Une grande famille

CHRONIQUE / Ça m'a toujours fait sourire. Au moment de... (Etienne Ranger, Archives Le Droit)

Agrandir

Etienne Ranger, Archives Le Droit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

CHRONIQUE / Ça m'a toujours fait sourire. Au moment de compléter les travaux de rénovation de la Place TD, des travailleurs ont fixé les pancartes rappelant la riche histoire du football professionnel à Ottawa, bien en vue sur les gradins du côté sud.

Vers le canal, on peut voir les 10 numéros qui ont été retirés de la circulation par les regrettés Rough Riders. Plus près de la rue Bank, on trouve celles qui soulignent leurs neuf conquêtes de la coupe Grey.

La symétrie n'est pas parfaite. On a laissé - sans doute volontairement - un peu d'espace à côté de la dernière bannière de championnat.

Pour ceux qui se poseraient la question, qui l'ont oublié ou qui ne l'ont tout simplement jamais su. Les Riders ont remporté leur dernier championnat le 28 novembre 1976.

Ça fera bientôt 40 ans.

Si la logique est respectée, on célébrera l'an prochain le 41e anniversaire de la dernière conquête.

Le Rouge et Noir pourrait facilement sortir vainqueur de la finale de l'Est dans une dizaine de jours. Avec sa fiche perdante et ses blessures à des joueurs importants, il ne devrait pas être de taille face au rouleau compresseur des Stampeders de Calgary en grande finale.

Je ne suis pas négatif. Juste réaliste.

Les Stamps ont subi seulement deux revers dans toute la saison. Le deuxième, dans le tout dernier match de la saison régulière, ne compte pas vraiment.

C'est leur année.

Évidemment, cette théorie populaire dans les spacieux quartiers des joueurs du Rouge et Noir.

Dans le Glebe, mardi, j'ai croisé des gens qui ont envie de croire que 2016, c'est l'année du Rouge et Noir. Ces gens-là me répètent la même chose. À cette période de l'année, le classement ne veut plus rien dire. Quand tout se joue sur le terrain, dans un match d'une soixantaine de minutes, à peu près tout prend le bord.

À cette période de l'année, l'esprit d'équipe compte plus que tout, me dit-on. Si c'est vrai, le Rouge et Noir n'est pas mort. Pendant la courte séance d'entraînement de mardi, le directeur général Marcel Desjardins est venu à la rencontre des journalistes. Il fallait se tenir tout près de lui pour bien comprendre les réponses. Ça criait et ça riait si fort pendant les exercices qu'on avait du mal à l'entendre.

« L'esprit d'équipe qui règne dans ce vestiaire, c'est une des raisons qui m'ont donné le goût de venir jouer ici », m'a dit le botteur Chris Milo. « Notre esprit d'équipe n'a pas changé. C'est comme ça depuis le premier jour du camp. Quand vient le temps de se mettre au travail, nous sommes toujours très sérieux. Mais nous sommes capables de lâcher notre fou aussi », estime pour sa part le centre Jon Gott.

« Ça nous arrive de nous chamailler. Ce gars-là me tape sur les nerfs presque chaque jour, ajoute-t-il, en pointant son voisin dans le vestiaire, J'Micheal Deane. Mais c'est correct. Il m'arrive de me chicaner avec mes frères biologiques. Ça ne veut pas dire que je les aime moins. »

•••

Henry Burris et son épouse ont voté par anticipation. Il a suivi la soirée électorale à l'ambassade américaine, en plein coeur du centre-ville.

Il n'a pas voulu nous dire dans quel camp il s'est rangé.

On peut quand même en deviner des bouts. Il se dit par exemple outré du caractère caricatural que « certains personnages » ont donné à la campagne présidentielle. 

Il se désole de voir « tous ces Américains mal informés qui ont gobé autant d'énormités ».

Et je ne vous dis pas toute l'admiration qu'il a pour le président sortant, Barack Obama. Un grand homme dont les États-Unis vont terriblement s'ennuyer, croit-il.

« Hilary for president », a hurlé un de ses coéquipiers, un jeune flanqueur que je n'ai pas reconnu, mais qui écoutait l'entrevue à distance.

« Chut ! N'oublie pas ce que nous avons dit. Pas de politique dans le vestiaire », lui a répondu sèchement un autre joueur, que je n'ai pas vu. Il n'aurait surtout pas fallu provoquer les partisans de Trump qui se trouvaient forcément dans la pièce.

L'esprit d'équipe, c'est important. Ça peut être fragile, aussi, parfois.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer