Un bon plan B

Aujourd'hui gardien de but des Ravens de l'Université... (Martin Roy, LeDroit)

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Aujourd'hui gardien de but des Ravens de l'Université Carleton, équipe avec laquelle il brille, François Brassard garde toujours espoir de jouer dans les rangs professionnels un jour.

Martin Roy, LeDroit

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CHRONIQUE / Les choses peuvent changer très rapidement dans le merveilleux monde du sport. Malgré son jeune âge, François Brassard est vraiment bien placé pour en témoigner.

En 2010, le gardien de buts hullois devait quitter sa région pour obtenir sa chance d'évoluer au niveau midget AAA. L'équipe de sa région, l'Intrépide de Gatineau, croyait en lui. Mais pas plus que ça.

Deux ans plus tard, tout avait changé. Brassard était devenu le gardien de buts numéro un des Remparts de Québec. Il arrêtait des rondelles et signait des victoires devant des foules supérieures à 10 000 spectateurs au Colisée Pepsi. Il était devenu un espoir - repêché - de la grande Ligue nationale.

Les choses, qu'on vous dit, peuvent changer vite.

Elles peuvent changer vite dans les deux directions.

Brassard ne s'en faisait pas outre mesure quand les Sénateurs ont choisi de ne pas lui offrir un contrat. Il était confiant. Un autre club professionnel, quelque part, finirait bien par lui tendre une perche.

Ça ne s'est pas vraiment passé ainsi.

Quand il a quitté la LHJMQ, ses agents n'ont pas reçu d'offres de la LNH. Ni de la Ligue américaine. Pas même de la Ligue East Coast.

En grattant, on a finalement réussi à lui dénicher un essai à Peoria, dans l'Illinois, avec une formation de l'obscure Southern Professional Hockey League.

Là-bas, il est en quelque sorte reparti à zéro. Il s'est battu pendant un moment pour obtenir plus de temps de glace. Au bout de quelques mois, après avoir disputé cinq petites parties, il s'est résigné à rentrer à la maison.

« Ça n'a pas été facile, mettons, de tirer un trait sur ma carrière de hockeyeur professionnel après une demi-saison », a reconnu Brassard lorsque je suis allé à sa rencontre, en début de semaine, sur le campus de l'université Carleton.

J'ai choisi de vous parler de lui parce qu'il n'a pas renoncé à tous ses rêves. Il joue toujours au hockey. Il s'apprête même à disputer un match assez important.

Mercredi soir, à l'aréna de la Place TD, il devrait être devant le filet des Ravens de l'université Carleton pour la première édition de la « Classique Colonel By ». Il plongera donc dans la rivalité de plus en plus piquante, tous sports confondus, avec leurs voisins, les Gee Gees d'Ottawa.

Il est rendu à son plan B.

B comme dans baccalauréat.

•••

Marty Johnston, un ancien capitaine des Olympiques de Hull, dirige l'équipe de hockey masculine de Carleton depuis 2010. Il commence à bien connaître la chanson. Il ne s'attendait pas à ce que Brassard soit particulièrement enthousiaste, l'hiver dernier, lorsqu'il a cogné à sa porte.

« C'est un peu la même histoire chaque fois. Le hockey universitaire, c'est le plan B de presque tous les joueurs qui se joignent à nous. Ils sont tous ici parce que leur rêve de faire carrière dans la Ligue nationale ne s'est pas concrétisé », explique-t-il.

Johnston avait quand même une proposition intéressante à faire.

Il n'était pas possible d'offrir à Brassard beaucoup de temps de jeu dans l'immédiat. Son duo de gardiens était établi et solide.

Toutefois, s'il acceptait de passer la session hivernale à s'entraîner et à étudier, les portes pourraient s'ouvrir toutes grandes devant lui. Les deux gardiens d'expérience étaient sur le point de quitter. Les Ravens avaient besoin de quelqu'un prêt à prendre la relève.

Il a effectivement pris la relève. Avec brio. « Il a été notre meilleur joueur la fin de semaine dernière », me confirme Johnston.

À l'extérieur de la glace, on sent que le jeune homme n'a pas fini de s'habituer à sa nouvelle vie. Jongler avec les cours, les entraînements et un boulot à temps partiel, ça fait beaucoup.

Et ce n'est pas exactement comme il imaginait sa vie à 22 ans.

Il a quand même les idées claires, la tête à la bonne place.

« Je veux jouer professionnel, un jour, mais je vais d'abord compléter mon bacc. Si je quittais l'université après une ou deux saisons, j'aurais un peu l'impression d'avoir perdu mon temps. Il me faut un bout de papier. Je suis ici pour ça », dit-il.

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