance de revenir pour tenter de le faire une troisième fois ?

Pour toutes ces raisons, le Rouge et Noir n'avait pas vraiment le droit d'échapper le match de dimanche soir.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer