Il est bon, ce Sieloff

Patrick Sieloff est méconnu, mais il a du... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Patrick Sieloff est méconnu, mais il a du potentiel, estime notre chroniqueur.

Patrick Woodbury, LeDroit

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CHRONIQUE / J'ai passé la fin de semaine dernière à me balader dans les arénas de la Ligue américaine. Vous commencez à le savoir. Je ne vous ai parlé que de ce voyage depuis le début de la semaine.

Permettez-moi une dernière chronique sur le sujet. Après, je tourne la page. Promis. Parce que je n'ai pas fait toute cette route pour rien. Le déplacement m'a enfin permis de rencontrer Patrick Sieloff.

Ce Sieloff, on le connaît pour deux raisons. D'abord, on sait que les Sénateurs ont obtenu ses services dans la transaction en cédant Alex Chiasson aux Flames de Calgary, l'été dernier.

On sait surtout qu'il a blessé Clarke MacArthur en faisant preuve d'un peu trop d'intensité lors d'un match simulé, au tout début du camp d'entraînement.

C'est à peu près ça. Nos efforts pour vous le faire découvrir par la suite n'avaient rien donné. Après l'incident, les responsables des communications chez les Sénateurs l'avaient protégé des médias. Il n'a jamais eu la chance de s'expliquer. Il est resté caché jusqu'à son renvoi à Binghamton.

D'ailleurs, le gaillard n'avait pas l'air trop enthousiaste de faire ma connaissance, samedi soir, dans le vestiaire des Senators de Binghamton. Sur une échelle de zéro à 10, j'aurais placé son degré de méfiance à 9,3 quand je lui ai tendu la main.

Je dois quand même reconnaître un truc. Il ne s'est pas défilé. Son malaise évident ne l'a pas empêché de répondre à mes questions.

« C'est une situation malheureuse, man. Juste une situation malheureuse. Je ne connaissais pas le passé de MacArthur », a-t-il fini par lâcher quand il fut question de l'incident qui a gâché son entrée à Ottawa.

Tout le monde dans la capitale savait, pourtant, que MacArthur avait subi plusieurs commotions cérébrales. Tout le monde savait que la dernière, plus sévère que les précédentes, lui avait fait perdre près d'une année complète de sa vie.

Sieloff plaide donc l'innocence. Il a passé l'hiver 2016 en Californie. Il était bien loin des préoccupations des gens d'Ottawa.

« Si j'avais su, j'aurais peut-être cherché à ne pas le frapper. Je ne peux jurer de rien. Je l'ignore. C'est difficile à dire... »

« Je veux être reconnu comme un joueur intense. C'est comme ça que je veux jouer. »

Petite précision. Après le match serré perdu contre les Americans de Rochester, Sieloff avait un sac de glace sur l'épaule droite.

Ces histoires d'intensité, ce n'est pas de la frime. Il ne fait pas qu'administrer des mises en échec. Il accepte aussi d'en encaisser et de payer le prix quand vient le temps de compléter une pièce de jeu.

Il convient ici d'ajouter un truc important à son sujet.

Il est loin d'être mauvais hockeyeur.

Je ne m'attendais pas à grand-chose de sa part. Pour se défaire de Chiasson, dont la valeur n'était pas optimale, les Sénateurs auraient facilement pu accepter un joueur dont les Flames ne voulaient plus réellement. Un joueur au potentiel limité.

La performance de Sieloff contre les Amerks m'a convaincu du contraire. Sieloff a du talent. Dans un match serré, il fut - et de loin - le défenseur le plus efficace de son équipe. Loin devant Freddy Claesson et Michael Kostka.

Dans les souliers du directeur général, avec un défenseur à rappeler après cette rencontre, c'est lui que j'aurais choisi.

•••

Un dernier, dernier mot sur le road-trip dans les mineures.

Du temps où j'alimentais un blogue sur le site web du Droit, j'encourageais fortement les partisans des Sénateurs à visiter Binghamton. Je demeure convaincu que c'est un must.

D'abord, l'aréna où jouent les Senators me rappelle vaguement Robert-Guertin. Ces vieilles bicoques sont de moins en moins nombreuses. Faut les visiter tandis qu'il est temps.

Ensuite, bien qu'on peut y trouver deux ou trois endroits agréables où manger et s'abreuver, le centre-ville est d'une tristesse... Ça devient une expérience sociologique. Suffit d'y passer la moitié d'une journée pour comprendre le désarroi des joueurs qui y sont coincés pendant plusieurs années.

Il y a désormais urgence d'agir. Ne reste plus qu'une trentaine de matches à jouer aux B-Sens avant leur déménagement à Belleville.

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