Tous derrière Anderson

Après avoir blanchi les Oilers d'Edmonton, Craig Anderson... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Après avoir blanchi les Oilers d'Edmonton, Craig Anderson a repoussé 32 rondelles face aux Hurricanes de la Caroline, mardi soir.

Patrick Woodbury, LeDroit

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CHRONIQUE / Il fallait, bien sûr, que toute cette histoire nous tombe dessus maintenant. La campagne de sensibilisation annuelle « Le hockey pour vaincre le cancer » bat son plein, tout au long de la semaine, dans les 30 amphithéâtres de la Ligue nationale de hockey.

Craig Anderson se tient loin de nous et c'est sans doute mieux ainsi. Il n'était pas devant son casier quand les portes du vestiaire se sont ouvertes, mardi matin.

Tous ses coéquipiers portaient des casquettes lilas de la campagne. Impossible d'éviter le sujet.

Chris Neil est avec l'équipe depuis si longtemps qu'il se souvient du discours chargé d'émotion livré aux Sénateurs par un Roger Neilson mourant, durant les séries éliminatoires du printemps 2003.

La plupart des autres joueurs gardent le souvenir de Mark Reeds. L'entraîneur-adjoint leur avait demandé « d'aller jusqu'au bout » et de « tout gagner » pour lui vers la fin de la saison 2014-15.

Chris Kelly arrive entre les deux. Il est un peu trop jeune pour avoir joué sous les ordres de Neilson à Ottawa. Il était chez les Bruins de Boston durant les années où Reeds a secondé Paul MacLean, puis Dave Cameron.

Le vétéran était quand même un des joueurs les plus ébranlés du groupe.

Dans une longue conversation avec un petit groupe de journalistes, il a eu beaucoup de mal à contenir ses émotions.

« Les gens pensent que nous sommes faits de pierre. Non. Je ne suis pas insensible à tout ce qui se passe autour de nous. On dirait que plus le temps passe, plus ces histoires viennent me chercher », dit le père de famille de 35 ans.

Comme tout le monde, Kelly n'en revient pas de voir Anderson jouer à un niveau aussi élevé dans l'adversité.

Le match de mardi, cette nouvelle victoire acquise contre les Hurricanes, ne fait qu'ajouter à son épatante séquence. 

On a d'abord craint le pire quand il a laissé passer le tout premier lancer dirigé vers son filet dans la soirée. Même si ce n'était pas sa faute. Même si Jean-Gabriel Pageau avait laissé passer Jaccob Slavin au beau milieu de la patinoire comme un mauvais joueur de ligue de garage. La soirée débutait quand même très mal.

Il a bloqué les 32 lancers qui ont suivi pour permettre à son équipe d'aller chercher deux autres points. Il a surtout réussi 15 arrêts consécutifs pour l'aider à survivre durant une première période où elle n'avait absolument rien dans les jambes.

« Le hockey offre ceci de beau, dit Kelly. Moi, quand je chausse mes patins et que je saute sur la patinoire, je parviens à tout oublier ce qui se passe à l'extérieur. Pendant deux heures, je suis bien. »

Sur la patinoire, Anderson a l'air de bien se porter, aussi.

•••

« C'est fou, me disait Kyle Turris en fin de matinée. On dirait que tout le monde ici a été profondément marqué au contact d'une personne atteinte du cancer. »

- C'est vrai, que je lui ai répondu. Sauf que dans certains cas, ça se passe différemment. Au fait, es-tu toujours en contact avec Léa ? »

Parenthèse. Léa Enström est une adolescente aylmeroise pleine de vie avec qui Turris s'est lié d'amitié durant une visite au Centre hospitalier pour enfants de l'est de l'Ontario. Elle combattait alors un lymphome hodgkinien.

Sous le charme contagieux de la jeune femme, le joueur lui a rendu visite à quelques reprises durant les semaines qui ont suivi. Ils sont devenus amis.

Le visage de Turris s'est illuminé à la seule mention de son nom.

« Je l'ai vue au début de la saison ! Elle s'est déplacée avec sa mère et sa soeur pour assister à notre match contre Montréal. Elle se porte super bien. Elle a du succès à l'école. Elle a l'intention de venir nous voir jouer le plus souvent qu'elle pourra cette saison. Elle est en train de devenir une grande fan des Sens. »

« Son anglais s'améliore. En fait, elle progresse beaucoup plus rapidement que je progresse en français. Elle est si gentille... Je me compte privilégié de garder le contact. »

Alors que débute une saison où la famille des Sénateurs devra se serrer les coudes, ce n'est pas nécessairement une mauvaise chose de se rappeler que toutes les histoires ne se terminent pas mal.

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