Questions identitaires

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Offensivement, les Sénateurs n'ont pas le début de saison qu'aurait espéré l'entraîneur-chef Guy Boucher.

La Presse

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CHRONIQUE / Je roulais sur l'autoroute 40, mardi matin, en direction du Centre Bell. Me suis branché sur les ondes de la radio sportive montréalaise au parfait moment.

« Ce soir, le Canadien affronte les Sénateurs. Les dangereux Sénateurs », a ironisé l'animateur.

« Ouin... Les ennuyeux Sénateurs, plutôt », a enchaîné son faire-valoir, sur un ton plus sérieux.

Dans un sens, ce n'est pas étonnant. L'équipe qui présente la deuxième pire moyenne de buts marqués et le deuxième taux de succès le plus bas de toute la LNH doit s'attendre à se faire qualifier d'ennuyante.

Il est quand même question des Sénateurs, ici. Cette organisation a eu bien des failles, bien des défauts au cours des deux dernières décennies. C'est quand même bien la première fois qu'on lui reproche de jouer du hockey monotone.

Guy Boucher l'a une fois de plus reconnu durant sa conférence de presse d'avant-match. Les ennuis à l'attaque de sa formation se portent tellement mal qu'il commence à manquer de réponses et de solutions. « Si ça continue comme ça, nous allons commencer à utiliser des filets de soccer », a-t-il ri.

Il a ensuite répété que « ça s'en vient ».

À force d'obtenir autant de lancers, autant de chances de marquer, la rondelle va bien finir par entrer.

Mais... Que se passerait-il si jamais l'attaque ne débloquait pas ?

Une identité d'équipe, ça prend combien de temps à construire ?

Quand les portes du vestiaire se sont ouvertes, en fin de matinée, je me suis dirigé vers Chris Kelly. Parce que Kelly, c'est le genre de joueur qui comprend ce genre de questions.

« Il n'y a pas de marche à suivre. Certaines équipes trouvent leur identité tout de suite, comme ça, en claquant des doigts. D'autres équipes ne parviennent jamais à trouver leur identité », m'a-t-il répondu.

- Les Sénateurs sont-ils une équipe ennuyeuse, Chris ? C'est ça, votre nouvelle identité ?

- Non. Nous sommes une bonne équipe défensive, qui est quand même capable de marquer des buts.

- Les partisans commencent à s'impatienter. Les commentateurs dans les médias aussi...

- Je peux comprendre. Mais tous ces gens-là doivent savoir un truc. Le groupe de joueurs qui compose notre équipe, lui, maintient le cap et garde son calme. Nous n'allons certainement pas commencer à prendre des raccourcis pour marquer des buts. Les buts vont finir par venir.

- Et si les gens continuent de vous traiter d'équipe ennuyeuse... Qu'allez-vous leur répondre ?

- Tu sais, les Devils du New Jersey... Pendant une bonne dizaine d'années, on aurait pu retirer les logos sur leurs chandails et écrire un gros B-O-R-I-N-G à la place. Ils ont gagné la coupe Stanley trois fois. Moi, tu peux me traiter de tous les noms que tu voudras. Je préfère jouer un style de jeu plate et gagner qu'appartenir à une formation capable de perdre un match dans lequel elle a marqué quatre buts.

- Dans les dernières années, les Sénateurs étaient capables de perdre des matches tout en marquant quatre buts.

- Quand on devait les affronter, on savait qu'on n'avait qu'à respecter notre plan de match. On finirait par être récompensés. Les équipes comme ça ont le don de commettre des gaffes quand ce n'est pas le temps.

Kelly, il va sans dire, est heureux de contribuer à la transformation des Sénateurs. 

Le bon vétéran m'a quitté sur une anecdote. Il m'a parlé d'un match opposant ses Bruins de Boston aux Kings de Los Angeles, vers la fin de l'hiver 2012. « Ils étaient si efficaces défensivement...

 Je me suis dit qu'ils pourraient devenir très dangereux si leurs vedettes à l'attaque trouvaient le moyen de se mettre à produire. Ils ont fini par cliquer. Ils ont gagné la coupe quelques mois plus tard. »

•••

En juin 2011, au Minnesota, les Sénateurs ont repêché quatre attaquants dans les deux premières rondes du repêchage amateur.

À la fin de l'exercice, le chef des recruteurs, Pierre Dorion, s'est présenté devant les médias pour dire qu'il aimait par-dessus tout le cinquième attaquant, celui qu'il avait réclamé en quatrième ronde.

Cinq ans plus tard, Mika Zibanejad, Stefan Noesen, Matt Puempel et Shane Prince ont tous quitté Ottawa.

Seul le choix de quatrième tour, Jean-Gabriel Pageau, demeure.

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