Apprendre avec Rick Campbell

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Mark Nelson (à droite) n'hésite pas à vanter les talents de son collègue Rick Campbell (au centre). «Je suis un vieil entraîneur, mais je peux vous jurer que les trois dernières années ont été pour moi extrêmement formatives», dit-il.

Patrick Woodbury, LeDroit

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CHRONIQUE / La meilleure façon de connaître la valeur d'un entraîneur-chef, c'est de s'adresser à un de ses adjoints.

Mark Nelson, le coordonnateur de la défensive du Rouge et Noir, est associé à la Ligue canadienne de football depuis 1980. Il a connu tous les grands personnages du circuit. Il a travaillé pour Wally Buono et Don Matthews. Il a côtoyé Ron Lancaster et Hugh Campbell.

Que pense-t-il du fils de ce dernier, Rick, son patron des trois dernières saisons ?

« Il y a un truc assez remarquable, ici, avec Rick. Je peux vous dire que j'apprends quelque chose de nouveau chaque jour en travaillant avec lui. Ce n'est pas donné à tout le monde de se présenter au boulot, chaque jour de chaque semaine, en sachant qu'on va s'enrichir en apprenant quelque chose de neuf. »

C'est encore plus remarquable quand on pense que Nelson n'est pas un jeune entraîneur. Il a fêté ses 60 ans en juillet.

« Je suis un vieil entraîneur, mais je peux vous jurer que les trois dernières années ont été pour moi extrêmement formatives. Ça faisait longtemps que je n'avais pas appris autant de nouvelles choses. »

« Rick, c'est un homme intelligent. Très intelligent. Il a un don pour lire, comprendre les gens qui l'entourent. Il sait précisément ce que chaque membre de l'équipe peut apporter. Il ne demande donc jamais l'impossible à personne. Nous avons tous vu et vécu à peu près toutes les situations possibles dans le monde du football. Mais peu de gens savent, comme Rick, puiser dans leurs expériences passées pour éviter de commettre les mêmes erreurs. »

•••

Campbell n'inscrira sans doute pas son nom sur le trophée Annis Stukus deux fois d'affilée.

C'est simple. Dans la presque totalité des cas, le titre d'entraîneur par excellence dans la Ligue canadienne de football est remis à un homme qui dirige une formation largement dominante.

Le Rouge et Noir de Campbell pourrait remporter dès cette semaine le championnat de la section Est, ce qui est bien. Toutefois, pour y parvenir, le club a remporté seulement sept de ses 15 premières parties. 

Pour la domination, on repassera.

Campbell, à notre humble avis, mérite quand même un peu d'amour, un peu de reconnaissance, un peu de respect alors que l'an trois de son association avec l'Ottawa Sports and Entertainment Group tire à sa fin.

Il a vécu en 2016 ses premiers véritables tests. Pour la première fois, il a eu à composer avec des attentes précises des partisans. Il a surtout eu à composer avec la pression qui accompagne les attentes. Après des semaines et des semaines d'efforts, les collègues ont fini par lui arracher un aveu. « Ça ne s'est vraiment pas passé comme nous l'aurions espéré. »

Dans la LCF comme dans plusieurs autres circuits professionnels, l'entraîneur est un jongleur.

Il doit d'abord jongler avec les joueurs que son directeur général met sous contrat.

Marcel Desjardins, pensant un peu plus à l'avenir qu'au présent, a choisi d'investir une large part de son budget disponible pour les joueurs autonomes dans l'embauche d'un quart-arrière d'avenir. En mettant sous contrat le très convoité Trevor Harris, il a forcément affaibli son pouvoir de négociation à d'autres positions. C'est l'unité défensive qui a écopé. Des vétérans de qualité ont choisi de quitter pour jouer ailleurs.

Même si les jeunes joueurs qui demeurent à la disposition de Campbell ont des lacunes, ils finissent généralement par compléter le travail.

Les entraîneurs doivent aussi jongler avec des blessures. C'est surtout le cas au football, où elles sont inévitables.

En 2015, par un quelconque miracle, le Rouge et Noir avait réussi à s'en tirer miraculeusement. Il a été rattrapé dans le détour cette année. Il y a d'abord eu Burris. Puis, le porteur de ballon numéro un William Powell. Le flanqueur vedette Chris Williams. Les ailiers Arnaud Gascon-Nadon et Aston Whiteside. Le joueur de ligne à l'attaque par excellence de toute la LCF, Sir Vincent Rogers.

Et plusieurs autres.

« Malgré tout ça, nous avons été dans le coup dans chacun de nos matches, sauf peut-être un. C'est tout ce qu'on demande à un coach, dans le fond. Donner une chance à son équipe de gagner chaque semaine », note le vétéran centre-arrière Patrick Lavoie.

Avec raison.

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