Vitalii sourit

Il ne faut pas trop s'étonner de voir... (Martin Roy, Archives LeDroit)

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Il ne faut pas trop s'étonner de voir Vitalii Abramov sourire au beau milieu d'une séance punitive de patin.

Martin Roy, Archives LeDroit

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CHRONIQUE / C'était mardi matin. Les Olympiques s'entraînaient depuis environ 90 minutes. Mario Duhamel n'était vraiment pas tendre envers ses joueurs.

Il n'y avait pas de rondelles. Juste des exercices de patin. Le coach envoyait ses joueurs, en petits groupes de cinq ou six, faire des tours de patinoire le plus vite possible.

Plus le temps passait, plus la fatigue s'installait, moins les tours de glace étaient rapides.

C'est à ce moment-là que j'ai remarqué la constante. Chaque fois que Vitalii Abramov était lancé, il complétait l'exercice plus rapidement que les autres. Avec le sourire accroché au visage.

Lorsque Duhamel a finalement mis un terme à la journée de travail, ses joueurs ont fait la file, en silence, pour rentrer au vestiaire. Ils en avaient clairement eu assez.

Pas Abramov. Lui, il est resté sur la patinoire pour tenir compagnie à son coéquipier blessé Austin Eastman. Il a continué à patiner et à décocher des tirs dans un filet désert.

Le conducteur de la Zamboni a été obligé d'ouvrir grand les portes et de faire sonner sa cloche pour le chasser.

Il paraît qu'il ne faut pas trop s'étonner de voir le jeune Russe sourire au beau milieu d'une séance punitive de patin. Il se trouve dans un état permanent de semi-extase depuis son arrivée à Gatineau. Il sourit tout le temps.

Ce n'est pas la première fois, non plus, qu'Abramov s'impose du temps supplémentaire. Ça lui arrive même souvent. On me dit que son ardeur à l'entraînement nous rappelle un joueur qui faisait la pluie et le beau temps dans la LHJMQ il y a environ 10 ans. Un dénommé Claude Giroux.

Je trouve ça quand même important d'en parler maintenant. Parce que les débuts de Duhamel derrière le banc des Olympiques ne se passent pas exactement comme prévu. On lui avait confié une formation qui, selon tous les experts, pouvait aspirer aux grands honneurs. Après 13 matches, elle occupe plutôt le 18e et dernier rang du classement général.

Personne ne va prétendre que les choses vont bien.

Au hockey, il existe différents moyens de mesurer l'épaisseur des problèmes d'une équipe. Certains signes ne mentent jamais. Dans mon humble expérience, un entraîneur se retrouve véritablement dans le pétrin quand ses meilleurs joueurs démissionnent.

Abramov est, sans l'ombre d'un doute, le meilleur joueur à Gatineau. Les statistiques le prouvent. Il a marqué les quatre derniers buts de son équipe.

Abramov, clairement, n'a pas lancé la serviette. Abramov ne lâche pas.

•••

Le mois de novembre qui débute pourrait quand même être déterminant pour le club le plus titré de l'histoire de la LHJMQ.

On vous l'a clairement exposé à la fin de l'été. Duhamel et son patron, le directeur général Marcel Patenaude, se retrouvent dans une situation presque unique.

Leur prédécesseur, Benoît Groulx, a construit un club capable de connaître du succès maintenant, sans attendre. Pour ce faire, il a complètement sacrifié l'avenir. Si rien ne change, le prochain cycle des Olympiques pourrait s'avérer très difficile. Maintenir la tradition gagnante, avec un nombre limité d'espoirs de talent et une très faible quantité de choix au repêchage, pourrait constituer un immense défi.

Je m'interroge. S'il fallait que les défaites continuent de s'accumuler, Patenaude pourrait-il décider de changer son plan d'action ? Pourrait-il profiter de la fenêtre des Fêtes pour compléter des transactions qui affaibliraient son équipe à court terme - mais amortir la chute à moyen terme ?

Il est peut-être trop tôt pour penser à tout cela.

La fin de semaine des rivalités débute dans la LHJMQ. Les Olympiques profiteront peut-être d'une série aller-retour contre l'Armada de Blainville-Boisbriand pour se relancer.

Novembre pourrait être le mois où tous les morceaux tomberont en place. D'autres gros adversaires se présenteront. Des matches sont prévus contre les Huskies de Rouyn-Noranda, les Cataractes de Shawinigan...

La tenue des Olympiques dans ces grosses parties pourrait et devrait aider le DG à se faire une tête.

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