Comme si de rien n'était

Non, vous ne rêvez pas. Auston Matthews (au... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Non, vous ne rêvez pas. Auston Matthews (au centre) vient bel et bien de marquer le quatrième but de son premier match dans la LNH sur cette photo.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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CHRONIQUE / Avez vous remarqué la réaction d'Auston Matthews quand il a marqué son quatrième but ?

Elle n'avait absolument rien de mémorable. 

C'est à peine s'il a célébré. Son visage était presque fermé. Il n'a même pas esquissé une moitié de sourire. C'est à peine s'il a levé les bras au ciel.

Il venait d'inscrire son nom dans le Livre des records de la LNH, en devenant le premier joueur de l'ère moderne à toucher la cible quatre fois à ses débuts.

Écrire l'histoire ? Il n'y a rien là. Je ne fais que commencer.

Pour lui, c'était une journée comme les autres.

Remarquez, tout plein de gens n'étaient pas conscients qu'il s'agissait d'une soirée spéciale dans la capitale. Des rangées entières de sièges étaient vides dans les hauteurs du Centre Canadian Tire lorsque le match inaugural de la saison 2016-17 s'est mis en branle.

On y reviendra.

Les fans qui ont daigné se rendre à Kanata ont probablement remarqué, comme moi, ce qu'il y a de plus impressionnant chez Matthews. Il a joué avec sang-froid d'un bout à l'autre de la rencontre.

Dans des situations où ils sont nerveux, les jeunes joueurs ont parfois tendance à trop en faire. Ils courent partout sur la patinoire. Ils cherchent à provoquer des jeux là où il n'y a rien à faire.

Le prodige des Leafs ne fait pas ça. En fait, il ne précipite rien. Il ne gaspille pas d'énergie. Il se fie à son sens du jeu. Il semble toujours apparaître là où la rondelle se dirige.

Après le match, à l'extérieur du vestiaire des visiteurs, il n'était pas plus animé. Il a fini par reconnaître qu'il a vécu une soirée de rêve. Sauf qu'elle a fini en cauchemar.

« Le but gagnant des Sénateurs, sur le dernier jeu du match... C'est entièrement ma faute », a-t-il soufflé.

Une déclaration qui n'a pas surpris son coach.

« Auston n'a que 19 ans, mais il se comporte comme un homme de 27 ans. Il ne manque certainement pas de maturité », de dire celui qui vient de gagner la Coupe du monde derrière le banc d'Équipe Canada.

Les partisans torontois - qui n'ont pas vu la coupe Stanley depuis bientôt 50 ans, on vous le rappelle - passeront les prochains jours à célébrer la venue de leur nouveau sauveur.

Ce faisant, certains oublieront peut-être l'autre attaquant prometteur qui a également fait ses débuts à Ottawa mercredi soir.

Mitch Marner n'a pas été mauvais non plus. En fait, si ça se trouve, il a obtenu plus de chances de marquer que son pote. Il n'a simplement pas été capable de capitaliser.

Après l'entraînement matinal de mercredi, la meute médiatique s'était agglutinée autour du casier de Matthews. J'avais plutôt choisi de passer quelques minutes avec Marner. Juste pour lui demander comment on se sent, quand on vit dans l'ombre de l'autre.

« Ça me va. En fait, je me sens même privilégié. Il me quête constamment des lifts. Je me sens important quand on se balade un peu partout en ville. »

Dans le vestiaire des Penguins de Pittsburgh, il y a une dizaine d'années, les jeunes stars se tiraient aussi la pipe de cette façon.

•••

Un mot sur la foule de 17 618 spectateurs annoncée au début du troisième tiers.

Le Centre Canadian Tire n'affichait pas complet pour le premier match de la saison régulière. Ça nous en dit long sur l'état de la rivalité Ottawa-Toronto.

Dans le bon - mais pas si vieux - temps, les billets s'envolaient plusieurs semaines avant la visite des Bleus. Les fans des Sénateurs ne voulaient certainement pas manquer leur chance de soutenir Daniel Alfredsson contre Mats Sundin. Ils avaient intérêt à faire vite. Des milliers de partisans de l'autre clan, incapables de s'acheter des billets pour encourager leur club au Air Canada Centre, étaient prêts à parcourir des centaines de kilomètres pour voir Tie Domi, Darcy Tucker et Shayne Corson malmener les petits Européens de Jacques Martin.

Mais bon. Clairement, en 2016, ça ne se passe plus comme ça.

Dans un pays fou de hockey qui n'a pas vu un seul match de la Ligue nationale depuis six longs mois, on n'a pas été foutu de trouver 19 000 personnes pour remplir un aréna pour un match inaugural.

Ne s'étaient-ils pas ennuyés un tout petit peu ?

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